
Une nouvelle sortie qui ravive les tensions
Le climat entre le ministère de la Justice et les avocats se tend à nouveau. Abdellatif Ouahbi a récemment accusé la profession de « collusion », pointant du doigt leur mobilisation contre le projet de loi encadrant leur exercice. Cette déclaration, formulée dans une réponse parlementaire, relance un bras de fer déjà ancien et met en évidence des divergences toujours profondes.
La grève des avocats au cœur du différend
À l’origine de cette polémique, la décision des avocats de suspendre certaines de leurs activités, notamment l’assistance judiciaire. Pour le ministre, cette démarche constitue un manquement aux obligations professionnelles et porte atteinte aux droits des citoyens, en particulier l’accès à la justice. Une analyse vivement contestée par les concernés, qui défendent un mouvement légitime face à une réforme qu’ils jugent problématique.
Une interprétation juridique qui divise
Pour appuyer sa position, Abdellatif Ouahbi s’appuie sur l’article 39 de la loi régissant la profession, qui interdit toute suspension collective des prestations envers les juridictions. Il considère ainsi que l’arrêt concerté des activités s’apparente à une pratique illégale. De leur côté, les avocats estiment que cette lecture est restrictive et ne tient pas compte du droit à la contestation dans un cadre professionnel.
Une réforme loin de faire consensus
Au-delà de la question de la grève, c’est le contenu même du projet de loi qui cristallise les tensions. Le ministère met en avant une réforme ambitieuse visant à moderniser la profession et à renforcer les garanties du procès équitable. Mais plusieurs représentants des barreaux dénoncent des dispositions susceptibles d’affaiblir l’indépendance des avocats et regrettent que certaines de leurs propositions n’aient pas été retenues.
Dialogue engagé, mais désaccord persistant
Malgré ce climat tendu, des tentatives d’apaisement ont été amorcées. Une reprise du dialogue a été engagée sous l’égide du chef du gouvernement, avec la mise en place d’une commission conjointe. Cette dynamique a permis la suspension du mouvement de grève et la reprise des activités dans les tribunaux. Toutefois, ces avancées restent fragiles.
Un débat appelé à se poursuivre au Parlement
Le ministère se dit ouvert à des ajustements, tout en maintenant son intention de faire adopter rapidement le texte. La balle est désormais dans le camp du Parlement, où le projet de loi devrait être examiné. Reste à savoir si cette étape permettra de rapprocher les positions ou si elle prolongera un conflit qui dépasse désormais le simple cadre technique pour toucher aux équilibres fondamentaux de la justice.





















