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OCP renforce ses achats d’acide sulfurique en Europe

Le groupe OCP revient sur le marché européen pour sécuriser des approvisionnements en acide sulfurique. Le phosphatier marocain a récemment acheté des volumes en Pologne, en Espagne et en Allemagne, selon les traceurs spécialisés du marché consultés par Barlamane.com. Ces opérations interviennent dans un contexte de forte tension sur le soufre, matière première essentielle à la production d’acide sulfurique et, par conséquent, à la transformation du phosphate.

Les volumes concernés restent toutefois inférieurs aux importantes campagnes d’achat auxquelles OCP peut recourir lorsque ses besoins industriels l’exigent. Cette opération apparaît davantage comme une démarche de sécurisation des approvisionnements dans un marché devenu plus tendu.

OCP se tourne de nouveau vers le marché européen

Le recours à des fournisseurs européens intervient alors que le prix de l’acide sulfurique repart à la hausse sur plusieurs marchés internationaux. Cette évolution est directement liée au renchérissement du soufre, dont les échanges sont affectés par les perturbations du commerce international et la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement.

Pour OCP, l’enjeu est particulièrement important. L’acide sulfurique constitue en effet un maillon essentiel de la chaîne de transformation du phosphate. Il est utilisé pour attaquer la roche phosphatée afin de produire de l’acide phosphorique, lui-même indispensable à la fabrication des engrais phosphatés.

Toute tension durable sur le soufre ou sur l’acide sulfurique peut donc se répercuter sur les coûts industriels du groupe.

Une campagne d’achat encore limitée

Les volumes actuellement identifiés en Europe ne correspondent pas à une campagne exceptionnelle d’approvisionnement. OCP conserve une capacité importante de production interne d’acide sulfurique et peut adapter son recours aux achats externes en fonction des conditions du marché et de ses besoins industriels.

La campagne actuelle traduit ainsi plutôt une volonté de profiter des disponibilités présentes sur certains marchés européens dans un contexte où les producteurs et les grands consommateurs cherchent à sécuriser leurs approvisionnements.

La Pologne, l’Espagne et l’Allemagne ne constituent d’ailleurs pas des sources totalement nouvelles pour le Maroc. En 2024, le Royaume avait importé environ 383.000 tonnes d’acide sulfurique et d’oléum depuis l’Espagne, 297.000 tonnes depuis l’Allemagne et 241.000 tonnes depuis la Pologne, soit près de 921.000 tonnes cumulées.

Le retour simultané vers ces trois marchés prend donc une dimension particulière dans le contexte actuel de tension sur les matières premières.

Le soufre au cœur des coûts d’OCP

OCP reste l’un des principaux consommateurs mondiaux de soufre. Une large partie du soufre importé est transformée directement par le groupe dans ses unités de production d’acide sulfurique, notamment sur ses plateformes industrielles de Jorf Lasfar et de Safi.

Lorsque les conditions commerciales ou industrielles le justifient, OCP peut également s’approvisionner directement en acide sulfurique auprès de fournisseurs externes. Cette flexibilité permet au groupe d’arbitrer entre production interne et achats sur le marché international.

L’exposition au prix du soufre reste toutefois considérable. Dans sa documentation financière, OCP indiquait une consommation de 7,4 millions de tonnes de soufre en 2024, soit environ 20 % du marché mondial selon les données sectorielles citées par le groupe.

Une hausse prolongée du prix de cette matière première représente donc une variable importante pour les coûts de production de la filière phosphatière marocaine.

L’Europe comme source de diversification

Les achats réalisés en Pologne, en Espagne et en Allemagne présentent également un intérêt logistique. La proximité de ces marchés avec les infrastructures industrielles marocaines permet de diversifier les sources d’approvisionnement tout en limitant, dans certaines configurations, les distances par rapport à des fournisseurs plus éloignés.

Dans un marché marqué par des tensions sur le soufre, disposer de plusieurs bassins d’approvisionnement constitue un avantage pour les grands consommateurs industriels.

Pour OCP, cette diversification ne signifie pas pour autant un abandon de son modèle reposant largement sur la transformation du soufre importé dans ses propres installations. Elle lui permet plutôt de conserver une marge de manœuvre lorsque les conditions du marché de l’acide sulfurique deviennent plus favorables que celles du soufre brut.

Une stratégie à surveiller sur le marché mondial

Les traceurs spécialisés ne précisent pas encore le volume exact acheté par OCP dans le cadre de cette campagne, ni les prix négociés ou l’identité des fournisseurs. Ils permettent néanmoins d’établir que le groupe marocain s’approvisionne actuellement en acide sulfurique auprès de plusieurs marchés européens.

Cette démarche intervient à un moment où le renchérissement du soufre exerce une pression croissante sur l’ensemble de la chaîne de production des engrais phosphatés.

Pour OCP, l’enjeu consiste donc à maintenir la disponibilité de cette matière indispensable tout en arbitrant entre production interne et achats externes. Le niveau des prochaines campagnes d’importation permettra de déterminer si les opérations européennes actuelles constituent une simple sécurisation ponctuelle ou le début d’un recours plus important au marché international de l’acide sulfurique.

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