Le Maroc continue de figurer parmi les pays importateurs d’énergie russe, dans un contexte marqué par la transformation des circuits commerciaux de l’énergie depuis l’entrée en vigueur des sanctions occidentales contre Moscou.
Selon des données rapportées par la plateforme Atteqa, sur la base du rapport mensuel du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), le Maroc apparaît pour le 28ᵉ mois consécutif parmi les pays importateurs de gaz russe acheminé par gazoduc.
La liste des pays arabes concernés comprend également les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Égypte, le Koweït, la Syrie, la Tunisie et la Libye.
La particularité du Maroc réside dans le fait que les approvisionnements russes ne transitent pas directement de la Russie vers le Royaume par gazoduc. Ils empruntent un circuit commercial passant par l’Espagne.
L’Espagne réceptionne notamment du gaz naturel liquéfié (GNL) russe, qui est ensuite regazéifié dans ses installations avant d’être injecté dans le réseau gazier. Une partie de ces volumes peut ensuite être acheminée vers le Maroc via le gazoduc Maghreb-Europe, ce qui explique leur apparition dans les données relatives aux importations de gaz transporté par gazoduc du Royaume.
Le Maroc figure également parmi les importateurs de charbon russe, aux côtés de l’Égypte. Le Koweït, de son côté, apparaît parmi les pays arabes important du GNL russe.
À l’échelle mondiale, la Chine est restée en juillet le premier marché pour les exportations énergétiques russes. Elle a représenté environ 43 % des revenus générés par les exportations d’énergie russe vers les cinq principaux importateurs, avec des achats estimés à 7,7 milliards d’euros.
L’Inde arrive en deuxième position avec environ 6,4 milliards d’euros d’importations énergétiques russes. Le pétrole brut représente l’essentiel de ces achats, avec une part de 87 %, soit environ 5,5 milliards d’euros.
La Turquie occupe la troisième place, avec près de 1,8 milliard d’euros d’importations d’énergie russe. Le gaz naturel acheminé par gazoduc en constitue une composante importante, représentant environ 40 % du total, soit près de 731 millions d’euros.
Ces données illustrent la recomposition des échanges énergétiques russes depuis l’instauration des sanctions occidentales, avec un renforcement des débouchés asiatiques et régionaux ainsi que le recours à des circuits commerciaux indirects, permettant à une partie des ressources énergétiques russes de continuer à atteindre différents marchés.