Economie

Economie

Attijariwafa bank étend son empreinte à l’Afrique anglophone

Le groupe bancaire marocain va reprendre 55,22 % de Société Générale Ghana. Une opération qui élargit son dispositif panafricain et lui ouvre une nouvelle plateforme sur l’un des principaux marchés anglophones d’Afrique de l’Ouest.

Attijariwafa bank poursuit l’extension de son réseau africain. Le groupe marocain a annoncé la signature d’un accord avec Société Générale en vue de l’acquisition de 55,22 % du capital de Société Générale Ghana. Le groupe français cédera au total 60,22 % de sa participation : 55,22 % à Attijariwafa bank et 5 % au Social Security and National Insurance Trust (SSNIT), institution ghanéenne.

La transaction reste soumise aux autorisations réglementaires et boursières requises au Maroc et au Ghana. Une fois ces conditions réunies, Attijariwafa bank deviendra l’actionnaire majoritaire de Société Générale Ghana.

Une plateforme déjà installée

L’intérêt de l’opération tient notamment à la possibilité pour le groupe marocain de s’appuyer sur une banque déjà implantée dans l’économie ghanéenne. Société Générale Ghana dispose de plus de 500 collaborateurs et d’un réseau de 40 points de service répartis dans 24 villes.

À fin 2025, l’établissement affichait un produit net bancaire de 1,356 milliard de cedis ghanéens et un résultat net de 397 millions de cedis. Son total bilan atteignait 9,7 milliards de cedis, pour 2,6 milliards de fonds propres.

Pour Attijariwafa bank, l’opération ne relève donc pas d’une logique de création de réseau à partir de zéro. Le groupe récupère une infrastructure commerciale existante, qu’il devra désormais intégrer à son modèle de banque panafricaine.

Un nouveau marché dans le périmètre

Le Ghana apporte surtout une nouvelle dimension géographique au dispositif d’Attijariwafa bank. Le groupe est déjà présent dans plusieurs économies africaines, principalement dans des marchés francophones. L’implantation ghanéenne lui permet de renforcer sa présence dans l’espace anglophone d’Afrique de l’Ouest.

L’enjeu est également commercial. Une banque disposant d’un réseau dans plusieurs pays peut accompagner les entreprises qui développent leurs activités au-delà de leur marché domestique, en facilitant les opérations de financement, de commerce extérieur, de trésorerie et d’investissement.

Pour un groupe marocain dont le modèle repose largement sur son maillage africain, le Ghana constitue ainsi une nouvelle plateforme au sein d’un dispositif régional plus large.

Société Générale poursuit son recentrage

Pour Société Générale, cette cession s’inscrit dans la réorganisation de son portefeuille africain. Le groupe français a engagé ces dernières années plusieurs opérations de désengagement de certaines filiales du continent.

Le mouvement dessine deux trajectoires différentes. Société Générale cherche à rationaliser son périmètre géographique, tandis qu’Attijariwafa bank continue de renforcer le sien par des acquisitions et le développement de ses implantations existantes.

La transaction ghanéenne illustre ainsi une recomposition progressive du paysage bancaire africain : les grands groupes internationaux arbitrent leurs participations, tandis que les banques panafricaines cherchent à densifier leurs réseaux et à capter de nouveaux flux économiques.

Le pari de l’Afrique anglophone

L’opération donnera surtout à Attijariwafa bank une implantation directe dans un marché anglophone stratégique. Le groupe devra désormais réussir l’intégration de la banque ghanéenne, de ses équipes et de ses systèmes, tout en poursuivant le développement de sa clientèle et de ses activités.

La présence du SSNIT au capital, à hauteur de 5 %, ajoute par ailleurs un partenaire institutionnel local à la nouvelle configuration actionnariale.

Sous réserve des autorisations nécessaires, Attijariwafa bank disposera donc d’un nouvel actif bancaire au Ghana et d’un point d’appui supplémentaire en Afrique de l’Ouest. Une opération qui élargit moins le simple périmètre géographique du groupe qu’elle ne renforce la logique d’un réseau bancaire marocain désormais déployé sur plusieurs espaces économiques du continent.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

1 × trois =