Le président du Conseil de la région Casablanca-Settat, Abdelatif Maâzouz, a affirmé à Tanger que la migration ne peut plus être considérée uniquement comme un phénomène social ou économique, mais constitue désormais un levier stratégique de développement territorial et un élément essentiel à intégrer dans l’élaboration des politiques publiques.
S’exprimant lors d’une conférence internationale de haut niveau consacrée aux défis et opportunités des élus issus de la migration, organisée dans le cadre du Congrès mondial de l’organisation Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU/UCLG), M. Maâzouz a mis en avant l’expérience marocaine en matière d’intégration des migrants. Il a rappelé que le Royaume, conformément aux Hautes Orientations Royales, a adopté plusieurs mesures juridiques permettant aux migrants régularisés de bénéficier des droits liés à la résidence, à la protection sociale, à la formation, à l’emploi et à la scolarisation des enfants.
Le responsable a également souligné l’importance accordée par le Maroc à sa communauté établie à l’étranger, à travers son implication dans la vie publique, que ce soit au niveau des collectivités territoriales, des régions, du Parlement ou des différentes instances consultatives, tout en favorisant sa contribution au développement économique et territorial du pays.
Selon les données de 2024, le Maroc compte 148.152 résidents étrangers, représentant environ 0,4 % de la population, dont près de 60 % sont originaires du continent africain. La région Casablanca-Settat accueille à elle seule plus de 60.900 résidents étrangers, soit près de 0,8 % de sa population, ce qui en fait la première destination migratoire du Royaume.
À cette occasion, Abdelatif Maâzouz a formulé plusieurs recommandations, notamment l’adoption d’une approche globale de la mobilité humaine, la création d’un observatoire national et d’observatoires régionaux dédiés à l’analyse des flux migratoires, ainsi que le lancement d’une plateforme de compétences destinée à mettre en relation les talents avec les besoins des territoires.
Il a également préconisé la mise en place de structures régionales d’accueil et d’accompagnement des migrants et des Marocains du monde, ainsi qu’un renforcement de la représentation des élus issus de la diaspora au sein des instances internationales traitant de la gouvernance territoriale.
Pour conclure, M. Maâzouz a estimé que l’intégration de la mobilité humaine dans les politiques territoriales constitue non seulement une réponse aux mutations démographiques actuelles, mais aussi une opportunité de renforcer l’attractivité des régions, de mobiliser les compétences et de développer des services publics locaux plus inclusifs et adaptés à la diversité des populations.