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Murphy Oil maintient le Maroc au cœur de ses recherches offshore

Le Maroc conserve une place de choix dans la stratégie internationale d’exploration de Murphy Oil. Dans un document daté du 9 septembre, présenté aux investisseurs à l’occasion de la conférence annuelle de Barclays consacrée au secteur de l’énergie, le groupe américain maintient le royaume parmi les quatre grandes zones géographiques retenues pour ses futures activités de recherche, aux côtés du golfe d’Amérique, de la Côte d’Ivoire et du Vietnam.

Cette présence intervient quelques mois après la signature, le 22 janvier, d’un accord pétrolier entre l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et Murphy Morocco Oil. L’accord porte sur le permis Gharb Deep Offshore, un vaste domaine situé au large de la façade atlantique marocaine.

Un vaste domaine de 16 989 km² au large du Maroc

Le périmètre attribué à Murphy s’étend sur une superficie totale de 16 989,9 km² et comprend dix permis de recherche, baptisés Gharb Deep Offshore I à X. Murphy Morocco Oil Co., Ltd., filiale détenue intégralement par Murphy Oil Corporation, assure la conduite des opérations avec une participation de 75 %, tandis que l’ONHYM conserve les 25 % restants.

Pour donner une idée de l’ampleur du domaine à ses investisseurs américains, Murphy le compare à plus de quatre millions d’acres, soit l’équivalent de plus de 700 blocs du golfe d’Amérique. Cette dimension traduit l’importance du périmètre confié au groupe, sans toutefois permettre de tirer de conclusion sur les éventuelles ressources présentes dans le sous-sol marin.

Trois années d’exploration avant un éventuel forage

La première période d’exploration est prévue pour une durée de trois ans et ne prévoit pas d’obligation ferme de forage. Murphy dispose ainsi d’une période consacrée principalement aux travaux géologiques et géophysiques, au retraitement des données existantes et à l’identification de potentielles cibles d’exploration.

À ce stade, le groupe américain n’a annoncé ni calendrier de forage au Maroc, ni estimation de ressources, ni budget spécifique consacré au permis Gharb Deep Offshore. La priorité reste donc l’acquisition et l’analyse des données nécessaires avant toute décision concernant le forage d’un éventuel puits.

Sur le plan réglementaire, l’accord a franchi une nouvelle étape après sa signature. Le partenariat entre l’ONHYM et Murphy Morocco Oil a été approuvé le 3 avril par l’arrêté conjoint n° 753-26 de la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable et de la ministre de l’Économie et des Finances. Le texte officiel confirme les dix permis Gharb Deep Offshore I à X ainsi que leur vocation à la recherche et, le cas échéant, à l’exploitation d’hydrocarbures.

Murphy mise sur un bassin encore peu exploré

Lors de l’annonce de l’accord en janvier, le directeur général de Murphy Oil, Eric M. Hambly, avait présenté le domaine marocain comme un « bassin pionnier », mettant en avant des coûts d’entrée attractifs et des conditions contractuelles jugées compétitives.

Cette approche permet au groupe américain de prendre position sur une vaste zone offshore de l’Atlantique marocain tout en limitant, dans un premier temps, son exposition aux coûts particulièrement élevés associés aux forages en eaux profondes. Les trois premières années doivent ainsi permettre de déterminer si les données disponibles justifient le passage à une phase de forage.

Le projet marocain se distingue par ailleurs des activités déjà productrices de Murphy Oil. En 2025, le groupe affichait une production moyenne mondiale de 188 682 barils équivalent pétrole par jour, notamment grâce à ses activités aux États-Unis, au Canada et au Brunei. Parallèlement, son portefeuille international d’exploration comprend également la Côte d’Ivoire et le Vietnam, où certains projets se trouvent à des niveaux de maturité différents.

Le Maroc reste une priorité d’exploration

La présentation de septembre ne constitue donc pas une nouvelle annonce de découverte ou de forage au Maroc. Elle confirme plutôt la place accordée par Murphy Oil au royaume dans sa stratégie d’exploration internationale.

Le groupe avait déjà fait apparaître le Maroc dans plusieurs documents destinés aux investisseurs au cours des derniers mois. Huit mois après la signature de l’accord avec l’ONHYM et plusieurs mois après son approbation réglementaire, les eaux marocaines continuent ainsi de figurer parmi les principaux terrains de recherche mis en avant par le groupe américain.

Cette visibilité ne doit toutefois pas être assimilée à la découverte d’un gisement. À ce jour, aucun gisement commercial n’a été établi à Gharb Deep Offshore et aucun puits n’a été annoncé. Le principal élément nouveau réside dans la confirmation de l’intérêt de Murphy pour ce vaste domaine offshore.

Les études détermineront la suite du projet

La prochaine étape dépendra essentiellement des résultats des travaux techniques menés durant la première période d’exploration. Les données géologiques et géophysiques devront permettre d’identifier des cibles suffisamment prometteuses pour justifier, à terme, le coût d’un forage en mer.

Pour l’heure, Murphy Oil dispose donc d’un vaste droit d’exploration sur l’Atlantique marocain, réparti sur dix permis et couvrant près de 17 000 km², sans obligation immédiate de réaliser un puits. La documentation présentée en septembre aux investisseurs confirme que le groupe entend conserver cette option parmi ses principaux axes de recherche internationale, tandis que le potentiel réel du domaine reste encore à démontrer.

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