
EOS et l’IFC étudient le lancement d’un véhicule d’investissement de 60 millions d’euros au Maroc
Le marché marocain des créances en souffrance pourrait attirer un nouvel intérêt international. Le groupe allemand EOS et la Société financière internationale (IFC) étudient actuellement la mise en place d’un véhicule d’investissement commun destiné à acquérir et gérer des actifs et des créances ayant épuisé les voies traditionnelles de recouvrement.
Les discussions autour de ce projet sont toujours en cours. Les deux partenaires évaluent différentes options d’investissement conjoint sur le marché marocain, avec l’objectif potentiel de développer un dispositif spécialisé dans la gestion des actifs en difficulté.
EOS envisage de reproduire au Maroc une expérience déjà menée avec l’IFC sur plusieurs marchés européens, notamment en Pologne, en Roumanie et en Croatie. Les deux institutions étudient ainsi les modalités les plus adaptées à une éventuelle implantation de ce modèle sur le marché marocain.
Le véhicule actuellement à l’étude pourrait atteindre une capacité d’investissement d’environ 60 millions d’euros, avec une contribution envisagée de 30 millions d’euros pour chacun des deux partenaires, EOS et l’IFC.
Le projet reste toutefois soumis à l’approbation du conseil d’administration de l’IFC avant de pouvoir entrer dans les étapes suivantes de sa mise en œuvre.
Une plateforme dédiée aux actifs en difficulté
Le mécanisme envisagé aurait pour objectif d’acquérir auprès des établissements financiers marocains des actifs en souffrance, notamment des crédits dont les emprunteurs, particuliers ou entreprises, ne sont plus en mesure d’assurer le remboursement.
Le dispositif pourrait également porter sur des biens immobiliers récupérés par les établissements bancaires à la suite de défauts de paiement des emprunteurs.
L’intervention d’investisseurs spécialisés permettrait aux institutions financières de disposer d’un outil supplémentaire pour gérer leurs portefeuilles de créances en difficulté. Une partie de ces actifs pourrait ainsi être transférée à des acteurs spécialisés dans leur gestion, leur restructuration et la récupération de leur valeur.
EOS s’appuie sur plus de 50 ans d’expérience
Le groupe allemand EOS dispose d’une expérience de plus de cinq décennies dans la gestion des créances et des actifs en difficulté. Il est présent dans plus de 20 pays et intervient dans différents segments liés à la gestion des actifs financiers non performants.
Le groupe appartient à Otto Group, conglomérat familial allemand présent à l’international dans le commerce électronique et les services. EOS est spécialisée dans la gestion de différents types d’actifs et de créances en souffrance.
Son portefeuille comprend notamment des créances garanties et non garanties ainsi que des actifs immobiliers, lui permettant d’intervenir sur des portefeuilles présentant des profils et des niveaux de risque variés.
Le groupe travaille par ailleurs avec différents types de clients, notamment des banques, des compagnies d’assurance, des entreprises de services publics et des opérateurs de télécommunications, ainsi que d’autres entreprises ayant besoin de solutions spécialisées pour la gestion de leurs créances en difficulté.
Un intérêt croissant pour le marché marocain
L’intérêt manifesté par EOS et l’IFC intervient dans un contexte où les investisseurs internationaux recherchent de nouvelles opportunités liées à la gestion des actifs en difficulté. Le secteur bancaire marocain occupe une place centrale dans le financement des ménages et des entreprises, ce qui donne au marché des créances en souffrance une importance particulière.
Si le projet obtient les autorisations nécessaires, le véhicule d’investissement pourrait constituer un nouvel outil pour la gestion des portefeuilles de crédits en difficulté au Maroc, en combinant l’expertise financière et d’investissement de l’IFC avec le savoir-faire spécialisé d’EOS dans la gestion et le recouvrement des créances.
Le dispositif pourrait également élargir les solutions disponibles pour les établissements financiers marocains confrontés à des actifs difficiles à recouvrer. Le transfert d’une partie de ces portefeuilles à un investisseur spécialisé pourrait contribuer à libérer certaines ressources et à permettre leur réallocation vers de nouvelles activités de financement.
Le projet reste néanmoins à l’étude et n’a pas encore obtenu l’approbation finale. La démarche engagée conjointement par EOS et l’IFC traduit toutefois l’intérêt croissant porté au marché marocain des actifs en difficulté et ouvre la perspective de l’arrivée d’un acteur international spécialisé, avec une capacité d’investissement pouvant atteindre 60 millions d’euros.




















