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Exportations des fruits rouges : le Maroc marque le pas après plusieurs années de croissance

Le secteur marocain des fruits rouges connaît un ralentissement notable au terme de la campagne 2025-2026. Après plusieurs années de progression continue, les exportations affichent un recul sous l’effet de conditions climatiques défavorables, d’une concurrence internationale plus intense et de difficultés structurelles qui pèsent sur la filière.

Les exportations reculent de 5 %

Selon les dernières données publiées par la plateforme spécialisée FreshPlaza, les exportations marocaines de fruits rouges frais et transformés ont atteint 215.924 tonnes à fin mai 2026, contre 226.964 tonnes lors de la campagne précédente, soit une baisse de 5 %.

Cette diminution s’explique par plusieurs facteurs. Les inondations survenues en début de saison dans les principales zones de production du nord du Royaume ont fortement perturbé les récoltes. À cela s’ajoutent une concurrence mondiale de plus en plus forte, notamment avec la montée en puissance des exportations chinoises de myrtilles, ainsi qu’une pénurie persistante de main-d’œuvre saisonnière.

La myrtille résiste, la fraise s’effondre

Les exportations de fruits rouges frais ont totalisé 162.540 tonnes, en baisse de 4 % sur un an.

La myrtille demeure le produit le plus dynamique de la filière, avec une progression de 6 % des exportations, qui atteignent 89.236 tonnes.

En revanche, les framboises enregistrent une baisse de 7 %, avec 59.149 tonnes exportées.

La fraise fraîche est la culture la plus touchée cette saison. Ses exportations chutent de 49 %, à seulement 8.906 tonnes, conséquence directe des difficultés de production et des contraintes logistiques rencontrées par les producteurs.

Les produits surgelés également en recul

Le segment des fruits rouges surgelés affiche lui aussi une baisse globale de 8 %.

Les exportations de myrtilles surgelées diminuent de 17 %, tandis que celles des fraises surgelées reculent de 16 %. À l’inverse, les framboises surgelées enregistrent une progression de 19 %, confirmant une demande plus soutenue sur certains marchés.

Une filière confrontée à plusieurs défis

Les professionnels estiment que les résultats auraient pu être plus défavorables sans l’extension des superficies cultivées, qui a permis de limiter l’impact des aléas climatiques sur les volumes produits.

Ils alertent également sur la pression exercée par la concurrence internationale, notamment avec l’arrivée de volumes importants de myrtilles chinoises sur les marchés mondiaux, ce qui contribue à faire baisser les prix et réduit les marges des exportateurs marocains.

Autre défi majeur : la pénurie de travailleurs saisonniers. Faute de main-d’œuvre suffisante, plusieurs exploitations ont été contraintes de réduire leurs récoltes ou d’y mettre fin prématurément, limitant ainsi les quantités disponibles pour l’export.

Miser sur la qualité pour préserver la compétitivité

Face à cette nouvelle réalité, les opérateurs de la filière orientent désormais leurs investissements vers la montée en gamme de la production. L’amélioration de la qualité, le développement de la valeur ajoutée, le renforcement des chaînes du froid et l’optimisation des calendriers de commercialisation figurent parmi les principaux leviers envisagés pour maintenir la compétitivité des fruits rouges marocains sur des marchés internationaux toujours plus exigeants.

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