Economie

Economie

Renault Tanger réduit son rythme de production sous l’effet du ralentissement de la demande européenne

L’industrie automobile marocaine évolue actuellement dans un contexte marqué par une plus grande prudence, en raison notamment du ralentissement de la demande sur le marché européen, principale destination des véhicules produits au Maroc. Malgré la progression de la production et des exportations, certains indicateurs font état d’un écart entre les capacités industrielles disponibles et leur niveau réel d’utilisation, notamment dans les usines implantées à Tanger.

Cette situation concerne particulièrement l’usine de Renault à Melloussa, près de Tanger, qui continue de fonctionner en dessous de sa capacité maximale, selon les données du centre GMK, spécialisé dans l’analyse des marchés de l’acier. Cette situation intervient alors même que le groupe Renault a enregistré une hausse de sa production au Maroc au cours du premier semestre 2026.

Selon GMK, cette évolution s’explique notamment par la faiblesse persistante de la demande automobile en Europe. Les marchés européens absorbent en effet une part importante des véhicules produits au Maroc, ce qui rend l’activité industrielle nationale particulièrement sensible à l’évolution de la conjoncture et de la consommation sur le Vieux Continent.

Le site de Renault à Melloussa constitue l’un des principaux piliers de l’industrie automobile marocaine. Il figure parmi les grandes unités de production du groupe en Afrique et s’appuie sur un vaste réseau de fournisseurs et de sous-traitants spécialisés dans la fabrication de pièces et de composants automobiles, particulièrement dans le nord du Royaume.

Malgré une progression de 13,7 % de la production des usines Renault de Tanger et Casablanca au premier semestre 2026, par rapport à la même période de l’année précédente, le taux d’utilisation des lignes d’assemblage reste inférieur aux capacités disponibles, selon le rapport de GMK.

Les répercussions de cette situation ne concernent pas uniquement l’industrie automobile. Elles s’étendent également aux marchés des matières premières, notamment celui de l’acier plat, largement utilisé dans la fabrication des carrosseries et de nombreux composants automobiles. Les tôles laminées et l’acier galvanisé représentent ainsi une part importante des besoins de l’industrie automobile.

Une utilisation moindre des capacités de production des constructeurs se traduit mécaniquement par une demande plus faible en acier destiné au secteur automobile, par rapport au niveau qui pourrait être atteint en cas de fonctionnement à pleine capacité.

Les deux usines Renault de Tanger et Casablanca disposent d’une capacité de production cumulée estimée à environ 440.000 véhicules par an, confirmant le poids stratégique du groupe dans l’écosystème automobile marocain et son rôle dans l’animation d’un important réseau de fournisseurs et de sous-traitants locaux.

La forte orientation du secteur vers l’exportation accroît par ailleurs sa sensibilité aux évolutions internationales. Près de 90 % de la production automobile marocaine est destinée aux marchés étrangers, notamment la France, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie.

Dans ce contexte, le centre GMK estime que la faiblesse persistante de l’activité économique européenne pourrait continuer à peser, à court terme, sur les taux d’utilisation des usines automobiles marocaines. Cette situation pourrait également limiter la progression de la demande en acier plat destiné à l’industrie automobile.

Malgré ces pressions, les échanges extérieurs du secteur continuent d’afficher une dynamique positive. Les exportations marocaines d’automobiles et de composants ont progressé de 15,9 % au cours des cinq premiers mois de 2026, atteignant environ 8,2 milliards de dollars. Les exportations de véhicules finis ont, pour leur part, augmenté de 20,7 %.

L’industrie automobile marocaine bénéficie également d’une base industrielle en expansion, avec plus de 250 entreprises actives dans la fabrication de composants et la sous-traitance. Le taux d’intégration locale se situe, quant à lui, entre 65 % et 69 %, renforçant le rôle du secteur dans la création de valeur et la stimulation de la demande industrielle au Maroc.

L’acier plat occupe lui aussi une place importante dans la consommation nationale d’acier, représentant entre 30 % et 35 % de la consommation totale, tandis que le secteur de la construction demeure le principal débouché pour ces produits.

Ainsi, malgré la croissance continue des exportations automobiles, l’évolution des niveaux de production reste étroitement liée à la situation du marché européen. La reprise de la demande automobile en Europe et l’amélioration des taux d’utilisation des capacités industrielles constitueront donc des facteurs déterminants pour l’évolution de l’industrie automobile marocaine et, par ricochet, pour la demande en acier destinée à ce secteur.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

cinq × 4 =