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Sécurité hydrique à Dakhla : SRM-DO mise sur la diversification des ressources et le développement des systèmes de traitement

Face à la disponibilité limitée des ressources en eau conventionnelles et à l’accélération des changements climatiques, la région de Dakhla-Oued Eddahab s’oriente vers le renforcement de sa sécurité hydrique à travers la diversification des sources d’approvisionnement et le développement des ressources en eau non conventionnelles. Dans cette dynamique, la Société Régionale Multiservices Dakhla-Oued Eddahab œuvre au développement des dispositifs de contrôle et de gestion, ainsi qu’à l’accompagnement des projets de dessalement et de traitement des eaux, afin de renforcer la continuité de l’alimentation en eau potable et d’accroître la capacité de la région à répondre à ses besoins futurs.

L’eau constitue l’un des principaux déterminants de la durabilité du développement, particulièrement dans les territoires où les conditions naturelles et climatiques limitent la disponibilité des ressources hydriques conventionnelles. Dans la région de Dakhla-Oued Eddahab, cette équation revêt une importance particulière, compte tenu de la croissance urbaine et démographique ainsi que de la dynamique économique que connaît la région, avec une augmentation continue des besoins liés à l’eau.

Dans ce contexte, la Société Régionale Multiservices Dakhla-Oued Eddahab poursuit la mise en œuvre d’un ensemble de projets visant à améliorer la gestion du système d’eau, à travers le développement des moyens de contrôle, l’amélioration du rendement des réseaux, la diversification des sources d’approvisionnement et le recours croissant aux ressources hydriques non conventionnelles.

Du contrôle du réseau à l’intervention préventive

La sécurisation de l’approvisionnement en eau ne dépend pas uniquement de la disponibilité de la ressource. Elle repose également sur la capacité à surveiller les réseaux et à maîtriser leurs différentes composantes.

Dans ce cadre, la société a présenté un projet visant la mise en place d’un noyau de télégestion des réseaux d’eau potable et d’assainissement liquide, destiné à renforcer la surveillance permanente et à améliorer la rapidité ainsi que l’efficacité des interventions techniques.

Le dispositif prévoit la mise en place de 19 équipements de surveillance continue, reliés à un centre de télégestion, permettant notamment de suivre les débits et les pressions au niveau du réseau, tout en renforçant le contrôle de la qualité de l’eau distribuée.

Les réservoirs de la société seront également équipés de dispositifs de surveillance continue, permettant de disposer de données précises sur l’état du réseau et sur les différents indicateurs liés à l’approvisionnement.

Cette approche s’étend également aux stations de pompage, qui seront dotées de dispositifs de détection et de surveillance des gaz, afin de renforcer les conditions de sécurité au sein de ces installations et de protéger les agents qui y travaillent. Des systèmes de suivi des niveaux d’eau seront également mis en place dans les stations de pompage.

L’intérêt de ces équipements ne se limite pas au contrôle technique. Ils permettront également de constituer une base de données exploitable pour anticiper les interventions, réduire les délais d’intervention des équipes techniques et orienter avec davantage de précision les opérations sur le terrain vers les sites qui en ont réellement besoin.

La gestion des réseaux évolue ainsi d’une logique d’intervention après l’apparition d’une anomalie vers une approche fondée sur la surveillance continue et l’anticipation des défaillances avant qu’elles n’affectent la continuité du service.

Les ressources conventionnelles ne suffisent pas à elles seules

Toutefois, l’amélioration des performances des réseaux, aussi importante soit-elle, ne permet pas à elle seule de répondre au défi fondamental de la disponibilité de la ressource en eau.

Selon les données présentées par le directeur des investissements de la société, Khalid Mimich, les ressources hydriques disponibles dans la région, à l’état brut, ne répondent pas directement aux normes sanitaires requises pour la consommation humaine. Le recours aux ressources en eau non conventionnelles constitue ainsi un élément essentiel de la stratégie de sécurisation de l’approvisionnement.

Le dessalement de l’eau de mer figure parmi les principales solutions mobilisées. Il permet de valoriser une ressource disponible tout au long du littoral et de la transformer en eau utilisable après les différentes étapes de traitement requises.

Ces projets s’inscrivent dans l’orientation nationale visant à renforcer la sécurité hydrique et à diversifier les sources d’approvisionnement en eau, notamment dans un contexte marqué par les changements climatiques et la pression croissante exercée sur les ressources conventionnelles.

Six stations de dessalement et de traitement dans la région

La région de Dakhla-Oued Eddahab bénéficie de six stations de dessalement et de traitement des eaux, réparties sur les différents territoires de la région, illustrant l’ampleur des investissements consacrés aux ressources hydriques non conventionnelles.

Le dispositif comprend :

  • Une station dans la ville de Dakhla, déjà mise en service.
  • Deux stations dans la province d’Aousserd, mises en service durant le dernier Aïd Al-Adha.
  • Une station au centre de Mhiriz, en cours de mise en service.
  • Une station au centre d’El Argoub, actuellement en cours de réalisation.
  • Une station au centre de Bir Gandouz.

Ces infrastructures s’inscrivent dans une stratégie visant à réduire la dépendance aux ressources conventionnelles et à renforcer la capacité de la région à sécuriser ses besoins en eau potable, notamment dans les zones où les caractéristiques naturelles et climatiques imposent le recours à des solutions alternatives de mobilisation de la ressource.

Ces projets revêtent également une importance particulière compte tenu de l’étendue du territoire régional et de la répartition de ses centres urbains et ruraux. La sécurisation des services d’eau passe ainsi par le développement d’infrastructures capables de répondre aux besoins de chaque territoire en fonction de ses spécificités.

Le traitement, un maillon essentiel du système hydrique

Les investissements ne se limitent pas au dessalement. Le traitement des eaux usées constitue également un maillon essentiel du système de gestion des ressources hydriques dans la région.

La station d’épuration des eaux usées de la ville de Dakhla constitue, à ce titre, l’un des projets à forte dimension environnementale et stratégique. Elle contribue au traitement des eaux usées et à l’amélioration de leur qualité avant rejet, tout en offrant des possibilités de réutilisation des eaux traitées.

La station repose sur la technologie des boues activées, avec une capacité actuelle d’environ 10 000 mètres cubes par jour.

Sur ce volume, environ 5 000 mètres cubes par jour font l’objet d’un traitement tertiaire, permettant d’obtenir une eau traitée présentant un niveau de qualité compatible, selon les usages et les normes en vigueur, avec des utilisations ne nécessitant pas le recours à l’eau potable.

Dans le cadre du renforcement de cette infrastructure, la Société Régionale Multiservices Dakhla-Oued Eddahab met en œuvre un projet de réhabilitation de la station et de renforcement de ses capacités de traitement tertiaire.

Le projet vise à doubler la capacité de traitement tertiaire, ce qui permettra de produire environ 10 000 mètres cubes par jour d’eaux traitées destinées à la réutilisation.

Les eaux traitées, une ressource supplémentaire pour la région

La réutilisation des eaux traitées constitue l’un des éléments majeurs de la nouvelle approche de la sécurité hydrique. Elle permet de valoriser une ressource qui, auparavant, était principalement orientée vers le rejet, afin de la transformer en une ressource mobilisable pour des usages appropriés.

Le volume ciblé, estimé à environ 10 000 mètres cubes par jour, sera notamment destiné à l’arrosage des espaces verts, contribuant ainsi à réduire la pression exercée sur les ressources hydriques conventionnelles et à préserver les eaux souterraines.

Cette approche permet également de réserver l’eau potable aux usages qui nécessitent effectivement une qualité d’eau potable, plutôt que de l’utiliser pour des activités pouvant être couvertes par des eaux traitées.

Sur le plan environnemental, le traitement contribue à améliorer la qualité des eaux avant leur rejet dans le milieu marin et à limiter les impacts potentiels liés aux eaux usées, conformément aux principes de protection de l’environnement et de développement durable.

Une approche intégrée de la sécurité hydrique

L’ensemble de ces projets montre que l’approche de la sécurité hydrique dans la région de Dakhla-Oued Eddahab ne repose plus sur une solution unique, mais sur un système composé de plusieurs leviers complémentaires.

De la réhabilitation des réseaux de distribution et la réduction des pertes d’eau, à la télégestion et au suivi des débits et des pressions, en passant par le dessalement de l’eau de mer et le traitement des eaux usées, ces différents projets convergent vers un même objectif : renforcer la capacité de la région à sécuriser ses ressources hydriques tout en améliorant l’efficacité de leur utilisation.

Dans cette dynamique, la Société Régionale Multiservices Dakhla-Oued Eddahab joue un rôle central dans la mise en œuvre de ces projets, à travers l’investissement dans les infrastructures, le développement des outils de gestion et de contrôle, ainsi que l’accompagnement de la transition vers les ressources hydriques non conventionnelles.

Cette démarche s’inscrit dans les orientations nationales en matière d’eau, fondées notamment sur la diversification des sources d’approvisionnement, le développement des ressources hydriques non conventionnelles, l’amélioration de la gouvernance de la gestion de l’eau et le renforcement des infrastructures afin de garantir la pérennité des services.

De la mobilisation de la ressource à la gestion du cycle de l’eau

L’intérêt de cette approche réside dans le fait qu’elle considère l’eau comme un système intégré, qui commence à la source et ne s’arrête pas au point d’utilisation.

Le dessalement permet de mobiliser une nouvelle ressource, la réhabilitation des réseaux contribue à réduire les pertes, les systèmes de surveillance permettent une gestion plus précise, tandis que le traitement et la réutilisation des eaux usées ouvrent la voie à la récupération d’une partie de la ressource et à sa réintégration dans le cycle des usages.

Pour la région de Dakhla-Oued Eddahab, confrontée aux défis liés à la disponibilité limitée des ressources hydriques conventionnelles, la combinaison de ces solutions constitue l’un des principaux leviers permettant de faire face à l’augmentation de la demande et de garantir la continuité de l’approvisionnement.

Dans cette dynamique, les investissements dans le secteur de l’eau ne se présentent plus comme des projets isolés, mais comme un système interconnecté, dont l’objectif est de protéger la ressource, de diversifier ses sources, d’améliorer l’efficacité de son utilisation et de garantir sa durabilité.

L’enjeu repose désormais sur la capacité de la région à passer d’une gestion de l’eau considérée comme une ressource limitée à une gestion fondée sur un cycle hydrique intégré, mobilisant la technologie, le dessalement, le traitement, la surveillance et la réutilisation au service de la sécurité hydrique et du développement durable.

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