
Le Groupe Maroc Soir, éditeur notamment du Matin et d’Assahra Al Maghribia, s’apprête à changer de propriétaire. Mohamed Hassan Bensalah a conclu un accord en vue de l’acquisition du groupe. Une opération qui, au-delà du changement d’actionnariat, ouvre une nouvelle séquence pour l’un des noms historiques de la presse marocaine.
Le deal n’est pas encore définitivement bouclé. Sa réalisation demeure soumise à l’obtention des autorisations réglementaires requises. Aucun montant ni détail de la structure financière de la transaction n’a, à ce stade, été communiqué. Mais le message envoyé par le futur acquéreur est déjà clair : Maroc Soir doit engager une nouvelle phase de développement, à la croisée de l’éditorial, du digital et de la stratégie.
L’enjeu dépasse donc la simple transmission d’un groupe de presse. Il touche à la transformation d’un modèle économique qui, comme l’ensemble de l’industrie des médias, doit composer avec l’accélération des usages numériques, la fragmentation des audiences et l’apparition continue de nouveaux formats. Le communiqué annonçant l’opération insiste précisément sur ces mutations et sur la nécessité d’y adapter le groupe.
Repenser le modèle sans effacer la marque
C’est probablement là que se situe le principal défi. Maroc Soir dispose d’actifs éditoriaux construits sur plusieurs décennies, avec des marques installées dans le paysage médiatique national. Le projet annoncé entend préserver cette identité tout en donnant au groupe les moyens d’accélérer son développement, d’élargir son rayonnement et de renforcer sa capacité d’innovation.
Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de faire davantage de numérique. Il s’agit de repenser la manière de produire, de distribuer et de valoriser l’information. La presse écrite conserve une valeur de marque et de référence, mais elle doit désormais fonctionner au sein d’un écosystème où le site d’information, la vidéo, les réseaux sociaux, les newsletters, les formats mobiles et les nouveaux usages de consommation de l’information sont devenus indissociables.
Cette évolution pose aussi la question des revenus. Dans un marché où l’audience numérique ne garantit pas mécaniquement la rentabilité, la consolidation d’un portefeuille de marques, la diversification des formats et la capacité à proposer des contenus différenciés deviennent des enjeux économiques autant qu’éditoriaux.
Un actif médiatique dans un groupe diversifié
L’arrivée de Mohamed Hassan Bensalah donne à cette opération une dimension particulière. À la tête de Holmarcom, il conduit depuis plusieurs années une stratégie de transformation et de diversification du groupe familial. L’acquisition annoncée de Maroc Soir intervient ainsi dans un environnement où les frontières traditionnelles entre secteurs, contenus, marques et plateformes évoluent rapidement.
Le projet présenté pour Maroc Soir prévoit d’ailleurs d’ouvrir de nouvelles perspectives aussi bien au Maroc qu’à l’international. Il vise également à renforcer la capacité du groupe à accompagner les transformations économiques, sociales, culturelles et institutionnelles du Royaume.
Une nouvelle étape dans l’histoire de Maroc Soir
L’opération met fin à une longue période de détention par Othman Al Omeir, qui avait repris le groupe au début des années 2000. À l’occasion de l’annonce, Mohamed Hassan Bensalah a salué le travail réalisé par l’homme d’affaires saoudien ainsi que par les équipes de Maroc Soir.
La prochaine étape sera donc moins celle du changement de propriétaire que celle de l’exécution. Transformer un groupe historique sans diluer ses marques, accélérer dans le digital sans abandonner la valeur de l’éditorial, élargir les audiences tout en maintenant les exigences professionnelles : c’est sur cette équation que se jouera la nouvelle séquence de Maroc Soir.
Le futur propriétaire affiche à ce titre une ligne de continuité : rigueur, professionnalisme, qualité de l’information, indépendance du traitement éditorial et responsabilité. Reste désormais à traduire ces principes dans un modèle médiatique capable de répondre aux usages de la prochaine décennie.





















