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Le Maroc mise sur la formation de 6.000 jeunes en intelligence artificielle pour renforcer leur insertion professionnelle

Le Maroc s’apprête à élargir son vivier de compétences spécialisées dans les technologies avancées, alors que l’intelligence artificielle gagne rapidement du terrain dans les secteurs économique, administratif et industriel. Dans ce contexte, le programme « Generation AIoT » s’impose comme l’une des initiatives destinées à transformer la formation numérique en véritable passerelle vers le marché de l’emploi.

Le programme ne se limite pas à l’acquisition de compétences liées aux nouvelles technologies. Il repose sur une approche combinant formation spécialisée et mise en pratique, avec une orientation des bénéficiaires vers des projets répondant à des besoins concrets d’entreprises et de différents secteurs. L’insertion professionnelle constitue ainsi l’un des principaux objectifs du dispositif.

Dans ce cadre, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, a effectué une visite au centre numérique solidaire « Centre IDS » à Salé. Cette visite lui a permis de suivre l’avancement du programme, de prendre connaissance des résultats de la première promotion et de découvrir plusieurs projets développés par les jeunes dans les domaines des technologies avancées.

La visite a notamment porté sur les espaces de formation et le laboratoire de fabrication numérique FabLab, où plusieurs bénéficiaires ont présenté des projets et des cas d’usage développés au cours de leur parcours, notamment dans l’intelligence artificielle, l’Internet des objets, la robotique et les technologies numériques.

L’objectif du programme ne consiste donc pas uniquement à former des jeunes disposant de compétences techniques, mais également à leur permettre de transformer ces connaissances en compétences directement mobilisables sur le marché du travail, grâce à l’expérience acquise sur des projets concrets et à une immersion dans des environnements professionnels.

6.000 jeunes ciblés dans la première phase

La première phase de Generation AIoT prévoit la formation de 6.000 jeunes, avec un objectif porté à 20.000 bénéficiaires lors d’une deuxième phase. Cette ambition traduit l’importance accordée au développement des compétences nationales dans l’intelligence artificielle, l’Internet des objets et les technologies qui leur sont associées.

Le parcours proposé combine enseignements théoriques et applications pratiques. Les participants ne se limitent pas à l’apprentissage des concepts et des outils numériques, mais sont également amenés à les mettre en œuvre dans le cadre de projets et d’environnements professionnels afin de mieux comprendre les besoins des entreprises et les exigences des métiers émergents.

Depuis le lancement du programme en février 2026, plus de 2.118 candidatures ont été enregistrées. À ce stade, 95 talents bénéficient du dispositif à Salé et Casablanca.

À Salé, la première promotion, composée de 46 talents, a achevé une phase de formation et de spécialisation de quatre mois avant de passer, à partir du 24 juin, à une phase consacrée au développement de projets applicatifs dans un environnement professionnel.

Les données présentées lors de la visite indiquent que 100 % des talents ayant atteint cette étape ont intégré des projets pratiques couvrant plusieurs domaines, notamment la santé, les mines, l’industrie, la finance, la logistique, la recherche scientifique, l’éducation et les technologies numériques.

L’intelligence artificielle au service de projets concrets

Cette approche traduit une volonté de rapprocher davantage les structures de formation du monde de l’entreprise. Les bénéficiaires ne se contentent plus d’acquérir des connaissances techniques, mais apprennent également à les transformer en solutions susceptibles de répondre à des problématiques concrètes dans différents secteurs.

La formation couvre notamment des domaines avancés tels que l’intelligence artificielle, l’Agentic AI, l’IA physique (Physical AI), ainsi que l’Internet des objets et la robotique.

La combinaison entre intelligence artificielle et Internet des objets revêt une importance particulière. Les capteurs et les systèmes connectés génèrent d’importants volumes de données qui peuvent être analysés et exploités grâce à l’IA afin de développer des systèmes plus intelligents et plus performants.

Le programme s’inscrit dans l’orientation « AI Made in Morocco », qui vise à renforcer les capacités nationales en intelligence artificielle, à encourager l’innovation et l’emploi, tout en développant un vivier de compétences locales capables de contribuer à la conception de solutions numériques au Maroc.

Un dispositif appelé à s’étendre à plusieurs villes

Cette orientation intervient alors que la transformation numérique dépasse désormais largement le secteur technologique. L’intelligence artificielle et l’automatisation trouvent progressivement des applications dans l’industrie, la santé, la finance, l’éducation, les transports, la logistique, l’énergie et les mines.

Cette évolution entraîne une demande croissante pour des profils capables de combiner expertise technologique et compréhension des besoins opérationnels des différents secteurs économiques.

Le programme devrait d’ailleurs poursuivre son déploiement géographique avec l’ouverture de nouvelles promotions à Casablanca, Fès et Oujda, en plus de Salé. L’objectif est d’atteindre 1.200 talents formés chaque année à partir de février 2027.

Cette expansion vise à faire de la formation aux compétences numériques un chantier national, qui ne serait plus limité aux grandes villes ou à un nombre restreint de spécialistes, mais progressivement accessible à un plus grand nombre de jeunes.

Réduire l’écart entre formation et emploi

À travers ce modèle, le Maroc cherche également à répondre à l’un des principaux défis liés à la transformation numérique : disposer de ressources humaines capables d’accompagner les investissements technologiques et de répondre aux besoins des entreprises et institutions qui adoptent de plus en plus l’intelligence artificielle, l’automatisation et l’analyse des données.

Le recours aux projets pratiques peut contribuer à réduire l’écart entre les compétences académiques et les exigences des nouveaux métiers, alors que le marché de l’emploi évolue rapidement et que les profils recherchés connaissent eux aussi de profondes transformations.

Dans cette perspective, l’importance de Generation AIoT ne réside pas uniquement dans le nombre de bénéficiaires. Elle tient également au modèle pédagogique adopté, fondé sur l’apprentissage, l’expérimentation et l’immersion dans des projets concrets, avec l’employabilité placée au cœur du parcours.

Le principal enjeu de la prochaine phase sera de maintenir la qualité de la formation tout en l’adaptant à l’évolution rapide des technologies. Il s’agira également de garantir que les projets proposés restent alignés sur les besoins réels des entreprises et des différents secteurs économiques.

Avec la généralisation progressive de l’intelligence artificielle dans l’économie mondiale, le Maroc semble ainsi considérer les compétences numériques comme une composante essentielle de la nouvelle économie, au même titre que les infrastructures nécessaires à son développement.

La réussite de ce modèle pourrait, à terme, renforcer la capacité du Royaume à former une nouvelle génération de talents capables de développer des solutions numériques locales, d’améliorer la compétitivité des entreprises, de stimuler l’innovation et de créer de nouvelles opportunités professionnelles liées à l’économie numérique.

Generation AIoT apparaît ainsi comme un dispositif dépassant la simple formation aux technologies émergentes. Il constitue un pari plus large sur le développement d’un capital humain capable d’accompagner la transformation technologique du Maroc et de rapprocher intelligence artificielle, emploi, innovation et souveraineté numérique.

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