Economie

Economie

Emploi au Maroc : un chômage élargi de 22,5% relance le débat sur la formation et l’adéquation du marché du travail

Le HCP introduit une nouvelle lecture du chômage avec le format EMO 2026

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a publié récemment les résultats de sa dernière enquête sur l’emploi au Maroc, intégrant un nouveau format baptisé EMO 2026, aligné sur les standards internationaux de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Cette nouvelle méthodologie propose une lecture plus élargie du marché du travail, au-delà du seul taux de chômage dit “strict”.

Selon les données publiées, le taux de chômage strict s’établit à 10,8%, tandis que le taux global, intégrant le sous-emploi et la main-d’œuvre potentielle en marge du marché du travail, atteint 22,5% au premier semestre 2026.

Un marché du travail marqué par le sous-emploi et les inégalités

Cette nouvelle approche met en évidence une réalité plus complexe du marché de l’emploi, où une part importante de la population active reste sous-utilisée ou insuffisamment intégrée dans l’économie formelle.

Le rapport souligne également des disparités structurelles importantes, notamment en matière de genre et d’âge.

Les femmes et les jeunes particulièrement touchés

Selon les chiffres avancés, seulement 17,5% des femmes occupent un emploi, ce qui met en évidence un déséquilibre important sur le marché du travail et ses impacts socio-économiques.

Chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, le taux de chômage atteint 29%, tandis que la population des NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation) dépasse les 3 millions de personnes.

Ces indicateurs traduisent une fragilité structurelle de l’insertion des jeunes dans le tissu économique.

Un décalage entre formation et besoins du marché

Au-delà des chiffres, l’analyse met en lumière un décalage persistant entre le système de formation et les besoins réels des entreprises.

Ce désalignement concerne aussi bien les compétences techniques que les parcours académiques, posant la question de l’efficacité de l’orientation et de l’employabilité des diplômés.

Vers une refonte des politiques de l’emploi et de la formation

Face à cette situation, plusieurs pistes de réforme sont mises en avant pour améliorer la dynamique du marché du travail.

Parmi elles figurent l’incitation fiscale à l’investissement des entreprises, l’adaptation des formations aux besoins économiques, le renforcement des liens entre universités et entreprises, ainsi que le développement de l’entrepreneuriat et du freelancing.

D’autres leviers sont également évoqués, comme la généralisation de l’alternance, la digitalisation des régions moins développées et un meilleur suivi des établissements de formation à travers des indicateurs de performance et d’insertion.

Un enjeu devenu central pour l’économie nationale

Cette nouvelle lecture du chômage confirme que la question de l’emploi dépasse désormais le simple indicateur statistique pour devenir un enjeu structurel majeur.

Elle met en évidence la nécessité d’une approche globale, combinant politiques économiques, réformes éducatives et inclusion territoriale afin de répondre aux défis du marché du travail marocain.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

20 − seize =