
Le Maroc s’apprête à franchir le seuil des 170 grands barrages, confirmant l’ampleur de sa politique de développement des infrastructures hydrauliques visant à sécuriser l’approvisionnement en eau potable, soutenir l’irrigation agricole, réguler les crues et produire de l’énergie hydroélectrique.
Le barrage de Sidi Mohamed Ben Abdellah, situé à une trentaine de kilomètres de Rabat, illustre cette importance stratégique. Actuellement rempli à 97 %, cet ouvrage est essentiel pour l’alimentation en eau des régions de Rabat-Salé et Casablanca, qui concentrent une part importante de la population et de l’activité économique du pays.
Un réseau stratégique mais sous pression climatique
Malgré la multiplication des barrages, dont plusieurs dizaines construits ces dernières décennies, le système hydraulique marocain fait face à une pression croissante liée au changement climatique, à la croissance démographique et à l’évolution des besoins en eau.
Selon les données disponibles, la capacité globale du pays a fortement augmenté grâce à de nouveaux ouvrages et à la surélévation de certains barrages, mais la variabilité des précipitations continue d’affecter les niveaux de stockage, comme observé entre 2018 et 2023 lors de périodes de sécheresse prolongée.
L’envasement, un phénomène qui réduit la capacité de stockage
L’un des principaux défis reste l’envasement, qui réduit chaque année la capacité de stockage des barrages en raison de l’accumulation de sédiments transportés par l’érosion des bassins versants.
Ce phénomène naturel entraîne une perte estimée à plusieurs dizaines de millions de mètres cubes par an, compliquant la gestion durable des ressources en eau. Des solutions sont toutefois mises en place, notamment la construction de seuils en amont, le reboisement et la stabilisation des berges en partenariat avec les agences spécialisées.
L’évaporation, une perte équivalente à un grand barrage
Le second défi majeur est l’évaporation, particulièrement importante dans un pays au climat chaud. Chaque année, environ 640 millions de mètres cubes d’eau s’évaporent des retenues, soit l’équivalent d’un grand barrage.
Pour limiter ces pertes, les autorités explorent plusieurs pistes, dont l’installation de panneaux solaires flottants et l’utilisation de dispositifs couvrant partiellement la surface des retenues, afin de réduire l’exposition directe au soleil et au vent.
Vers une gestion plus résiliente de l’eau
Face à ces contraintes, le Maroc poursuit ses efforts pour renforcer la résilience de son système hydraulique, notamment à travers la construction de nouveaux barrages et le développement de solutions innovantes comme le transfert interbassins, déjà mis en œuvre pour rééquilibrer les ressources entre régions.




















