
Le Maroc a renforcé ses achats de blé en provenance de Russie en septembre 2026, malgré le net recul des exportations céréalières russes sur la même période. Selon les données préliminaires de l’Union céréalière russe (RZS), les livraisons destinées au marché marocain ont atteint environ 58 000 tonnes, soit une progression de 60 % sur un an.
Cette évolution contraste fortement avec la tendance générale des exportations russes. En septembre, la Russie n’a expédié que 1,36 million de tonnes de blé vers les marchés étrangers, contre 5,4 millions de tonnes un an auparavant. Les volumes exportés ont ainsi été divisés par quatre en l’espace d’un an, tandis que le nombre de pays destinataires est passé de 37 à seulement 12.
Le Maroc parmi les rares marchés en progression
Avec environ 58 000 tonnes, le Maroc a représenté près de 4,3 % des exportations russes de blé enregistrées en septembre. Le Royaume figure ainsi parmi les rares destinations où les volumes russes ont progressé malgré le ralentissement généralisé des expéditions.
Plusieurs grands marchés traditionnels ont au contraire enregistré de fortes baisses. Les livraisons russes vers l’Égypte se sont établies à 216 600 tonnes, tandis que celles destinées à l’Arabie saoudite ont atteint 131 000 tonnes et celles vers la Libye 97 700 tonnes.
La baisse est encore plus marquée pour la Turquie. Alors que ce marché avait reçu environ 843 700 tonnes de blé russe en septembre 2025, les volumes sont tombés à seulement 36 700 tonnes un an plus tard.
Les routes baltiques gagnent en importance
La progression des expéditions vers le Maroc intervient également dans un contexte de recomposition des itinéraires utilisés pour acheminer les céréales russes.
Dès les dix premiers jours de septembre, quelque 30 000 tonnes de blé avaient été chargées à destination du Maroc. Aucun volume n’avait été enregistré vers le Royaume durant la période comparable de 2025.
Une partie des cargaisons marocaines a notamment transité par Vyssotsk, port russe situé sur la mer Baltique. Les volumes céréaliers traités par cette infrastructure ont été multipliés par 9,5 sur un an, illustrant le déplacement progressif d’une partie des flux vers les ports de la façade baltique.
Cette évolution intervient alors que les contraintes pesant sur les itinéraires du bassin Azov-mer Noire réduisent la capacité des routes traditionnellement privilégiées pour les exportations céréalières russes.
Une hausse qui doit être replacée dans le contexte marocain
La progression des importations marocaines de blé russe en septembre ne signifie toutefois pas nécessairement que la demande globale du Royaume augmentera sur l’ensemble de la campagne.
Selon les estimations de l’Union céréalière russe, les importations marocaines totales de blé pourraient diminuer d’environ 3 millions de tonnes cette saison. Cette perspective serait liée à l’amélioration attendue de la production nationale, estimée par les analystes russes à 7,5 millions de tonnes, contre seulement 3,5 millions lors de la campagne précédente.
Le marché marocain pourrait donc avoir besoin de moins de blé importé cette saison, même si certaines origines peuvent continuer à gagner du terrain sur les volumes restant à couvrir.
Une concurrence accrue entre les fournisseurs
Dans ce contexte, la hausse des achats de blé russe en septembre apparaît davantage comme un indicateur de la concurrence entre origines que comme le signe d’une progression durable des importations marocaines.
L’amélioration de la récolte nationale pourrait réduire le besoin global du Royaume, obligeant les fournisseurs étrangers à se disputer une demande potentiellement plus limitée. La Russie semble néanmoins avoir conservé une place sur le marché marocain en septembre, alors même que ses exportations mondiales de blé connaissaient un recul particulièrement marqué.
L’évolution des prochains mois permettra de déterminer si cette progression constitue un mouvement ponctuel ou si elle traduit un renforcement plus durable de la présence du blé russe sur le marché marocain.





















