
Les expéditions de blé russe vers le Maroc connaissent un net ralentissement en août. Durant la deuxième décade du mois, les livraisons russes à destination du Royaume ont chuté à 5.000 tonnes, soit un volume douze fois inférieur à celui enregistré à la même période de l’année précédente.
Cette baisse intervient dans un contexte de forte contraction des exportations céréalières russes, affectées notamment par des difficultés de navigation et des dommages touchant certaines infrastructures portuaires de la mer d’Azov et de la mer Noire.
Le Maroc parmi les rares marchés encore approvisionnés
Selon l’Union russe des céréales (RZS), le blé russe n’a été expédié que vers huit pays entre le 11 et le 20 août, contre 28 destinations durant la même période en 2025.
Avec seulement 5.000 tonnes réceptionnées, le Maroc se situe très loin derrière les principaux acheteurs de blé russe. Le Bangladesh arrive en tête avec 110.000 tonnes, suivi de l’Indonésie avec 66.000 tonnes et de l’Arabie saoudite avec 62.600 tonnes.
L’Égypte a reçu 62.000 tonnes, tandis que les Émirats arabes unis ont importé 35.600 tonnes. La Russie a également expédié 30.000 tonnes vers le Mexique, avant les 5.000 tonnes destinées au marché marocain.
Les exportations russes de céréales fortement perturbées
Le recul des livraisons au Maroc s’inscrit dans une baisse beaucoup plus large des exportations céréalières russes.
Entre le 1er et le 20 août, la Russie a exporté environ 1,4 million de tonnes de céréales, soit 2,5 fois moins qu’un an auparavant.
Les exportations de blé ont reculé de manière particulièrement marquée, avec un volume légèrement supérieur à un million de tonnes, soit une baisse de 2,6 fois sur un an. Les expéditions d’orge ont diminué de 2,9 fois, à 168.000 tonnes, tandis que celles de maïs ont atteint 98.000 tonnes, en baisse de 1,7 fois.
Durant la seule deuxième décade d’août, les exportations céréalières russes se sont limitées à 478.800 tonnes, soit 4,8 fois moins qu’un an auparavant.
Les difficultés portuaires perturbent les livraisons
La RZS attribue principalement cette contraction aux problèmes logistiques rencontrés dans les principaux bassins céréaliers russes.
Les difficultés de navigation ainsi que les dommages subis par certaines installations portuaires de la mer d’Azov et de la mer Noire compliquent l’acheminement des céréales vers les marchés internationaux.
Cette situation a également réduit le nombre de ports et d’entreprises impliqués dans les exportations. Seulement huit ports ont été utilisés pour les expéditions de céréales durant la période étudiée, contre 29 un an plus tôt.
Si ces conditions persistent, la RZS estime que les exportations russes de céréales pourraient se limiter à 1,8 à 1,9 million de tonnes en août, dont 1,5 à 1,6 million de tonnes de blé. Il s’agirait alors du niveau le plus faible enregistré depuis une décennie.
Le recul russe soutient les prix du blé américain et européen
La baisse des volumes disponibles en provenance de Russie commence également à influencer les prix internationaux.
Durant la deuxième décade d’août, le prix du blé américain a augmenté de 11 dollars, pour atteindre 281 dollars la tonne. Le blé français a progressé de 3 dollars, à 265 dollars.
À l’inverse, le prix du blé russe chargé à Novorossiisk a reculé de 4 dollars, à 220 dollars la tonne FOB.
Depuis le début de la campagne céréalière, le 1er juillet, les prix européens et américains ont ainsi progressé, alors que le blé russe évoluait dans le sens inverse.
Une pression accrue sur les producteurs russes
Le ralentissement des exportations pèse également sur le marché intérieur russe.
Le prix du blé de quatrième classe est descendu à environ 11.500 roubles la tonne, contre 11.900 roubles précédemment. En dollars, le prix payé aux producteurs s’établit autour de 138 dollars la tonne.
Selon la RZS, les prix perçus par les producteurs russes ont diminué d’environ 20% depuis le début de la campagne en roubles et de 27% en dollars.
Cette évolution intervient alors que les producteurs russes doivent déjà composer avec des marges jugées faibles. La baisse des exportations et les difficultés logistiques pourraient donc accentuer la pression sur la rentabilité du secteur.
Quel impact pour le marché marocain ?
La chute des expéditions russes vers le Maroc intervient dans un marché céréalier international où les disponibilités et les prix évoluent rapidement.
Avec seulement 5.000 tonnes livrées durant la deuxième décade d’août, le Royaume apparaît clairement en retrait par rapport aux principaux débouchés du blé russe.
L’évolution des flux dans les prochaines semaines permettra de déterminer si cette baisse constitue un phénomène temporaire lié aux difficultés logistiques russes ou si elle traduit une modification plus durable des approvisionnements du marché marocain.




















