
Le Maroc renforce sa position dans l’industrie solaire avec une capacité de production proche de 1 GW par an
Le Maroc consolide progressivement sa position dans l’industrie des énergies renouvelables en développant ses capacités de production d’équipements solaires. Selon des données rapportées par le Washington Post, le Royaume dispose désormais d’une capacité de production avoisinant 1 gigawatt par an, illustrant la montée en puissance de son industrie locale liée à la transition énergétique.
Cette progression intervient alors que plusieurs pays africains cherchent à réduire leur dépendance aux importations d’équipements solaires et à développer des chaînes de valeur locales. Le Maroc figure désormais parmi les économies africaines qui investissent dans la fabrication et l’assemblage d’équipements destinés au secteur solaire, aux côtés notamment de l’Afrique du Sud, de l’Égypte, du Nigeria et de l’Éthiopie.
Selon Benjamin Clark, directeur des politiques à l’African Solar Industry Association, le Maroc aurait ainsi doublé sa production d’équipements solaires pour atteindre près de 1 GW par an. Cette évolution traduit la volonté croissante du Royaume de faire de la transition énergétique un levier industriel, et pas uniquement un moyen d’augmenter la production d’électricité renouvelable.
À l’échelle du continent, la demande en équipements solaires progresse rapidement sous l’effet de la croissance démographique, du développement économique et de la nécessité de réduire le déficit énergétique. Plusieurs pays africains cherchent ainsi à développer leurs propres capacités industrielles, en commençant principalement par l’assemblage des panneaux et des équipements avant d’envisager la production de composants plus complexes.
Malgré ces avancées, l’industrie solaire africaine demeure encore largement dépendante des chaînes d’approvisionnement internationales. La Chine conserve notamment une position dominante dans la production mondiale de cellules photovoltaïques et de nombreux composants essentiels. Une grande partie des installations africaines repose donc encore sur des composants importés, avant leur assemblage ou leur transformation sur le continent.
Le Maroc n’échappe pas totalement à cette réalité. La progression de ses capacités industrielles constitue une avancée importante, mais le développement d’une chaîne de valeur complète nécessitera davantage d’investissements dans la production de composants à forte valeur technologique, la recherche et développement, ainsi que la formation des compétences spécialisées.
Cette dynamique s’inscrit également dans un contexte marqué par la montée des investissements chinois dans les énergies renouvelables africaines. Selon les données citées par l’ODI Global, les investissements chinois dans les projets d’énergies renouvelables et les infrastructures associées en Afrique ont atteint environ 66 milliards de dollars entre 2010 et 2024. Ces investissements contribuent à financer des projets, fournir des équipements et favoriser, dans certains cas, le transfert de compétences et de technologies.
Plusieurs pays africains développent parallèlement leurs propres capacités industrielles. En Afrique du Sud, par exemple, des projets visent à renforcer la production locale d’équipements solaires afin de répondre à une demande intérieure importante. Le Nigeria a également augmenté ses capacités d’assemblage de panneaux solaires au cours des dernières années, tandis que l’Éthiopie attire d’importants investissements étrangers dans le secteur.
Dans ce paysage en évolution, le Maroc dispose de plusieurs atouts pour renforcer son rôle régional. Sa base industrielle, sa proximité avec les marchés européens, ses infrastructures logistiques et son expérience dans les projets d’énergies renouvelables pourraient lui permettre de développer davantage la production et l’exportation d’équipements solaires vers les marchés africains et internationaux.
L’enjeu pour le Royaume consiste désormais à aller au-delà de l’assemblage et de la production d’équipements finis pour développer progressivement une chaîne industrielle plus intégrée. Cela passe notamment par l’élargissement du réseau de fournisseurs locaux, le développement des compétences, le renforcement de la recherche et développement et l’attraction d’investissements technologiques.
Avec une capacité de production proche de 1 GW par an, le Maroc franchit ainsi une nouvelle étape dans la construction de son industrie solaire. Si cette dynamique se poursuit, le Royaume pourrait consolider son ambition de devenir une plateforme régionale de production et d’exportation d’équipements liés aux énergies propres, tout en créant davantage de valeur ajoutée industrielle et d’emplois.





















