
Le marché marocain de l’acier pourrait connaître une nouvelle phase de croissance en 2026. Selon une récente analyse du centre spécialisé GMK Center, la demande nationale de produits sidérurgiques pourrait progresser de 7 à 8 %, pour atteindre entre 2,75 et 2,82 millions de tonnes.
Cette estimation constitue toutefois une projection de marché et non un niveau de consommation déjà enregistré. Si la tendance se confirme, le Maroc pourrait franchir pour la première fois le seuil des 3 millions de tonnes de demande d’acier en 2027.
La construction reste le principal moteur du marché
Le secteur du bâtiment et des travaux publics devrait continuer à jouer un rôle central dans cette évolution. Selon l’analyse de GMK Center, la construction représente entre 60 et 65 % de la demande marocaine de produits sidérurgiques finis.
Le rythme des grands projets d’infrastructures, les chantiers de construction et les investissements publics seront donc déterminants pour confirmer la progression attendue en 2026.
Cette forte dépendance à la construction signifie également que l’évolution du marché de l’acier restera étroitement liée au calendrier des grands travaux engagés dans le Royaume.
Le rond à béton et les produits longs au cœur de la demande
La structure du marché marocain favorise particulièrement les produits longs, largement utilisés dans le secteur de la construction. Le rond à béton, le fil machine et les profilés constituent ainsi une part importante des besoins.
Les produits plats répondent davantage aux besoins de l’industrie et de différents secteurs manufacturiers. La progression de ces deux catégories pourrait donc suivre des rythmes différents, ce qui sera important pour évaluer la solidité de la croissance globale annoncée.
Le dépassement de 2,8 millions de tonnes en 2026 dépendra ainsi non seulement du volume des grands chantiers, mais aussi de la capacité des industriels à répondre aux besoins du marché.
Une hausse de la demande ne signifie pas forcément plus d’importations
Un point important devra être surveillé : l’augmentation de la consommation intérieure ne se traduira pas automatiquement par une hausse équivalente des importations.
Une partie de la demande supplémentaire pourrait être absorbée par les producteurs marocains en fonction de leurs capacités disponibles et des catégories d’acier recherchées.
À l’inverse, certaines gammes insuffisamment produites localement pourraient nécessiter davantage d’approvisionnements extérieurs. Les importations devront donc être analysées conjointement avec la production et les ventes des aciéries marocaines.
Les importations donneront un premier indicateur de la tendance
Les statistiques douanières de 2026 seront particulièrement importantes pour mesurer la concrétisation de la prévision de GMK Center. Parmi les principaux fournisseurs du marché marocain figurent notamment l’Espagne, la Turquie, le Royaume-Uni et la Chine.
Toutefois, les importations ne correspondent pas uniquement à la consommation finale. Une partie des achats à l’étranger peut également alimenter directement l’appareil industriel marocain.
La comparaison entre les volumes importés et ceux produits localement permettra donc de déterminer si la croissance du marché est principalement absorbée par les sidérurgistes installés au Maroc ou si elle entraîne également une augmentation du recours aux fournisseurs étrangers.
Le seuil des 3 millions de tonnes attendu en 2027
Si la progression anticipée se poursuit, le marché marocain pourrait dépasser 3 millions de tonnes de demande d’acier en 2027.
Un tel niveau constituerait un changement d’échelle pour la sidérurgie nationale. Mais cette perspective dépendra de plusieurs facteurs, notamment la poursuite des investissements dans les infrastructures, l’activité du secteur de la construction, les capacités de production locales et l’évolution des prix internationaux.
Les prochaines statistiques de production, de ventes et d’importations permettront donc de vérifier si la hausse prévue en 2026 s’installe réellement et si le marché marocain se dirige effectivement vers le seuil symbolique des trois millions de tonnes.





















