
À l’occasion de la Journée internationale des micro, petites et moyennes entreprises, célébrée le 27 juin, la Confédération marocaine des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) tire la sonnette d’alarme. S’appuyant sur une étude nationale inédite, elle dresse un constat préoccupant sur la situation des très petites entreprises et appelle à un vaste chantier de réformes pour préserver un secteur considéré comme le pilier de l’économie marocaine.
Les très petites entreprises, colonne vertébrale de l’économie marocaine
Les très petites entreprises (TPE) représentent près de 98 % des entreprises formelles au Maroc et assurent plus de la moitié des emplois déclarés dans le secteur privé. Malgré leur poids économique, elles continuent de faire face à de nombreux obstacles qui fragilisent leur développement et compromettent leur pérennité.
À l’occasion de la Journée internationale des MPME, la Confédération marocaine des TPME appelle les pouvoirs publics à placer cette catégorie d’entreprises au cœur des politiques économiques afin de soutenir la croissance, l’emploi et l’investissement.
Une étude révèle une situation particulièrement préoccupante
La première étude nationale réalisée par la Confédération en 2026, intitulée « Le moteur en panne : les 12 vérités sur les très petites entreprises marocaines », met en évidence une dégradation rapide du tissu entrepreneurial.
Selon ce rapport, près de 150.000 entreprises ont disparu entre 2022 et 2025, dont 99 % étaient des très petites entreprises. Le nombre de faillites a progressé de 108 % sur cette période.
Plus alarmant encore, une très petite entreprise cesse son activité toutes les dix minutes au Maroc. Seules 30 % parviennent à dépasser cinq années d’existence, tandis que moins de 5 % ont accès au financement bancaire.
Financement, fiscalité et digitalisation : les principaux freins
L’étude identifie plusieurs facteurs expliquant cette situation, notamment les difficultés d’accès au crédit, les retards de paiement, la pression fiscale et la faible participation des TPE aux marchés publics.
La transition numérique constitue également un défi majeur. D’après la Confédération, 80 % des très petites entreprises ne disposent ni d’un site internet ni d’une présence numérique, limitant leur compétitivité et leur capacité à saisir les opportunités offertes par l’économie digitale.
Le rapport pointe également la concurrence du secteur informel, estimé à plus de deux millions d’unités de production, ainsi que le manque de dispositifs d’accompagnement, de formation et de représentation adaptés aux besoins des très petites entreprises.
Un plan de réforme autour de 25 mesures
Face à cette situation, la Confédération propose un plan de réforme structuré autour de 25 mesures, réparties sur sept axes stratégiques.
Parmi les principales recommandations figurent la création d’une banque publique dédiée aux très petites entreprises, le respect du quota légal des marchés publics qui leur est réservé, une réforme du système fiscal ainsi qu’un renforcement de leur représentation au sein des instances nationales.
Le plan prévoit également la mise en œuvre d’un programme national consacré à la digitalisation et à l’intelligence artificielle, la structuration progressive du secteur informel, la création d’une agence nationale dédiée aux TPE ainsi qu’un observatoire chargé de suivre leurs performances économiques.
Une feuille de route à l’horizon 2035
Dans le cadre du Nouveau Modèle de Développement, la Confédération propose une stratégie couvrant la période 2027-2035.
Cette feuille de route vise notamment à doubler la contribution des très petites entreprises à la création d’emplois, à porter leur part dans les crédits bancaires à plus de 30 %, à garantir leur accès effectif à 20 % des marchés publics et à intégrer un million d’unités du secteur informel dans l’économie formelle d’ici 2035.
Pour la Confédération, soutenir les très petites entreprises constitue un investissement stratégique pour renforcer la résilience de l’économie nationale et stimuler une croissance plus inclusive.
Les premières Assises nationales reportées au mois de novembre
La Confédération a également annoncé le report des premières Assises nationales des très petites entreprises, initialement prévues les 27 et 28 juin.
L’événement se tiendra finalement le 25 novembre 2026 à Casablanca. À cette occasion, la Confédération prévoit de présenter le Livre blanc ainsi que la Charte des très petites entreprises au futur gouvernement issu des prochaines élections, avec l’objectif d’engager des réformes structurelles répondant aux attentes des TPE, qui constituent l’écrasante majorité du tissu entrepreneurial marocain.





















