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Cadix veut ouvrir une ligne maritime vers Agadir et Dakhla

L’association Cádiz-Port, qui regroupe les principaux acteurs économiques et logistiques du port de la baie de Cadix, travaille à l’ouverture d’une nouvelle ligne maritime de marchandises reliant le sud de l’Espagne aux ports marocains d’Agadir et de Dakhla, avec une escale prévue à Las Palmas de Grande Canarie.

Selon son président Daniel Macpherson, cité samedi 29 août par la presse espagnole, les discussions engagées avec deux compagnies maritimes sont désormais « assez avancées ». Le projet bénéficie du soutien de l’Autorité portuaire de la baie de Cadix ainsi que de la coopération des autorités marocaines.

Une liaison entre Cadix, Las Palmas, Agadir et Dakhla

Le projet prévoit l’utilisation de navires porte-conteneurs de type feeder ainsi que de bâtiments spécialisés dans le transport roulier. Cadix constituerait la tête de ligne sur la péninsule ibérique, tandis que Las Palmas servirait d’escale intermédiaire avant la poursuite du trafic vers les ports marocains d’Agadir et de Dakhla.

Le calendrier dépend toutefois du choix des navires. Selon Daniel Macpherson, un accord avec les armateurs actuellement approchés permettrait de lancer la liaison rapidement. En revanche, une commande de navires neufs pourrait repousser sa mise en service jusqu’à quatre ans.

Cádiz-Port considère cette future connexion comme un moyen de renforcer les échanges commerciaux avec le sud du Maroc. L’association estime que Cadix dispose, avec le concours du port de Las Palmas, des atouts nécessaires pour devenir un « hub commercial stratégique » vers cette partie du royaume.

Le trafic automobile au cœur des ambitions

Les promoteurs de la liaison souhaitent dépasser les flux agricoles saisonniers traditionnellement échangés entre les deux rives. Les fruits, légumes et produits de la mer, notamment le poulpe, pourraient ainsi être complétés par des marchandises industrielles plus régulières.

Les composants destinés à l’industrie automobile figurent notamment parmi les trafics ciblés. Cette orientation s’inscrit dans le développement des chaînes industrielles marocaines et dans la recherche de nouvelles solutions logistiques permettant de fluidifier les échanges entre l’Europe et le royaume.

La nouvelle liaison pourrait également contribuer à contourner partiellement les contraintes liées au trafic maritime et routier dans le détroit de Gibraltar, particulièrement sollicité durant la période estivale.

Marsa Maroc au cœur des tensions aux Canaries

Le projet intervient toutefois dans un contexte marqué par des tensions autour du développement des infrastructures portuaires marocaines et de la présence d’opérateurs marocains en Espagne.

Le président du Cabildo de Grande Canarie, Antonio Morales, a récemment exprimé ses inquiétudes concernant le développement du Maroc et l’importance croissante du port de Dakhla pour les équilibres commerciaux de la région.

Parallèlement, le gouvernement espagnol maintient suspendue l’opération par laquelle Marsa Maroc doit acquérir 45 % de Boluda Maritime Terminals pour environ 80 millions d’euros. La transaction, annoncée pour neuf terminaux espagnols, dont ceux de Cadix, Las Palmas, Santa Cruz de Tenerife, Fuerteventura et Lanzarote, reste soumise à l’examen des autorités espagnoles compétentes.

Antonio Morales a notamment dénoncé cette opération, qu’il considère comme une menace potentielle pour le contrôle des infrastructures portuaires stratégiques de l’archipel.

Le Maroc devient incontournable pour les opérateurs portuaires

Malgré ces tensions, plusieurs grands acteurs internationaux renforcent leur présence au Maroc. L’espagnol Boluda et le groupe italo-suisse MSC ont déjà conclu des accords avec Rabat concernant l’exploitation de terminaux portuaires.

L’intérêt des opérateurs se porte notamment sur les perspectives offertes par Nador, Dakhla et Tanger Med, dont le développement a profondément modifié la carte logistique de la façade méditerranéenne et atlantique du royaume.

Pour Cádiz-Port, la montée en puissance de Tanger Med constitue un exemple à suivre et confirme le potentiel du marché marocain. Aux Canaries, cette même dynamique est perçue avec davantage de prudence, certains responsables redoutant qu’elle ne renforce la concurrence exercée par les ports marocains sur les plateformes insulaires.

La future liaison entre Cadix, Las Palmas, Agadir et Dakhla pourrait ainsi constituer un nouveau maillon des échanges maritimes entre l’Espagne et le Maroc, tout en illustrant l’importance croissante des ports marocains dans les stratégies logistiques européennes.

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