
Gestion de l’eau : la KfW accorde un prêt de 100 millions d’euros au Maroc pour renforcer sa souveraineté hydrique
Le Maroc franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de gestion durable des ressources en eau. La Banque allemande de développement (KfW) a approuvé un prêt de 100 millions d’euros destiné à soutenir les réformes et les investissements engagés par le Royaume dans le secteur de l’eau. Le déploiement de ce financement est prévu entre fin 2026 et 2028.
Cette enveloppe intervient dans un contexte marqué par l’accentuation du stress hydrique, la baisse des précipitations et la pression croissante sur les ressources en eau. Elle vise à accompagner la transformation structurelle du secteur à travers le dessalement, la modernisation de l’irrigation et le renforcement de la gouvernance hydrique.
Le dessalement au cœur de la stratégie nationale
Le dessalement de l’eau de mer constitue l’un des principaux piliers de la politique hydrique du Royaume. L’objectif est de porter la capacité nationale de production d’eau dessalée à 1,7 milliard de mètres cubes par an d’ici 2030, afin de couvrir plus de la moitié des besoins en eau potable du pays.
Parmi les projets structurants figure l’usine de dessalement du Grand Casablanca, dont la première phase doit entrer en service en 2026 avec une capacité de 200 millions de mètres cubes par an, avant d’atteindre 300 millions de mètres cubes en 2028. D’autres projets majeurs sont également en développement dans l’Oriental et la région Souss-Massa.
Modernisation de l’irrigation et sécurité alimentaire
Une partie des investissements vise également à améliorer l’efficacité de l’irrigation agricole, secteur qui demeure le principal consommateur d’eau au Maroc. Plusieurs projets structurants sont programmés, notamment le périmètre irrigué du Gharb Sud-Est, qui s’inscrit dans la continuité des efforts de modernisation des infrastructures agricoles.
Cette approche permet de concilier sécurité alimentaire, optimisation des ressources hydriques et adaptation aux changements climatiques.
Renforcement de la gouvernance et de l’économie circulaire de l’eau
Au-delà des infrastructures, le financement soutiendra des réformes institutionnelles destinées à améliorer la gestion intégrée de l’eau. Les agences de bassins hydrauliques et le Comité interministériel de l’eau jouent désormais un rôle central dans la planification et la coordination des politiques publiques.
Le Programme national d’assainissement bénéficie également de nouveaux investissements afin de développer les stations d’épuration et favoriser la réutilisation des eaux usées traitées pour l’arrosage des espaces verts et d’autres usages non domestiques.
Un appui international à la stratégie hydrique du Maroc
Ce nouveau financement confirme la confiance des partenaires internationaux dans la stratégie marocaine de gestion de l’eau. Il s’inscrit dans une vision à long terme visant à renforcer la résilience du Royaume face aux défis climatiques et à garantir la sécurité hydrique des générations futures.





















