
La région du détroit de Gibraltar connaît une profonde mutation logistique et économique qui redessine les équilibres du transport maritime entre l’Europe et l’Afrique du Nord. Selon le quotidien espagnol La Razón, les infrastructures modernes et les grands hubs portuaires sont désormais les principaux facteurs de compétitivité, une dynamique qui profite de plus en plus aux ports marocains.
Le journal souligne que la concurrence ne repose plus uniquement sur la position géographique ou l’histoire maritime des ports, mais également sur l’ampleur des investissements réalisés, la qualité des services logistiques et la capacité à attirer les grandes compagnies de transport maritime.
Dans ce contexte, le port d’Algésiras, longtemps considéré comme l’un des principaux hubs de la Méditerranée occidentale, fait face à la montée en puissance de Tanger Med, qui s’est imposé comme l’un des ports les plus performants du commerce maritime international.
La Razón relève également que plusieurs ports espagnols accueillent désormais des investissements chinois, tandis que Pékin renforce progressivement sa présence stratégique de part et d’autre du détroit. Le quotidien estime que la réaction de l’Espagne demeure plus lente face à cette évolution rapide du paysage logistique.
Selon les chiffres cités par le journal, Tanger Med concentre aujourd’hui plus de 47 % du trafic de conteneurs dans les ports situés autour du détroit de Gibraltar. À titre de comparaison, Algésiras contrôlait près de 70 % de ce trafic au milieu des années 1990, illustrant le profond changement intervenu au cours des dernières décennies.
En 2024, Tanger Med a traité près de 10,2 millions de conteneurs, soit plus du double du volume enregistré par le port d’Algésiras. Cette performance lui permet de conserver sa place de premier port d’Afrique, tandis qu’Algésiras occupe désormais le sixième rang européen, derrière plusieurs grands ports du continent, dont Bremerhaven en Allemagne.
Le quotidien espagnol estime par ailleurs que la concurrence devrait encore s’intensifier avec la mise en service progressive du port Nador West Med, attendue entre 2026 et 2027, un projet susceptible de renforcer davantage le rôle du Maroc dans les échanges maritimes en Méditerranée.
Enfin, La Razón souligne que les nouvelles réglementations environnementales de l’Union européenne, notamment le système de tarification des émissions de carbone appliqué depuis 2024, augmentent les coûts d’exploitation des navires dans les ports européens. En l’absence de mesures similaires dans les ports marocains, ces derniers bénéficient d’un avantage compétitif qui contribue à attirer une part croissante du trafic maritime international.





















