
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) apportera son assistance technique au programme marocain Filaha, dédié à la transformation des systèmes agroalimentaires. Financé notamment par la Banque mondiale, le programme mobilise un investissement global de 312 millions de dollars, dont 250 millions de dollars sous forme de prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD).
L’attribution de cette mission à la FAO a été annoncée dans un avis publié le 2 septembre. L’intervention vise à accompagner plusieurs réformes et investissements destinés à renforcer la résilience de l’agriculture marocaine face aux contraintes climatiques, tout en améliorant la productivité et la gestion des ressources.
Un programme de 312 millions de dollars
Le financement de Filaha repose sur plusieurs sources. La Banque mondiale apporte 250 millions de dollars, tandis que 35 millions de dollars sont pris en charge par l’emprunteur et 27 millions de dollars doivent être mobilisés auprès du secteur privé.
Sur cette enveloppe globale, 2,01 millions de dollars sont prévus pour l’assistance technique destinée à accompagner la mise en œuvre du programme. Ce montant correspond à l’enveloppe budgétaire réservée à ce volet et ne constitue pas nécessairement la valeur définitive du contrat attribué à la FAO, les documents rendus publics ne permettant pas de l’établir avec certitude.
L’organisation onusienne interviendra aux côtés du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts sur plusieurs chantiers stratégiques.
L’agriculture de conservation au cœur du dispositif
L’un des principaux axes de Filaha concerne le développement de l’agriculture de conservation dans les zones dépendantes des précipitations. Une enveloppe de 84,32 millions de dollars est consacrée à ce volet.
Le programme prévoit notamment de faciliter l’accès des agriculteurs aux semoirs directs, aux semences adaptées aux conditions climatiques et aux équipements nécessaires à la modernisation des exploitations.
L’objectif affiché est d’étendre les pratiques d’agriculture de conservation à 360 000 hectares supplémentaires. Cette approche doit permettre de mieux préserver l’humidité et la structure des sols, de réduire la vulnérabilité des cultures face aux épisodes de sécheresse et, dans certains cas, de diminuer les coûts liés au travail mécanique des terres.
La FAO accompagnera la conception et le suivi de ces dispositifs, tout en apportant son expertise sur plusieurs outils structurants du programme.
Données agricoles et numérisation
La transformation de l’agriculture passe également par une meilleure utilisation des données. Dans ce domaine, la FAO doit notamment contribuer au développement du Registre national agricole (RNA) ainsi qu’à la plateforme dédiée au semis direct.
L’organisation participera également à la conception d’outils permettant de suivre les résultats des politiques publiques liées aux systèmes alimentaires. L’objectif est de disposer de données plus fiables pour mesurer l’efficacité des interventions et améliorer le pilotage du secteur agricole.
Cette dimension numérique doit ainsi compléter les investissements physiques réalisés dans les exploitations et les infrastructures.
Réduire les pertes et valoriser les déchets agricoles
Le programme Filaha accorde également une place importante à la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires ainsi qu’au développement de l’économie circulaire dans le secteur agricole.
Des études techniques et financières doivent notamment préparer la mise en place d’une plateforme destinée à favoriser la valorisation des déchets plastiques issus des activités agricoles.
Des actions sont également prévues dans certaines filières maraîchères afin de limiter les pertes alimentaires. L’enjeu consiste à améliorer l’utilisation des ressources tout au long de la chaîne de production et à réduire les volumes de déchets générés par le secteur.
Nutrition et approche « Une seule santé »
La nutrition constitue un autre volet du programme. Les documents préparatoires prévoient notamment des interventions liées à l’alimentation scolaire ainsi que des campagnes visant à faire évoluer certaines habitudes alimentaires.
À terme, le dispositif doit bénéficier à 300 000 femmes.
La FAO contribuera également aux travaux liés à l’approche « Une seule santé », qui prend en compte de manière intégrée les interactions entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement.
Renforcer les compétences et la résilience agricole
L’assistance technique ne se limitera pas aux études et au suivi des investissements. La FAO doit également participer à des actions de formation, de transfert de connaissances et d’échange d’expertise, à travers notamment des séminaires, des ateliers et des échanges internationaux.
À travers Filaha, le Maroc cherche ainsi à renforcer la capacité de son agriculture à faire face aux contraintes climatiques, tout en améliorant la productivité et l’efficacité de l’utilisation des ressources.
Avec ses 312 millions de dollars de financement, le programme combine équipements agricoles, accompagnement des exploitants, données, outils numériques, réduction des pertes et développement de nouvelles pratiques.
Dans cette architecture, les 2,01 millions de dollars prévus pour l’assistance technique représentent une part limitée du financement global, mais doivent contribuer à assurer le pilotage, le suivi et la diffusion des pratiques développées dans le cadre du programme.





















