
La SRM Souss-Massa contribue à construire un modèle hydrique plus durable face au stress hydrique
Dans la région de Souss-Massa, la question de l’eau ne se résume plus à la mobilisation d’une ressource pour répondre à une demande croissante. Face à la baisse des précipitations, à la pression exercée sur les ressources conventionnelles et à l’accélération des besoins liés au développement démographique et économique, la Société Régionale Multiservices Souss-Massa contribue à renforcer et à adapter le système d’alimentation en eau à travers des investissements structurants portant notamment sur les réseaux, le transport, le stockage et la réutilisation des ressources en eau.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où la diversification des ressources constitue désormais une nécessité. la SRM Souss-Massa intervient dans l’acheminement et la distribution de l’eau dessalée, tout en développant ses propres projets destinés à valoriser les eaux usées traitées, renforcer les capacités de stockage et améliorer la performance des réseaux.
De la station de M’zar à la mise en place d’infrastructures permettant d’intégrer l’eau dessalée dans les réseaux, jusqu’aux projets de réhabilitation et de renforcement de l’alimentation à Aït Amira, les interventions de la SRM s’inscrivent dans une même logique : contribuer à la construction d’un système hydrique plus résilient et plus durable pour la région.
Le changement climatique impose de nouvelles réponses
Les effets du changement climatique se font particulièrement sentir dans la région de Souss-Massa. La baisse des précipitations au cours des dernières années a entraîné une diminution des apports aux barrages et une dégradation des niveaux de stockage, mettant sous pression les systèmes d’alimentation traditionnellement dépendants des ressources conventionnelles.
Pour Abdelhak Id Mansour, directeur des investissements à la SRM Souss-Massa, cette situation a rendu indispensable la recherche de solutions permettant de diversifier les ressources disponibles et de répondre aux besoins croissants des populations.
Les changements climatiques ont affecté l’ensemble du Maroc, mais la région de Souss-Massa a été particulièrement touchée. La diminution des précipitations et la baisse des réserves hydriques ont ainsi imposé une nouvelle approche fondée sur le recours progressif à des ressources non conventionnelles.
Dans ce nouveau contexte, l’enjeu pour la SRM Souss-Massa consiste notamment à adapter les infrastructures afin de permettre l’acheminement, le stockage et la distribution de ces nouvelles ressources, tout en améliorant la performance des réseaux existants.
M’zar : transformer les eaux usées en ressource
Parmi les projets qui illustrent concrètement cette approche, la station de traitement des eaux usées de M’zar occupe une place stratégique.
L’installation ne se limite pas au traitement des eaux usées selon des normes techniques précises. Elle permet également de produire une eau traitée destinée à la réutilisation, notamment pour l’arrosage des espaces verts, des golfs et certains usages industriels.
L’extension de la station a permis de porter sa capacité globale de traitement à 144 000 m³ par jour, tandis que la capacité de production d’eau traitée destinée à la réutilisation atteint désormais 66 000 m³ par jour.
La station traite les eaux usées provenant de plusieurs zones du Grand Agadir et fonctionne selon deux principaux volets techniques. Le premier concerne les eaux à dominante industrielle, pour un volume d’environ 78 000 m³ par jour, tandis que le second porte sur les eaux à dominante domestique.
Cette infrastructure permet ainsi de produire une ressource hydrique non conventionnelle pouvant atteindre environ 24 millions de m³ par an, destinée notamment à l’irrigation des espaces verts et des golfs ainsi qu’à certains besoins industriels.
La valorisation de ces eaux traitées contribue directement à réduire la pression exercée sur les ressources conventionnelles réservées en priorité à l’alimentation en eau potable.
Avec un investissement global annoncé de l’ordre de 905 millions de dirhams, le projet de M’zar illustre l’importance des investissements consacrés à la valorisation des ressources en eau et au développement de solutions permettant de diversifier les usages.
La SRM, un maillon essentiel dans l’acheminement et la distribution
La sécurisation de l’approvisionnement en eau ne dépend toutefois pas uniquement de la disponibilité de nouvelles ressources. Elle repose également sur la capacité à les transporter, les stocker et les distribuer efficacement jusqu’aux usagers.
C’est précisément dans cette chaîne que s’inscrit une partie importante des investissements de la SRM Souss-Massa.
La Société Régionale Multiservices a engagé des investissements destinés notamment à assurer le transport de l’eau dessalée vers les zones concernées et à permettre sa distribution à travers les réseaux dont elle assure la gestion.
Près de 400 millions de dirhams ont ainsi été investis dans le cadre des opérations liées au transport de l’eau dessalée vers la zone nord et à la sécurisation de l’alimentation de plusieurs collectivités.
Pour Abdelhak Id Mansour, directeur des investissements à la SRM Souss-Massa, la réponse aux besoins des citoyens passe nécessairement par des investissements importants dans les infrastructures.
Ces investissements sont réalisés en partenariat avec les différents acteurs concernés, aussi bien en matière de financement que d’accompagnement et de réalisation des projets structurants.
L’objectif est de garantir une distribution équilibrée des ressources disponibles, tout en renforçant progressivement les capacités du réseau.
Le dessalement, une nouvelle ressource intégrée au système régional
Le recours au dessalement constitue désormais une composante importante de la sécurisation de l’approvisionnement en eau de Souss-Massa.
En 2025, la consommation d’eau de la région a atteint environ 94,7 millions de m³, dont près de 50 % provenaient de l’eau issue du dessalement de l’eau de mer.
Ce chiffre traduit l’importance croissante de cette ressource non conventionnelle dans le système hydrique régional.
Pour la SRM Souss-Massa, l’enjeu consiste notamment à disposer des infrastructures permettant de recevoir cette ressource, de la transporter, de la stocker et de l’intégrer efficacement dans les réseaux de distribution.
Cette évolution permet progressivement de réduire la pression exercée sur les ressources conventionnelles, notamment les eaux souterraines, particulièrement sollicitées dans certaines zones de la région.
Aït Amira : une zone confrontée à une forte pression sur les ressources
Le cas d’Aït Amira, dans la province de Chtouka-Aït Baha, illustre à son tour les défis auxquels la région est confrontée et les réponses engagées par la SRM Souss-Massa.
Selon Noureddine El Amri, directeur provincial de la SRM Chtouka-Aït Baha, le système d’alimentation en eau de la commune, qui compte plus de 113 000 habitants, repose principalement sur les eaux souterraines à travers plusieurs forages.
Le débit actuellement disponible est d’environ 60 litres par seconde, alors que les besoins peuvent dépasser 100 litres par seconde pendant les heures de pointe.
Cette différence entre l’offre disponible et les besoins réels traduit la forte pression exercée sur les ressources locales.
À cette contrainte s’ajoute l’état du réseau de distribution. Une partie de ce réseau, réalisée depuis 1975, connaît aujourd’hui plusieurs dysfonctionnements et fuites, ce qui affecte directement son rendement, estimé à seulement 34 %.
Face à cette situation, plusieurs réunions ont été tenues au niveau de la province de Chtouka-Aït Baha, sous la présidence du gouverneur et avec la participation des différents intervenants concernés, afin d’identifier des solutions permettant de renforcer le système d’alimentation en eau potable.
L’eau dessalée pour réduire la pression sur les nappes
Dans le cadre de cette démarche, la SRM Souss-Massa travaille à intégrer l’eau dessalée dans l’alimentation de plusieurs secteurs d’Aït Amira, afin de réduire progressivement la pression exercée sur les ressources souterraines.
Plusieurs lotissements résidentiels seront ainsi alimentés à partir de la conduite principale desservant Biougra.
Cette opération devrait bénéficier à environ 9 000 habitants, notamment au niveau des lotissements Al Iskane, Al Amal, Asrir et du village modèle.
L’alimentation sera assurée à partir d’un réservoir dont les travaux de construction et d’équipement ont été achevés au mois d’août, grâce à un financement direct de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain.
Cette opération constitue une étape importante dans l’intégration de l’eau dessalée au système local d’alimentation et dans la réduction progressive de la dépendance aux eaux souterraines.
Un projet structurant de 260 millions de dirhams
Parallèlement, la SRM Souss-Massa a programmé un projet structurant destiné à renforcer l’alimentation du centre de la commune d’Aït Amira ainsi que des autres douars en eau dessalée à partir de la conduite principale.
Le montant global de ce projet est estimé à 260 millions de dirhams.
Il prévoit notamment la réalisation d’environ 90 kilomètres de conduites d’adduction, la construction de nouveaux réservoirs afin d’augmenter les capacités de stockage et de renforcer l’autonomie de l’alimentation, ainsi que la création d’environ 190 kilomètres de nouveaux réseaux de distribution et le renouvellement d’une grande partie des branchements individuels.
Le projet sera réalisé progressivement. Un appel d’offres relatif au volet urgent doit être lancé au cours du mois d’août 2026. Cette première tranche concerne la réhabilitation du réseau de distribution au niveau du centre d’Aït Amira, pour un investissement estimé à 30 millions de dirhams.
À l’échelle de la province, le système repose sur une diversification des ressources combinant eau dessalée et eaux souterraines, à travers un réseau de distribution d’environ 314 kilomètres, permettant d’assurer le service de l’eau potable à plus de 17 000 abonnés.
Réhabiliter les réseaux pour éviter de perdre la ressource
L’intégration de nouvelles ressources ne peut cependant être dissociée de la performance des réseaux.
Pour Abdelhak Id Mansour, directeur des investissements à la SRM Souss-Massa, le raccordement d’Aït Amira à l’eau dessalée doit ainsi être accompagné par la mise à niveau des conduites existantes.
La première phase de l’opération a déjà commencé dans les zones où les réseaux ne présentent pas de problèmes importants liés aux fuites. Les autres secteurs seront progressivement raccordés après la rénovation de leurs conduites.
Cette démarche répond à un impératif simple : faire en sorte que l’eau nouvellement mobilisée soit effectivement valorisée et qu’elle bénéficie aux habitants avec un minimum de pertes.
L’investissement dans les nouvelles ressources doit donc aller de pair avec l’investissement dans les réseaux, afin d’améliorer leur rendement et de garantir l’efficacité de l’ensemble du système.
Une stratégie fondée sur la complémentarité des ressources
À travers ces différents projets, la SRM Souss-Massa contribue à l’émergence d’un système hydrique fondé sur la complémentarité des ressources.
L’eau issue du dessalement constitue une ressource supplémentaire pour sécuriser l’alimentation potable. Les eaux usées traitées deviennent une ressource réutilisable pour certains usages. Les infrastructures de stockage renforcent la résilience du système, tandis que la réhabilitation des réseaux vise à améliorer leur rendement et à limiter les pertes.
Cette complémentarité permet de mieux répartir les usages et de préserver les ressources conventionnelles, notamment les eaux souterraines, en les réservant autant que possible aux besoins prioritaires.
Construire aujourd’hui les infrastructures de demain
Les projets engagés par la Société Régionale Multiservices Souss-Massa traduisent ainsi une évolution dans la manière d’aborder la question de l’eau dans la région.
Le défi ne consiste plus seulement à disposer de ressources supplémentaires, mais également à mettre en place les infrastructures nécessaires pour les acheminer, les stocker, les distribuer et, lorsque cela est possible, les réutiliser.
De la station de M’zar au transport de l’eau dessalée, en passant par le renforcement des capacités de stockage et la réhabilitation des réseaux d’Aït Amira, les investissements de la SRM Souss-Massa s’inscrivent dans une même dynamique : contribuer à construire une sécurité hydrique plus durable pour la région.
Dans un territoire particulièrement exposé au stress hydrique, chaque ressource valorisée, chaque réseau réhabilité et chaque infrastructure renforcée participent à cette ambition.
La SRM Souss-Massa se positionne ainsi comme un acteur essentiel de la chaîne de gestion et de distribution de l’eau dans la région, en adaptant ses infrastructures aux nouvelles réalités hydriques et en contribuant, aux côtés des différents partenaires institutionnels et techniques, à la construction d’un modèle plus résilient.





















