
Le fabricant chinois Suzhou Harmontronics Automation Technology (Harmontronics) confirme son implantation industrielle au Maroc avec une filiale détenue à 100 % et installée à Tanger. Dans son rapport semestriel 2026 publié à la Bourse de Shanghai, le groupe précise que sa filiale marocaine est enregistrée pour la production et la commercialisation d’équipements destinés à l’industrie manufacturière intelligente.
Créée dans la zone franche d’exportation de Tanger, cette structure constitue un nouveau relais international pour Harmontronics, spécialisé dans les lignes et machines automatisées destinées principalement aux secteurs automobile et électronique.
Une filiale tournée vers la production et la vente
La société marocaine intervient dans un domaine stratégique pour l’industrie automobile, avec des solutions dédiées notamment aux connecteurs, aux faisceaux électriques, aux capteurs et à différents composants électroniques.
L’offre du groupe chinois couvre plusieurs catégories d’équipements, allant des machines d’insertion de broches sur circuits imprimés aux systèmes destinés aux faisceaux électriques, aux connecteurs de cartes et de câbles ainsi qu’aux capteurs. Harmontronics développe également des solutions automatisées pour certains composants utilisés dans les systèmes de radar à ondes millimétriques.
La qualification de la filiale marocaine lui confère ainsi une double vocation industrielle et commerciale. Le groupe ne communique cependant pas, à ce stade, le montant du capital engagé au Maroc, le nombre de salariés, la superficie de ses installations ou encore leur capacité de production annuelle.
Tanger, au cœur de la stratégie automobile de Harmontronics
La création de Harmontronics Automation SARLAU remonte au premier semestre 2024. À l’époque, le groupe chinois avait expliqué vouloir se rapprocher de ses clients internationaux afin de leur proposer un accompagnement technique et commercial directement sur leurs marchés.
Cette implantation ne constituait toutefois pas les premiers pas de Harmontronics au Maroc. Dès son introduction en Bourse en 2019, le fabricant avait indiqué avoir déjà réalisé des projets d’équipements industriels intelligents dans le Royaume, en parallèle de contrats en Europe, aux États-Unis et en Asie.
L’installation permanente à Tanger permet désormais au groupe de disposer d’une base au sein de l’un des principaux pôles automobiles du Maroc, alors que plusieurs équipementiers internationaux renforcent eux-mêmes leurs capacités de production dans le Royaume.
TE Connectivity, un client important du groupe chinois
Harmontronics avait notamment fait état d’une forte progression de ses commandes provenant de TE Maroc en 2024, ainsi que de celles de sa branche hongroise. Les équipes d’ingénieurs du fabricant chinois interviennent directement auprès des clients afin d’identifier leurs besoins, tester les équipements et adapter les solutions aux processus industriels.
TE désigne TE Connectivity, groupe mondial spécialisé dans les solutions de connectique et les capteurs. L’entreprise figure parmi les principaux clients de Harmontronics aux côtés d’Aptiv, Amphenol, Kyocera, Yazaki, ZF et HellermannTyton.
La présence industrielle de TE Connectivity dans la région de Tanger permet de mieux comprendre la logique derrière l’implantation de Harmontronics au Maroc. Elle ne permet toutefois pas d’établir que TE Connectivity constitue l’unique client marocain du fabricant chinois, aucun détail sur les contrats locaux ou leur valeur n’ayant été rendu public.
L’international représente près de 40 % de l’activité
L’implantation marocaine s’inscrit dans une stratégie internationale devenue essentielle pour Harmontronics. Le groupe indique désormais être présent dans plus de vingt pays et avoir progressivement développé des structures locales en Allemagne, en Hongrie, au Mexique, au Canada, au Maroc ainsi que sur plusieurs marchés asiatiques.
Cette présence vise notamment à rapprocher les fonctions commerciales, techniques et de maintenance des sites industriels de ses principaux clients.
Au premier semestre 2026, les activités réalisées à l’étranger ont généré 96,4 millions de yuans de chiffre d’affaires principal, représentant 39,5 % du total. Leur marge brute s’est établie à 47 %, malgré un recul de 5,3 points sur un an.
Un premier semestre difficile pour le groupe chinois
L’expansion internationale intervient toutefois dans une période plus compliquée pour Harmontronics. Le chiffre d’affaires du groupe a diminué de 35,3 % au premier semestre 2026, à 244,8 millions de yuans, contre 378,6 millions un an auparavant.
Le bénéfice net attribuable aux actionnaires a, lui, chuté de 76,8 %, à 5,3 millions de yuans. Hors éléments exceptionnels, le groupe affiche même une perte nette de 13,8 millions de yuans.
Harmontronics explique cette dégradation par la prudence accrue de plusieurs grands clients du secteur automobile, qui ont réduit leurs dépenses d’investissement, ainsi que par la pression exercée sur les marges.
La situation de trésorerie s’est néanmoins améliorée. Le flux de trésorerie généré par les activités opérationnelles a atteint 157,2 millions de yuans, contre un flux négatif de 27,2 millions au premier semestre 2025.
Tanger pourrait jouer un rôle croissant dans la stratégie du groupe
Pour la deuxième moitié de 2026, Harmontronics entend concentrer ses ressources sur les activités à plus forte valeur ajoutée et poursuivre son développement à l’international. Le groupe prévoit également de diversifier son savoir-faire vers les équipements automatisés destinés au secteur médical, tout en explorant les télécommunications et les systèmes de connexion de fluides.
Dans cette stratégie, Tanger s’impose désormais comme une base marocaine de production, de commercialisation et d’accompagnement technique pour le fabricant chinois.
L’ampleur future de cette implantation reste toutefois à préciser. Harmontronics n’a pas encore communiqué le montant de son investissement au Maroc, ses capacités de production ou ses objectifs de chiffre d’affaires pour sa filiale marocaine. L’évolution de ces indicateurs permettra de mesurer concrètement le poids que le Royaume pourrait prendre dans la stratégie industrielle internationale du groupe.





















