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LG Energy Solution relance son projet d’usine de lithium au Maroc avec un soutien financier sud-coréen

 

Le géant sud-coréen LG Energy Solution a confirmé avoir demandé au gouvernement de Séoul un soutien financier d’environ 68 millions de dollars afin d’accélérer la réalisation de son projet de raffinerie d’hydroxyde de lithium au Maroc.

Cette demande marque une nouvelle étape dans la stratégie du groupe, qui souhaite faire du Royaume un hub industriel régional pour l’approvisionnement en matériaux indispensables à la fabrication des batteries destinées aux véhicules électriques de nouvelle génération.

Après plusieurs mois de ralentissement liés au tassement du marché mondial des véhicules électriques, le projet pourrait ainsi retrouver une nouvelle dynamique.

Un financement public en cours d’examen

Selon des sources du secteur, LG Energy Solution a sollicité auprès de la Korea Eximbank un dispositif de financement composé de deux volets.

Le premier prévoit une prise de participation d’environ 17 millions de dollars, tandis que le second porte sur un prêt préférentiel estimé à 51 millions de dollars, soit un soutien total avoisinant 68 millions de dollars.

Les discussions avec les autorités sud-coréennes sont actuellement en cours.

Le Maroc, un choix stratégique pour les batteries électriques

Le projet est étudié depuis 2023 dans le cadre d’une coentreprise entre LG Energy Solution et le groupe chinois Yahua.

Le choix du Maroc repose sur plusieurs atouts majeurs, notamment les accords commerciaux préférentiels conclus avec les États-Unis et l’Union européenne, qui offrent un accès privilégié à ces marchés.

Le Royaume constitue également une plateforme stratégique permettant aux industriels de diversifier leurs chaînes d’approvisionnement en matières premières critiques, aujourd’hui largement dominées par la Chine.

À travers cette implantation, LG Energy Solution entend réduire sa dépendance aux fournisseurs chinois tout en renforçant la sécurité de son approvisionnement en lithium destiné aux batteries.

Un matériau essentiel pour les batteries haut de gamme

L’usine sera spécialisée dans le raffinage de l’hydroxyde de lithium, un composant indispensable à la fabrication des cathodes utilisées dans les batteries lithium-ion de type NCM (Nickel-Cobalt-Manganèse).

Ce matériau est particulièrement recherché pour les batteries à forte teneur en nickel, utilisées dans les véhicules électriques premium et dans les nouvelles applications liées à la robotique avancée, notamment les robots humanoïdes.

LG Energy Solution ambitionne ainsi de renforcer sa présence sur ces segments à forte valeur ajoutée.

Un investissement de près de 600 millions de dollars

Présenté officiellement en 2025, le projet prévoit un investissement initial de 5,5 milliards de dirhams, soit près de 597 millions de dollars.

La première phase devrait permettre la création de plus de 430 emplois qualifiés et contribuer au développement de l’écosystème marocain des batteries électriques.

Toutefois, la baisse de la demande mondiale de véhicules électriques observée ces derniers mois a conduit le groupe à ralentir temporairement le calendrier de mise en œuvre.

Les incertitudes américaines ont pesé sur le calendrier

Le projet a également été affecté par les évolutions de la réglementation américaine concernant les chaînes d’approvisionnement stratégiques.

Les nouvelles dispositions introduites par les États-Unis sur les entreprises présentant une participation importante d’actionnaires chinois ont amené LG Energy Solution à réévaluer la structure de son partenariat avec Yahua afin de préserver son accès aux avantages fiscaux accordés au secteur des batteries.

Cette analyse a entraîné un report partiel des investissements.

Un soutien appelé à relancer le projet

Le financement sollicité auprès des autorités sud-coréennes pourrait désormais sécuriser les premières phases du projet et réduire les risques financiers liés à cet investissement industriel majeur.

Cette démarche s’inscrit également dans la stratégie du gouvernement sud-coréen visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques indispensables aux industries des batteries et de la mobilité électrique.

Dans cette perspective, les discussions engagées récemment entre le Maroc et la Corée du Sud en vue d’un accord de partenariat économique global (CEPA) devraient renforcer davantage les échanges industriels entre les deux pays et offrir un environnement favorable aux futurs investissements coréens dans le Royaume.

Avec ce projet, le Maroc confirme une nouvelle fois son ambition de devenir un acteur incontournable de la chaîne mondiale de valeur des batteries électriques et des technologies liées à la transition énergétique.

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