
Le Maroc franchit une nouvelle étape dans le développement de l’éolien offshore. Le groupe danois d’ingénierie et de conseil Ramboll a été retenu pour accompagner la préparation du premier parc éolien en mer du Royaume, un projet envisagé au large d’Essaouira avec une puissance pouvant atteindre 1 gigawatt.
La mission confiée à Ramboll intervient en amont de la réalisation du projet et porte notamment sur les études de faisabilité technique et économique, les études complémentaires ainsi que les évaluations des incidences environnementales et sociales.
Le projet est piloté par l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen), avec l’appui du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable. L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) doit, pour sa part, prendre en charge les questions liées au raccordement de la future installation au réseau électrique national.
Un parc éolien offshore de 1 GW au large d’Essaouira
Le futur parc d’Essaouira constitue le premier projet marocain d’envergure dans le domaine de l’éolien en mer. Selon les informations disponibles, sa construction pourrait débuter en 2029.
Le choix de la région d’Essaouira s’explique notamment par les conditions naturelles de la façade atlantique. Les études préparatoires mettent en avant des vitesses de vent importantes ainsi que des zones présentant des profondeurs compatibles avec l’installation d’éoliennes offshore reposant sur des fondations fixes.
L’architecture technique envisagée prévoit notamment des câbles sous-marins reliant les différentes éoliennes, avec une tension pouvant atteindre 66 kilovolts, ainsi que des stations de conversion installées à terre.
Ramboll intervient après une étude financée par la BEI
La préparation du projet remonte à plusieurs années. En septembre 2022, la Banque européenne d’investissement (BEI) avait conclu avec Masen un accord de coopération prévoyant une subvention de 2 millions d’euros destinée à financer l’étude de faisabilité de l’éolien offshore au Maroc.
L’objectif initial était notamment d’évaluer le potentiel de la façade atlantique et d’étudier la possibilité de développer un premier projet pilote. Le programme a depuis pris une dimension beaucoup plus importante, avec un projet désormais envisagé à hauteur de 1 GW.
La BEI avait lancé une procédure de sélection d’un consultant pour accompagner Masen dans les différentes études nécessaires. Le marché, estimé à 2 millions d’euros, devait couvrir l’étude de faisabilité, plusieurs analyses complémentaires ainsi qu’une étude d’impact environnemental et social.
Essaouira au cœur de la stratégie marocaine d’énergies renouvelables
Le projet a également bénéficié d’une reconnaissance internationale. En juin 2025, lors de la Conférence des Nations unies sur l’océan organisée à Nice, l’Union pour la Méditerranée avait présenté le parc éolien d’Essaouira parmi les premiers projets soutenus dans le cadre du Partenariat bleu pour la Méditerranée.
Ce mécanisme vise à mobiliser des financements pour les études de faisabilité et l’assistance technique nécessaires à des projets liés à l’économie bleue et à la transition énergétique.
Le partenariat bénéficie notamment du soutien de plusieurs pays européens ainsi que de l’Union européenne. Une contribution espagnole de 8,5 millions d’euros avait notamment été annoncée lors de la conférence de Nice.
Le Maroc dispose d’un potentiel offshore estimé à 200 GW
Au-delà du seul projet d’Essaouira, les perspectives de l’éolien en mer au Maroc apparaissent considérables. Une étude de la Banque mondiale publiée en 2020 et reprise par les données de l’agence allemande GTAI estime le potentiel techniquement exploitable du littoral marocain à près de 200 GW.
Sur ce potentiel, environ 22 GW pourraient être développés à partir d’éoliennes offshore à fondations fixes. Une grande partie du potentiel restant nécessiterait des technologies flottantes, adaptées aux zones où les profondeurs marines sont plus importantes.
Ces ressources pourraient contribuer à l’objectif fixé par le Maroc d’atteindre 52 % de sources renouvelables dans les capacités électriques installées à l’horizon 2030.
Le réseau électrique devra accompagner les nouvelles capacités
Le développement de l’éolien offshore nécessitera également une adaptation des infrastructures électriques. Le raccordement d’une capacité de plusieurs centaines de mégawatts implique en effet le renforcement des réseaux de transport et des équipements de conversion.
Dans ce contexte, la BEI et la banque allemande KfW avaient annoncé en mai 2025 de nouveaux financements de 300 millions d’euros destinés aux infrastructures électriques de l’ONEE. La BEI devait notamment apporter 170 millions d’euros.
Ces investissements doivent permettre d’accompagner l’intégration progressive des nouvelles capacités renouvelables dans le système électrique marocain.
Ramboll, un spécialiste mondial de l’éolien offshore
Le choix de Ramboll s’inscrit dans l’expertise internationale du groupe danois dans le secteur de l’éolien en mer. L’entreprise indique disposer de plus de trente ans d’expérience dans l’éolien et avoir travaillé sur des projets dans plus de 70 pays.
Ramboll revendique également une participation à plus de 60 % des parcs éoliens offshore actuellement en exploitation dans le monde et affirme avoir conçu les fondations d’une part importante des éoliennes installées en mer.
La préparation du projet marocain pourrait ainsi constituer une première étape avant l’émergence d’une nouvelle chaîne industrielle autour de l’éolien offshore au Maroc.
À terme, la réalisation du parc d’Essaouira pourrait mobiliser plusieurs secteurs, allant de la fabrication d’équipements et de composants à la construction des fondations, en passant par la pose des câbles sous-marins, la maintenance et les services portuaires.
Avec un potentiel estimé à près de 200 GW et un premier projet de 1 GW désormais en préparation, le Maroc cherche ainsi à inscrire l’éolien offshore parmi les prochains piliers de sa stratégie énergétique.





















