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Le Maroc lance une nouvelle plateforme numérique pour moderniser le contrôle des établissements et entreprises publics

Le Maroc poursuit la modernisation de la gouvernance de son secteur public avec le lancement imminent d’une nouvelle plateforme numérique destinée à renforcer le contrôle financier des établissements et entreprises publics. Ce projet stratégique, porté par la Direction des entreprises publiques et de la privatisation (DEPP), relevant du ministère de l’Économie et des Finances, s’inscrit dans la mise en œuvre de la loi-cadre n° 50.21 relative à la réforme des entreprises publiques.

Cette nouvelle plateforme vise à digitaliser les procédures de contrôle, de gestion des engagements de dépenses et des paiements, tout en améliorant la transparence, la traçabilité et l’efficacité des opérations financières. Elle accompagnera également le renforcement du rôle de l’État en tant qu’actionnaire des établissements publics.

À fin septembre 2025, le portefeuille public marocain comptait 267 établissements et entreprises publics, dont 217 établissements publics et 50 sociétés anonymes dans lesquelles le Trésor détient une participation directe.

Le projet repose sur l’évolution de la plateforme AD@E, déployée depuis 2022 pour le suivi de la régularité des opérations de paiement. Cette nouvelle version intégrera un module dédié au contrôle des établissements et entreprises publics ainsi qu’un système d’information destiné aux organismes ne disposant pas de solutions informatiques de gestion.

La plateforme permettra de suivre l’ensemble du processus de traitement des dossiers d’engagement de dépenses, notamment les marchés publics, les bons de commande, les contrats et les conventions, depuis leur dépôt jusqu’à leur validation ou leur rejet. Elle offrira également des outils numériques pour les missions des commissaires du gouvernement et le suivi de la mise en œuvre des recommandations issues des opérations de contrôle.

Le déploiement du projet s’effectuera en trois phases. La première concernera la définition des spécifications fonctionnelles et techniques, la conception des interfaces et l’intégration d’une signature électronique qualifiée de niveau 3, conformément à la loi n° 43.20 relative aux services de confiance pour les transactions électroniques. La deuxième phase sera consacrée au développement, aux tests et à la mise en production du système, tandis que la troisième portera sur la formation des utilisateurs et le transfert des compétences techniques.

La future plateforme sera également interconnectée avec plusieurs institutions publiques, notamment la Direction du Budget via la plateforme e-budget, la Trésorerie Générale du Royaume et la Cour des comptes. Cette interconnexion favorisera l’échange sécurisé des données, renforcera la coordination entre les différents acteurs du contrôle financier et contribuera à une gestion plus transparente et plus performante des finances publiques.

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