Economie

Economie

Banques marocaines : l’intelligence artificielle ouvre une nouvelle ère de croissance en 2026

Le secteur bancaire marocain poursuit sa dynamique de croissance. D’après le rapport Future of Finance 2026 publié par Boston Consulting Group (BCG), les établissements bancaires ont enregistré en 2025 une progression d’environ 8 % de leurs bilans consolidés, tout en maintenant une bonne maîtrise des coûts et en améliorant la qualité de leurs actifs.

Cette performance s’est également traduite par une diversification accrue des sources de revenus, renforçant la valorisation des banques marocaines et la confiance des investisseurs. Pour BCG, cette solidité financière offre désormais aux établissements une capacité d’investissement stratégique afin de préparer les prochaines étapes de leur développement.

L’intelligence artificielle, nouveau moteur de transformation

Selon le cabinet de conseil, la priorité n’est plus uniquement de préserver la stabilité financière, mais de l’exploiter pour créer de nouveaux relais de croissance. L’intelligence artificielle apparaît aujourd’hui comme un levier majeur pour transformer le modèle bancaire.

Grâce à cette technologie, les banques pourront améliorer leur efficacité opérationnelle, automatiser plusieurs processus, affiner l’analyse des risques et proposer des services plus performants à leurs clients.

Les segments jusqu’ici difficiles à rentabiliser, notamment l’inclusion financière des ménages à revenus modestes, le financement des très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME) ainsi que le développement de nouveaux services financiers, pourraient ainsi connaître un véritable essor.

Pour Othman Omary, Managing Director & Partner chez Boston Consulting Group Casablanca, les établissements qui intégreront l’intelligence artificielle au cœur de leurs processus disposeront d’un avantage concurrentiel durable.

L’Afrique dispose d’un fort potentiel de développement

Le rapport souligne également les perspectives prometteuses du secteur bancaire africain. Les banques du continent figurent parmi les institutions financières ayant créé le plus de valeur ces dernières années.

Plusieurs facteurs soutiennent cette dynamique, notamment le faible taux de bancarisation, les besoins importants en financement des TPME et l’essor rapide des solutions de paiement numérique. L’intelligence artificielle pourrait accélérer cette évolution en réduisant les coûts d’exploitation et en améliorant l’accès aux services financiers.

BCG estime ainsi que les banques africaines abordent cette nouvelle phase dans des conditions favorables, après plusieurs années de croissance et de diversification de leurs activités.

Le secteur financier mondial entre dans une nouvelle phase

À l’échelle internationale, le rapport révèle que le secteur financier a généré en 2025 un rendement supérieur à 30 % pour les actionnaires, dépassant les performances de l’ensemble des autres secteurs économiques, y compris celui des technologies.

Pour la première fois depuis plusieurs années, la majorité des banques cotées sont valorisées au-dessus de leur valeur comptable, grâce à la reprise de la croissance des revenus, à une meilleure discipline financière et à des bilans plus solides.

Toutefois, BCG observe que les banques restent encore valorisées avec une décote d’environ 40 % par rapport aux autres secteurs, ce qui pousse les investisseurs à attendre des preuves d’une croissance durable.

Des investissements massifs dans l’intelligence artificielle

Pour répondre à ces nouveaux défis, BCG identifie trois priorités stratégiques : accélérer le déploiement de l’intelligence artificielle, développer de nouveaux relais de croissance et renforcer les opérations de fusion-acquisition.

Les premiers résultats obtenus par les établissements les plus avancés sont déjà significatifs. L’intelligence artificielle permet notamment d’augmenter jusqu’à 50 % la productivité dans le traitement des crédits et d’accroître de près de 30 % la commercialisation des produits d’épargne.

Les institutions financières prévoient ainsi de consacrer près de 2 % de leur chiffre d’affaires aux projets liés à l’intelligence artificielle en 2026, contre seulement 0,9 % un an auparavant.

Un environnement concurrentiel en pleine mutation

Enfin, le rapport met en évidence l’émergence d’un nouvel écosystème financier marqué par la montée en puissance des acteurs non bancaires, des fintechs et des stablecoins.

Dans ce contexte de transformation rapide, BCG considère que les banques conserveront un rôle central grâce à leur position de tiers de confiance, tout en devant accélérer leur modernisation pour rester compétitives face aux nouveaux entrants.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 × deux =