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Cimaf veut tripler la capacité de son usine au Mali à 3 Mt

Le groupe marocain Ciments de l’Afrique (Cimaf) poursuit son expansion industrielle au Mali. L’opérateur a présenté, jeudi 27 août, aux autorités maliennes son nouveau programme pour l’usine de Natien, près de Sikasso, dont la production a démarré le 23 mars dernier.

Initialement conçue pour produire un million de tonnes de ciment par an, l’unité doit désormais voir sa capacité tripler pour atteindre trois millions de tonnes à l’horizon 2027-2028.

Le montant global de l’investissement est désormais estimé à environ 56 milliards de francs CFA, soit près de 923 millions de dirhams.

Un investissement de 923 millions de dirhams

Le programme industriel présenté par Cimaf prévoit 35 milliards de francs CFA, environ 577 millions de dirhams, pour la cimenterie elle-même.

Une enveloppe supplémentaire de 21 milliards de francs CFA, soit près de 346 millions de dirhams, est consacrée à la logistique et au parc roulant nécessaire au fonctionnement du site.

Les dernières données communiquées par les autorités maliennes font état d’environ 250 emplois directs et près de 1.500 emplois indirects générés par le projet.

Lors de la pose de la première pierre, en février 2024, les ambitions étaient plus modestes. Le projet prévoyait alors une capacité initiale d’un million de tonnes, avec une extension à deux millions de tonnes, pour un investissement industriel annoncé de 30 milliards de francs CFA et une mise en production envisagée en février 2026.

Le démarrage effectif intervenu le 23 mars a donc devancé le calendrier initial. Le nouveau programme change surtout d’échelle, avec une capacité maximale désormais portée à trois millions de tonnes par an.

Natien deviendra un pilier de Cimaf au Mali

Située dans la commune rurale de Natien, à une quinzaine de kilomètres de Sikasso, l’usine constitue la deuxième implantation industrielle de Cimaf au Mali.

Le groupe marocain s’était implanté dans le pays en 2016 avec son usine de Diago, près de Kati. Cette unité disposait initialement d’une capacité de 500.000 tonnes par an, avant d’être progressivement portée à un million de tonnes.

Les deux sites permettent actuellement à Cimaf de disposer d’une capacité de production cumulée de deux millions de tonnes de ciment par an au Mali.

Avec l’extension annoncée de Natien, la seule usine de Sikasso pourrait produire trois millions de tonnes par an, soit davantage que la capacité actuelle cumulée des deux sites du groupe dans le pays.

Des marchés dans les mines et les infrastructures

Cimaf fournit déjà plusieurs grands projets maliens dans les secteurs des infrastructures et des mines.

Le groupe cite notamment les mines d’or de Fekola, Morila, Komana et Syama, ainsi que le projet de lithium de Goulamina. Ses produits sont également destinés à plusieurs projets routiers et ouvrages d’art, dont la réhabilitation de la route nationale 6 entre Bamako et Ségou.

Cette présence dans les grands chantiers devrait renforcer la position de Cimaf alors que le Mali cherche à accroître ses capacités locales de production de ciment.

Le solaire pour réduire les coûts énergétiques

Le groupe marocain a également intégré des installations photovoltaïques à son dispositif industriel malien.

Selon Cimaf, son système solaire peut couvrir la totalité des besoins électriques du site auquel il est affecté. L’objectif est notamment de réduire la dépendance à l’électricité achetée sur le réseau et de maîtriser les coûts énergétiques de la production de ciment.

Cette stratégie énergétique accompagne ainsi l’augmentation progressive des capacités industrielles du groupe au Mali.

Le Mali veut atteindre l’autonomie en ciment

L’extension de Natien intervient dans un marché malien où les besoins sont estimés à environ six millions de tonnes de ciment par an.

Le ministre malien de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a indiqué que le nombre d’unités cimentières était passé de trois en 2021 à six en 2026. Leur capacité totale atteint désormais 5,5 millions de tonnes par an.

Les autorités maliennes estiment que les nouvelles capacités programmées devraient permettre au pays d’atteindre son autonomie en matière de production de ciment à partir de 2027.

Dans ce contexte, l’usine de Natien occupe une place importante. Avec sa capacité actuelle d’un million de tonnes, elle représente déjà environ 18 % de la capacité cimentière recensée au Mali. Une fois portée à trois millions de tonnes, elle représenterait à elle seule plus de la moitié de la capacité actuelle du secteur.

Cimaf poursuit son expansion africaine

Créé en 2011 à partir du groupe marocain Ciments de l’Atlas (Cimat), Cimaf a progressivement développé son réseau industriel à travers le continent africain.

Le groupe est aujourd’hui présent dans douze pays africains et poursuit sa stratégie d’expansion sur les marchés où la demande en ciment et en infrastructures reste importante.

Au Mali, le développement des sites de Diago et Natien doit porter la capacité cumulée du groupe à quatre millions de tonnes par an si l’ensemble du programme annoncé pour 2027-2028 est mené à son terme.

L’usine de Natien, officiellement lancée le 9 février 2024 avec un délai de construction de 23 mois, entre ainsi dans une nouvelle phase. D’un projet initial d’un million de tonnes extensible à deux millions, elle doit désormais devenir une unité industrielle capable de produire trois millions de tonnes de ciment par an, confirmant les ambitions de Cimaf sur le marché malien.

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