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Un rapport international alerte sur les défis de l’eau qui freinent les ambitions vertes du Maroc

Le Maroc poursuit sa stratégie de développement durable et de transition vers une économie verte. Toutefois, cette ambition se heurte à des défis environnementaux croissants, notamment la pénurie d’eau et les épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, selon un rapport publié par le Stimson Center, un institut de recherche américain.

Le document souligne que la diminution continue des ressources hydriques constitue l’un des principaux obstacles au développement durable du Royaume, en particulier pour l’agriculture, un secteur fortement dépendant de l’eau.

Une pression hydrique de plus en plus forte

Le rapport indique que les ressources en eau par habitant ont fortement reculé au cours des dernières décennies, passant d’environ 2.560 m³ dans les années 1960 à seulement 565 m³ aujourd’hui. Cette évolution place le Maroc parmi les pays les plus exposés au stress hydrique à l’échelle mondiale.

Depuis 2015, les sécheresses répétées ont entraîné une baisse importante des réserves des barrages et des nappes phréatiques. L’agriculture, qui consomme près de 85 % des ressources en eau et représente une source essentielle d’emplois en milieu rural, demeure le secteur le plus vulnérable face aux effets du changement climatique.

Le Maroc accélère ses investissements dans la gestion de l’eau

Pour répondre à cette situation, le Royaume déploie plusieurs projets inscrits dans le Plan national de l’eau 2020-2027. Parmi les principales mesures figurent le transfert d’eau entre les bassins hydrauliques, lancé en 2023 entre le bassin du Sebou et les barrages alimentant les régions de Rabat et Casablanca, ainsi que la construction de 40 nouveaux barrages d’ici 2030.

Le gouvernement mise également sur la généralisation de l’irrigation goutte-à-goutte et sur la promotion de cultures plus résistantes à la sécheresse afin d’améliorer la résilience du secteur agricole.

Le dessalement, un pilier de la stratégie hydrique

Le rapport met également en avant le développement accéléré du dessalement de l’eau de mer comme solution structurelle à la crise hydrique. Le Maroc ambitionne de produire 1,4 milliard de mètres cubes d’eau dessalée par an d’ici 2030.

Le lancement de la grande station de dessalement de Casablanca en 2024 constitue l’un des projets phares de cette stratégie. À terme, cette infrastructure devrait devenir la plus importante d’Afrique.

Les énergies renouvelables restent une priorité

Malgré les défis liés à l’eau, le Maroc poursuit ses objectifs de transition énergétique. Le Royaume prévoit de porter la part des énergies renouvelables à 56 % du mix électrique national d’ici 2030.

Cette stratégie s’appuie notamment sur le complexe solaire Noor Ouarzazate, d’une capacité de 580 MW, ainsi que sur le développement continu de l’énergie éolienne, dont la capacité installée a atteint 2.373 MW à la fin de l’année 2024.

Le rapport estime que la réussite de cette transition dépendra de la capacité du Maroc à concilier développement des énergies propres et gestion durable de ses ressources en eau.

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