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Le Maroc revient au blé russe, porté par un écart de prix plus favorable

Le Maroc a fait son retour sur le marché du blé russe, profitant de l’élargissement de l’écart de prix avec les céréales européennes et américaines. Selon les données de l’Association russe des céréales, relayées par l’agence Interfax, le Royaume a importé environ 30.000 tonnes de blé russe entre le 1er et le 10 août 2026.

Le Maroc figure ainsi parmi les marchés ayant repris leurs achats de blé russe, après avoir été absent de la liste des importateurs durant la même période de la précédente campagne agricole. L’Indonésie, le Yémen et le Venezuela font également partie des marchés ayant repris leurs importations.

La cargaison destinée au Maroc représente environ 3,7 % des exportations russes de blé au cours des dix premiers jours d’août, lesquelles ont atteint 801.500 tonnes. Sur la base d’un prix indicatif de 224 dollars la tonne au port de Novorossiysk, la valeur de la cargaison marocaine est estimée à environ 6,7 millions de dollars, hors transport, assurance et autres frais commerciaux.

Cette reprise intervient alors que le blé russe affiche une compétitivité accrue sur les marchés internationaux. L’écart de prix avec le blé européen s’est ainsi élargi à environ 38 dollars la tonne, contre seulement 5 dollars un an auparavant.

Le prix du blé russe à Novorossiysk a reculé de trois dollars en dix jours, pour s’établir à 224 dollars la tonne, après une baisse de huit dollars depuis le début de la campagne agricole en juillet. À titre de comparaison, le blé européen se situait autour de 262 dollars la tonne, tandis que le blé américain atteignait environ 270 dollars.

Malgré cet avantage tarifaire, les exportations céréalières russes connaissent un ralentissement. Entre le 1er et le 10 août, les exportations des principales céréales ont diminué de 22,2 % sur un an, à 976.400 tonnes. Les expéditions de blé ont reculé de 18,1 %, à 801.500 tonnes, tandis que celles d’orge ont chuté d’environ 30 %, à 146.500 tonnes.

Les exportations de maïs ont également fortement diminué, à 28.300 tonnes, soit un volume 2,4 fois inférieur à celui enregistré un an auparavant.

La contraction concerne également le nombre de marchés desservis. Le blé russe n’a été exporté que vers 12 pays, contre 19 durant la même période de la campagne précédente. L’Égypte reste le principal acheteur, avec 233.600 tonnes, en hausse de 4,3 % sur un an.

À l’inverse, les exportations russes de blé vers la Turquie se sont interrompues durant les premiers jours d’août, tandis que les volumes destinés au Nigeria ont diminué de 43 %, à 52.200 tonnes.

Le réseau logistique russe s’est également contracté. Seulement 11 entreprises ont participé aux exportations de blé durant la période considérée, contre 27 un an auparavant. Le nombre de ports utilisés pour l’expédition des céréales et légumineuses est, lui, passé de 29 à seulement huit.

Le port de Novorossiysk demeure toutefois le principal point de sortie, avec 775.300 tonnes de céréales, en hausse de 12 %. Le port de Tuapse a pour sa part enregistré une progression spectaculaire de 4,5 fois, à 122.700 tonnes.

Cette tendance prolonge la faiblesse observée en juillet, mois durant lequel les exportations russes de céréales et de légumineuses n’ont atteint que 2 millions de tonnes, contre 3,2 millions un an auparavant et une moyenne de 4,3 millions de tonnes sur les sept dernières années.

Pour le seul blé, les exportations russes se sont limitées à 1,8 million de tonnes en juillet, contre une moyenne de 3,4 millions de tonnes pour le même mois au cours des sept dernières années.

Selon Elena Tyurina, directrice du département analytique de l’Association russe des céréales, la persistance des tensions géopolitiques pourrait continuer à peser sur les exportations russes, malgré l’avantage compétitif offert par leurs prix.

La faiblesse de la demande extérieure se répercute également sur le marché intérieur russe. Les prix perçus par les producteurs ont diminué d’environ 2,5 % en dix jours, passant de 12.200 à 11.900 roubles la tonne. En dollars, le recul atteint environ 6,2 %, pour un prix avoisinant 144 dollars la tonne.

L’Association russe des céréales met ainsi en garde contre les effets d’une pression durable sur les prix, susceptible d’affecter la rentabilité de la production de blé et, à terme, d’inciter les agriculteurs à revoir les superficies consacrées à cette culture.

Dans le même temps, le département américain de l’Agriculture a revu à la baisse ses prévisions concernant les exportations russes de blé pour la campagne 2026-2027, désormais estimées à environ 46 millions de tonnes, illustrant les difficultés auxquelles fait face le secteur céréalier russe malgré sa forte compétitivité-prix sur les marchés internationaux.

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