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Le Maroc étudie un accord de libre-échange avec la Chine malgré les inquiétudes liées au déficit commercial

Le Maroc examine actuellement une proposition chinoise visant à conclure un accord de libre-échange entre les deux pays. Si cette initiative pourrait ouvrir de nouvelles perspectives aux exportateurs marocains et renforcer l’accès au vaste marché chinois, elle soulève également des interrogations quant à son impact sur le déficit commercial déjà largement favorable à Pékin.

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a indiqué que le projet était encore à l’étude. Selon lui, aucune négociation officielle n’a été engagée à ce stade, les autorités marocaines poursuivant leur évaluation des retombées économiques potentielles d’un tel accord.

Diversifier les débouchés des exportations marocaines

Pour le Royaume, un accord de libre-échange avec la Chine représenterait une opportunité stratégique de diversifier ses marchés d’exportation et de réduire sa dépendance à l’égard de l’Europe, principal partenaire commercial du pays.

Les secteurs industriels marocains, notamment l’automobile, l’aéronautique et les industries liées aux batteries, pourraient bénéficier d’un accès élargi au marché chinois, l’un des plus importants au monde.

Toutefois, les autorités marocaines insistent sur la nécessité de mener des consultations approfondies avec les opérateurs économiques et d’évaluer la compatibilité de ce futur accord avec les engagements commerciaux déjà conclus par le Royaume.

Une relation économique en pleine expansion

Au cours des dernières années, les échanges commerciaux entre le Maroc et la Chine ont connu une croissance soutenue. Selon les chiffres communiqués par les autorités chinoises, le volume des échanges bilatéraux a dépassé les 10 milliards de dollars en 2025, atteignant un niveau historique.

La Chine s’est ainsi imposée comme le premier partenaire asiatique du Maroc. En 2024, les échanges commerciaux entre les deux pays ont progressé de 18,4 %, atteignant près de 94 milliards de dirhams, soit leur treizième année consécutive de croissance.

Un déficit commercial qui alimente le débat

Malgré cette dynamique positive, les échanges restent fortement déséquilibrés en faveur de la Chine. Le déficit commercial du Maroc vis-à-vis de Pékin a atteint 86,3 milliards de dirhams en 2024, contre 72,5 milliards de dirhams l’année précédente.

Cette situation s’explique principalement par la forte progression des importations chinoises, tandis que les exportations marocaines vers la Chine demeurent relativement limitées.

Dans ce contexte, plusieurs observateurs estiment qu’un accord de libre-échange devra intégrer des mécanismes capables de soutenir les exportations marocaines afin d’éviter un creusement supplémentaire du déficit commercial.

Les investissements chinois renforcent leur présence au Maroc

Parallèlement à l’essor des échanges commerciaux, les investissements chinois continuent de gagner du terrain au Maroc, notamment dans les secteurs liés à la transition énergétique, à l’industrie automobile et à la fabrication de batteries.

Des entreprises chinoises participent à plusieurs projets stratégiques, parmi lesquels la cité industrielle Mohammed VI Tanger Tech, le développement d’infrastructures ferroviaires à grande vitesse ainsi que des projets dans les énergies renouvelables.

Face aux préoccupations exprimées par certains partenaires européens, Ryad Mezzour a réaffirmé la politique d’ouverture du Maroc envers les investisseurs étrangers, indépendamment de leur pays d’origine.

Une stratégie de diversification des partenariats économiques

Cette réflexion autour d’un accord avec la Chine s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats commerciaux du Royaume.

Le ministre a également révélé que le Maroc étudiait la possibilité de conclure un accord de libre-échange avec le Chili, une initiative qui pourrait faciliter l’accès des produits marocains aux marchés sud-américains, notamment ceux du bloc Mercosur.

Entre opportunités de croissance et nécessité de préserver l’équilibre commercial

Pour le Maroc, l’enjeu consiste désormais à trouver le juste équilibre entre l’ouverture à de nouveaux marchés porteurs et la protection de son tissu productif national.

Si un accord avec la Chine pourrait offrir des débouchés importants aux entreprises marocaines, il devra également répondre aux préoccupations liées à la compétitivité des industries locales et à la réduction des déséquilibres commerciaux.

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