
Le groupe japonais considère que le Royaume dispose de plusieurs atouts majeurs, notamment sa stabilité politique et financière, son important potentiel solaire et éolien ainsi que sa proximité stratégique avec le marché européen.
Selon des données rapportées par l’Organisation japonaise du commerce extérieur (JETRO), citant des responsables de Mitsui au Maroc, le groupe prévoit de poursuivre l’identification de nouvelles opportunités dans la production d’électricité, avec une priorité croissante accordée aux sources d’énergie propres.
Le Maroc, un marché stratégique pour les énergies propres
Cette stratégie intervient dans un contexte marqué par l’intérêt croissant des entreprises japonaises pour le marché marocain, alors que le Royaume accélère ses efforts pour diversifier son mix énergétique et réduire sa dépendance aux combustibles fossiles.
Le Maroc vise à porter la part des énergies renouvelables à plus de 52 % de sa capacité électrique installée à l’horizon 2030, un objectif qui pourrait être atteint avant l’échéance prévue selon les données disponibles.
En avril 2025, la capacité installée des énergies renouvelables atteignait environ 5.500 MW, soit près de 46 % de la capacité électrique totale du pays, estimée à quelque 12.000 MW.
Le Royaume bénéficie également d’un potentiel diversifié dans les domaines de l’éolien, du solaire, du solaire thermique et de l’hydroélectricité, ainsi que d’un réseau d’universités et de centres de recherche susceptibles d’accompagner le développement de projets dans les technologies propres.
Sa proximité avec l’Europe constitue par ailleurs un avantage stratégique, permettant au Maroc de développer des projets destinés non seulement au marché national, mais également à l’exportation future d’électricité et de produits énergétiques.
Une présence dans le secteur énergétique depuis 2011
L’intérêt de Mitsui pour les énergies renouvelables au Maroc ne constitue pas une démarche récente. Le groupe est présent dans le secteur énergétique marocain depuis 2011, lorsqu’il avait participé au projet de la centrale thermique de Jorf Lasfar dans le cadre des activités d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction.
Le groupe japonais s’est ensuite orienté vers l’investissement direct dans plusieurs grands projets énergétiques, notamment la centrale thermique de Safi et le parc éolien de Taza.
À Safi, Mitsui s’est associée au groupe marocain Nareva et au français Engie dans le cadre d’un projet dont le coût s’est élevé à environ 2,6 milliards de dollars.
Avec une capacité de production d’environ 1.400 MW, la centrale est entrée en service en 2018 et constitue aujourd’hui l’une des principales infrastructures de production électrique du Maroc.
Le projet repose sur la technologie Ultra-Supercritical, qui permet d’améliorer l’efficacité de la conversion du charbon en électricité et de réduire les émissions par unité d’énergie produite par rapport aux technologies conventionnelles.
Une montée en puissance dans l’éolien
Mitsui a également renforcé son portefeuille marocain dans les énergies renouvelables à travers le parc éolien de Taza, développé en partenariat avec le groupe français EDF Power Solutions.
Le projet affiche une capacité totale d’environ 87,2 MW, pour un investissement avoisinant 140 millions d’euros. Mitsui détient 40 % du projet, contre 60 % pour son partenaire français.
Les travaux de construction ont démarré en septembre 2020, avant une mise en service en 2022 dans le cadre d’un contrat de vente d’électricité à long terme avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).
Selon les données de Mitsui, la quote-part du groupe dans la capacité nette du parc de Taza atteignait environ 35 MW à fin mars 2026, contre près de 462 MW pour la centrale de Safi.
L’hydrogène vert au cœur des perspectives
Mitsui considère la transition énergétique du Maroc comme une opportunité d’investissement stratégique. Le Royaume reste en effet dépendant des importations pour une part importante de ses besoins en combustibles fossiles, tout en disposant d’un potentiel considérable dans le solaire et l’éolien.
Le groupe estime également que les politiques publiques visant à accroître la part des énergies renouvelables créent un environnement favorable aux investisseurs, notamment à travers les projets portés par des acteurs tels que l’ONEE et MASEN.
Mitsui accorde par ailleurs une attention particulière à l’évaluation des risques liés aux projets éoliens, la rentabilité des investissements dépendant directement de la quantité d’électricité effectivement produite par les turbines.
Pour limiter ces risques, le groupe s’appuie notamment sur les données de vent disponibles lors des appels d’offres, sur des études indépendantes des sites ainsi que sur des contrats de maintenance et des garanties de performance avec les fabricants d’éoliennes.
Avec l’accélération des projets liés à l’hydrogène vert, à l’ammoniac et aux énergies renouvelables, Mitsui pourrait ainsi renforcer davantage sa présence au Maroc, en s’appuyant sur son expérience dans le Royaume et sur la transformation rapide du secteur énergétique marocain.




















