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Maroc : vers un référentiel national pour mesurer la maturité digitale des administrations publiques

La ministre de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a annoncé, mercredi à la Chambre des représentants, le lancement prochain d’un référentiel unique destiné à mesurer la maturité digitale des administrations publiques marocaines.

Ce dispositif vise à doter l’administration d’un outil d’évaluation régulier permettant de suivre la performance numérique des services publics et d’accompagner leur transformation vers des modèles plus efficaces et digitalisés.

Une plateforme d’évaluation et d’auto-diagnostic

Selon la ministre, ce référentiel s’appuiera sur une plateforme numérique dédiée, permettant aux administrations de réaliser une auto-évaluation périodique de leur niveau de digitalisation.

L’objectif est multiple : améliorer la performance administrative, identifier les besoins d’accompagnement des structures les moins avancées, et harmoniser les standards nationaux avec les normes internationales en matière de transformation numérique.

Dans le même cadre, un second dispositif d’évaluation du niveau de maturité des registres de données administratives est en cours de déploiement. Il vise à renforcer le partage sécurisé des données entre administrations, simplifier les procédures et améliorer la gouvernance de l’information publique.

Plus de 600 services publics déjà digitalisés

La ministre a présenté un bilan du développement des services numériques publics, soulignant le renforcement des plateformes nationales, notamment le portail « Idarati » dédié aux procédures administratives et le référentiel national des services publics numériques.

Ce référentiel recense aujourd’hui plus de 600 services en ligne, dont une centaine destinés aux administrations elles-mêmes. Il inclut également la plateforme « Mon identité numérique », qui vise à sécuriser et simplifier l’accès aux services publics digitaux.

Par ailleurs, la plateforme « emploi.ma », modernisée en 2025, a renforcé les principes de transparence et d’égalité dans l’accès à la fonction publique. Entre 2019 et 2025, elle a enregistré plus de 833.000 candidatures en ligne, couvrant 115 administrations et 1.348 concours.

Simplification des procédures et gains de temps significatifs

Dans le cadre de la réforme administrative, le ministère a adopté la méthodologie dite du « parcours de l’usager », qui a permis de réduire le nombre d’étapes, de documents exigés et de déplacements nécessaires pour les citoyens.

Cette approche a également contribué à réduire les délais de traitement et les coûts administratifs. La stratégie « Maroc numérique 2030 » vise ainsi un taux de simplification de 40 %, une réduction de 50 % des délais, et une satisfaction des usagers estimée à 80 %.

La ministre a également cité des résultats concrets, comme la réduction du délai d’inscription au baccalauréat libre, passé de deux jours à moins de 20 minutes grâce à la suppression de plusieurs documents et démarches administratives.

Vers un cadre juridique renforcé de l’administration numérique

Sur le plan juridique, le ministère travaille à la mise en place d’un cadre réglementaire renforçant l’administration numérique. Celui-ci permettra la généralisation des documents et procédures électroniques, ainsi que l’échange sécurisé de données entre administrations.

Deux projets de décret sont en préparation : l’un portant sur la généralisation de l’identité numérique nationale, et l’autre sur l’ouverture et la gouvernance des données publiques.

Une réforme alignée sur les recommandations de l’Institution du Médiateur

Cette réforme s’inscrit également dans le cadre de l’examen des recommandations du rapport annuel 2024 de l’Institution du Médiateur du Royaume, qui appelle à accélérer la digitalisation de l’administration afin de réduire les contacts directs, limiter les risques de corruption et améliorer la qualité des services publics.

Le rapport recommande également de réduire les délais de traitement des plaintes, de renforcer la continuité du service public et de garantir un meilleur accès aux services administratifs, notamment pour les catégories vulnérables.

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