
Le Maroc accélère la mobilisation des financements internationaux pour le gazoduc Afrique-Atlantique de 26 milliards de dollars
Le Maroc poursuit ses démarches pour mobiliser les financements nécessaires à la réalisation du Gazoduc Afrique-Atlantique (AAGP), l’un des plus importants projets énergétiques du continent africain. Cette infrastructure stratégique vise à renforcer la sécurité énergétique régionale et à créer un nouveau corridor d’exportation du gaz africain vers les marchés européens.
Selon Bloomberg, le Royaume mène actuellement des discussions avec plusieurs institutions financières internationales, notamment l’Export-Import Bank of the United States (EXIM Bank) et la Banque mondiale, afin de réunir les ressources nécessaires au financement de ce projet, dont le coût est estimé à 26 milliards de dollars.
Le projet a gagné en importance stratégique dans un contexte marqué par les évolutions du marché mondial de l’énergie et les tensions sur les approvisionnements en gaz. Il est considéré comme une alternative susceptible de contribuer à la diversification des sources d’approvisionnement de l’Europe tout en renforçant les liens énergétiques entre l’Afrique et le continent européen.
Le gazoduc s’étendra sur environ 6 800 kilomètres, reliant les gisements gaziers du Nigeria au Maroc en traversant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Il sera ensuite connecté au gazoduc Maghreb-Europe, permettant l’acheminement du gaz naturel vers les marchés européens via les infrastructures existantes.
Le projet bénéficie d’un soutien politique et régional croissant. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a déjà approuvé l’accord intergouvernemental encadrant sa mise en œuvre, confirmant l’engagement des pays concernés à faire avancer ce chantier stratégique.
Au-delà de son rôle dans l’approvisionnement de l’Europe, le gazoduc ambitionne de renforcer l’intégration économique des pays d’Afrique de l’Ouest, d’améliorer l’accès au gaz naturel dans les États traversés et de soutenir la sécurité énergétique à l’échelle régionale et internationale.
D’après les données de l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), le gazoduc devrait disposer d’une capacité de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz par an. Une partie de cette capacité sera destinée à répondre à la demande nationale marocaine, tandis que le reste sera exporté vers l’Europe.
Malgré les avancées enregistrées sur les plans politique et diplomatique, le lancement effectif du projet reste conditionné à la finalisation du montage financier ainsi qu’à la résolution des défis techniques et logistiques liés à la traversée de plusieurs pays. Le projet devra également s’adapter aux évolutions du secteur énergétique mondial, marqué par l’accélération des investissements dans les énergies à faible émission de carbone.
Selon le calendrier actuel, les travaux de construction devraient débuter en 2028, pour une mise en service et les premières livraisons de gaz envisagées à l’horizon 2031, sous réserve de la finalisation des financements et des procédures nécessaires.





















