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Maroc : deux nouvelles zones d’accélération industrielle annoncées

Le gouvernement marocain poursuit le développement de son réseau de zones d’accélération industrielle (ZAI). Le Conseil de gouvernement, réuni jeudi à Rabat, a adopté deux projets de décret présentés par le ministre de l’Industrie et du Commerce, portant respectivement sur la zone d’accélération industrielle d’El Jorf et la création d’une nouvelle ZAI à Bouknadel.

El Jorf : un périmètre industriel à proximité de Jorf Lasfar

Le premier texte, le projet de décret n° 2.26.98, vient modifier le décret n° 2.24.257 du 29 mars 2024 relatif à la création de la ZAI El Jorf. Cette zone est implantée dans la commune de Moulay Abdellah, dans la province d’El Jadida, au sein de la région Casablanca-Settat.

Son emplacement revêt un intérêt particulier puisqu’elle se trouve à proximité du complexe portuaire et chimique de Jorf Lasfar, l’un des principaux pôles industriels et portuaires du Royaume et une infrastructure stratégique pour les activités liées aux phosphates.

Le décret initial avait été approuvé par le Conseil de gouvernement le 21 mars 2024, après l’examen du projet par la Commission nationale des zones d’accélération industrielle lors de ses réunions des 31 janvier et 27 février de la même année.

À ce stade, les autorités n’ont toutefois pas communiqué de précisions sur la superficie concernée par la modification, le montant des investissements attendus, les secteurs qui seront ciblés ou encore le calendrier de mise en œuvre.

Bouknadel 2 : une nouvelle zone industrielle dans la région de Rabat

Le second texte, le projet de décret n° 2.26.593, prévoit la création de la ZAI Bouknadel 2. Cette nouvelle zone vient compléter un premier périmètre industriel déjà prévu dans la commune de Sidi Bouknadel, relevant de la préfecture de Salé.

La première ZAI de Bouknadel avait été instituée par un décret adopté en décembre 2021 et publié au Bulletin officiel en janvier 2022. Son assiette initiale s’établissait à 24 hectares. En avril 2021, le Conseil de la région Rabat-Salé-Kénitra avait par ailleurs adopté une convention de partenariat prévoyant une enveloppe de 200 millions de dirhams, dont 160 millions devaient être mobilisés par le département chargé des Finances.

Le site avait été conçu pour accueillir une large palette d’activités industrielles, allant du textile et cuir à l’agroalimentaire, en passant par la chimie et la parachimie, l’automobile, les équipements aéronautiques, les équipements liés aux énergies renouvelables, les matériaux de construction, la métallurgie, la mécanique ainsi que les secteurs électrique, électronique et de la plasturgie.

Des retards autour de la première ZAI de Bouknadel

Le développement de la première zone de Bouknadel a cependant connu plusieurs difficultés. En septembre 2025, des informations relayées par la presse nationale faisaient état de retards dans le lancement du projet, ainsi que de divergences autour des plans d’aménagement et de préoccupations exprimées par des riverains.

La création de Bouknadel 2 intervient ainsi dans un contexte où l’État semble maintenir son ambition de développer un pôle industriel dans cette partie de la région Rabat-Salé-Kénitra, située entre Rabat et Kénitra.

Pour l’heure, le gouvernement n’a pas encore dévoilé les caractéristiques détaillées de cette deuxième zone, notamment sa superficie, les investissements prévus ou les filières industrielles prioritaires.

Les ZAI, un outil pour attirer les investissements

Les zones d’accélération industrielle constituent l’un des instruments utilisés par le Maroc pour renforcer son attractivité industrielle et favoriser l’implantation d’entreprises, notamment celles orientées vers l’exportation.

Le dispositif, issu de l’ancien régime des zones franches d’exportation instauré par la loi n° 19-94 et dont l’appellation a été modifiée par la loi de finances 2020, prévoit notamment des avantages fiscaux et douaniers spécifiques pour les opérateurs répondant aux conditions prévues par la réglementation.

Avec la modification du périmètre d’El Jorf et la création de Bouknadel 2, le gouvernement poursuit ainsi l’extension et l’adaptation de cette infrastructure industrielle, tout en renforçant la capacité du Royaume à accueillir de nouvelles activités productives et exportatrices.

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