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Ouverture du capital des pharmacies : les professionnels interpellent le Chef du gouvernement

Une réforme qui suscite une vive controverse

La proposition d’ouvrir le capital des pharmacies à des investisseurs privés continue de susciter une forte opposition au sein du secteur pharmaceutique au Maroc. Considérée par les professionnels comme une réforme sensible, elle est perçue comme pouvant fragiliser l’équilibre du système de santé et impacter l’accès aux médicaments.

Dans ce contexte, la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM) a adressé une correspondance officielle au Chef du gouvernement afin de demander une clarification urgente sur la position de l’Exécutif concernant cette recommandation du Conseil de la concurrence.

Une profession mobilisée et déterminée

La CSPM souligne que cette démarche s’inscrit dans un climat de forte mobilisation des pharmaciens à l’échelle nationale. Le 9 avril, un sit-in national a été organisé devant le siège du Conseil de la concurrence, réunissant de nombreux professionnels venus exprimer leur rejet catégorique de l’ouverture du capital des officines.

Selon les représentants du secteur, cette mesure constitue une atteinte à l’indépendance de la profession et nécessite une position gouvernementale claire afin de lever toute ambiguïté.

Des réformes déjà engagées jugées prioritaires

Dans son argumentaire, la Confédération estime que les difficultés du secteur ne relèvent pas d’un problème structurel du modèle pharmaceutique, mais plutôt d’un retard dans la mise en œuvre de réformes déjà convenues avec le ministère de la Santé depuis avril 2023.

Ces réformes portent notamment sur la modernisation des services pharmaceutiques et l’élargissement des missions du pharmacien, sans remise en cause de l’organisation actuelle du secteur.

Un enjeu de santé publique et d’équilibre territorial

La CSPM rappelle le rôle central des pharmacies dans le système de santé national, en tant qu’acteurs de proximité essentiels pour la population et garants de la sécurité médicamenteuse.

Elle met en garde contre les risques d’une ouverture du capital, qui pourrait entraîner une concentration économique au profit de grands groupes et fragiliser les pharmacies indépendantes, notamment dans les zones rurales et éloignées.

Des risques économiques et sociaux redoutés

Les professionnels alertent également sur les conséquences potentielles d’une telle réforme, citant des expériences internationales : hausse des prix, déséquilibres territoriaux et affaiblissement de la régulation du marché du médicament.

Ils estiment que toute évolution du secteur doit préserver sa dimension sociale ainsi que son rôle dans la garantie d’un accès équitable aux soins.

Appel à la clarification et au dialogue

Enfin, la CSPM appelle le gouvernement à clarifier officiellement sa position et à faire le point sur l’avancement des réformes engagées avec les professionnels.

Elle réaffirme sa disponibilité à participer à toute réforme du secteur, à condition qu’elle soit concertée, progressive et respectueuse des spécificités de la profession et de l’intérêt des citoyens.

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