
Selon les estimations de Tourism Economics, filiale d’Oxford Economics, les tarifs des vols vers le Maroc pourraient se situer l’an prochain à un niveau supérieur de 5 à 10 % aux prévisions établies avant la récente crise énergétique liée aux tensions autour du détroit d’Ormuz.
Cette perspective intervient alors que les transporteurs aériens subissent une pression accrue liée au coût du carburant. Une hausse importante du prix du kérosène peut rapidement alourdir les charges des compagnies et les pousser à revoir leurs tarifs ou à appliquer des suppléments liés au carburant.
Cependant, la répercussion intégrale de ces surcoûts sur les passagers reste difficile. La forte concurrence entre compagnies et la sensibilité des voyageurs aux prix pourraient limiter leur marge de manœuvre.
Le carburant au cœur des coûts des compagnies
Le carburant représente l’un des principaux postes de dépenses des compagnies aériennes. Toute hausse durable des cours du pétrole se répercute donc directement sur le coût d’exploitation des vols.
Les tensions géopolitiques liées notamment à l’Iran ont récemment provoqué une forte volatilité des marchés énergétiques. Le pétrole a ainsi enregistré une hausse de 64 % en mars, accentuant la pression sur les transporteurs.
Face à cette situation, les compagnies peuvent être amenées à ajuster leurs tarifs. Mais une augmentation trop importante pourrait inciter certains voyageurs à reporter leur déplacement, choisir une autre compagnie ou encore privilégier une destination différente.
Le risque d’une hausse plus forte en période estivale
Les mois d’été pourraient être particulièrement concernés par cette évolution. Cette période correspond à un important afflux de touristes au Maroc, mais également au retour d’une partie importante de la diaspora marocaine établie à l’étranger.
La forte demande durant cette période pourrait donner davantage de marge aux compagnies pour répercuter une partie de la hausse des coûts sur les billets, surtout sur les liaisons les plus sollicitées.
Les fêtes et autres périodes de forte affluence pourraient également connaître une évolution similaire, avec un effet combiné de la hausse des coûts et de l’augmentation saisonnière de la demande.
Une possible détente des prix du pétrole en 2027
Le scénario pourrait toutefois évoluer favorablement si les cours du pétrole commencent à reculer.
Oxford Economics prévoit un prix moyen du baril autour de 85 dollars sur le reste de 2026, avant une baisse qui pourrait ramener le cours à environ 65 dollars à la fin de 2027.
Une telle évolution offrirait un certain répit aux compagnies aériennes. Elle ne garantirait cependant pas une baisse immédiate des billets, car les tarifs dépendent de nombreux autres facteurs.
La demande saisonnière, les taxes et redevances aéroportuaires, les coûts de maintenance, les dépenses opérationnelles, les taux de change ainsi que le niveau de concurrence influencent également le prix final payé par les voyageurs.
Le marché marocain face à une année 2027 incertaine
L’évolution des prix de l’énergie pourrait ainsi devenir l’un des principaux déterminants du coût des voyages aériens vers le Maroc en 2027.
La capacité des compagnies à absorber une partie de la hausse, l’évolution du prix du pétrole et le niveau de la demande seront déterminants pour l’évolution des tarifs.
Malgré une éventuelle baisse des cours du pétrole, la forte attractivité du Maroc auprès des touristes et de la diaspora pourrait maintenir une pression sur les prix, notamment durant les périodes de forte demande.
En 2027, le prix du carburant, combiné à la dynamique du trafic aérien et au niveau de la concurrence, sera donc un facteur clé pour déterminer le coût des billets à destination du Maroc.





















