
Maroc-Mauritanie : une zone industrielle de 800 hectares réservée en priorité aux entreprises marocaines
Le Maroc et la Mauritanie ont dévoilé, mercredi à Casablanca, les contours d’un régime industriel préférentiel visant à accorder aux entreprises marocaines une priorité d’installation dans une future zone industrielle de 800 hectares, située au sud de Nouakchott.
L’annonce a été faite à l’occasion de la 14ᵉ édition du salon SISTEP IMME, organisée du 9 au 12 septembre à Casablanca, avec la Mauritanie comme pays invité d’honneur. Cette initiative a été présentée devant des industriels marocains comme un nouveau levier pour renforcer la coopération économique et industrielle entre les deux pays.
Le directeur général de l’Industrie au ministère mauritanien des Mines et de l’Industrie, Cheikh Sidi Mohamed Ould Ahmedoua, a indiqué que les entreprises marocaines bénéficieraient d’une priorité d’installation ainsi que des mêmes droits d’investissement que les opérateurs mauritaniens, sans être considérées comme des investisseurs étrangers.
La zone devrait notamment favoriser la création de coentreprises et le développement de la sous-traitance industrielle. Elle pourrait également servir de plateforme pour accéder aux marchés du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, tout en offrant, via le Maroc, une ouverture vers le marché européen.
De son côté, le président de la Fédération marocaine des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques, Abdelhamid Souiri, a confirmé l’engagement de la partie marocaine à structurer cette zone avec ses partenaires mauritaniens.
Les secteurs ciblés comprennent notamment la mécanique, la métallurgie, l’électromécanique, la maintenance industrielle, les mines et l’énergie. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de la convention signée en juin 2025 entre les fédérations industrielles des deux pays.
Les 800 hectares correspondent à la zone industrielle nationale déjà encadrée par décret dans la commune d’El A’rya, dans la région du Trarza. Présentée en janvier 2026, cette zone doit accueillir des activités liées à la production, à la transformation, à la logistique, à l’énergie, à l’environnement, aux technologies et à l’innovation.
En avril dernier, le ministre mauritanien des Mines et de l’Industrie, Edy Ould Zein, avait inscrit cette plateforme parmi les projets de la stratégie d’industrialisation du pays à l’horizon 2030.
L’annonce faite à Casablanca ne concerne donc pas la création d’une nouvelle infrastructure, mais plutôt la mise en place d’un accès prioritaire pour les industriels marocains à une zone déjà planifiée. À ce stade, aucun foncier supplémentaire, mécanisme de cofinancement ou statut juridique conjoint n’a été annoncé.
Plusieurs éléments restent par ailleurs à préciser, notamment le fondement juridique de ce régime préférentiel, le calendrier de commercialisation des parcelles, les modalités de gouvernance, ainsi que le coût d’aménagement et les mécanismes de financement.
La présentation de la zone comme la « plus grande zone industrielle d’Afrique » doit également être nuancée, la plateforme industrielle de Tanger Med couvrant à elle seule environ 3 000 hectares.
Si le dispositif se concrétise, il pourrait attirer des fabricants marocains de biens d’équipement et de composants métalliques, soutenir le développement de la transformation locale en Mauritanie et contribuer au renforcement des chaînes de valeur liées aux secteurs minier et énergétique.
Cette coopération pourrait ainsi constituer un nouveau levier d’intégration industrielle entre le Maroc et la Mauritanie, tout en ouvrant aux entreprises marocaines de nouvelles perspectives sur les marchés mauritanien, ouest-africain et sahélien.





















