
Une importante délégation américaine du secteur agricole et portuaire est attendue au Maroc à partir du 30 août, dans le cadre d’une mission destinée à renforcer les échanges commerciaux entre les États-Unis et le Royaume.
L’Alliance américaine de l’agriculture à identité préservée (USIP), qui représente plusieurs filières agricoles américaines dont l’origine et les caractéristiques sont garanties tout au long de la chaîne d’approvisionnement, conduira cette mission au Maroc puis au Portugal jusqu’au 4 septembre.
Au Maroc, le programme prévoit notamment un séminaire ainsi que des visites des ports de Casablanca et Tanger Med, avec l’objectif d’examiner les opportunités commerciales et logistiques offertes aux produits agricoles américains.
Des responsables agricoles et portuaires américains au Maroc
La délégation réunira des responsables du Conseil de recherche et de promotion du soja du Minnesota, des agriculteurs du Wisconsin et de l’Ohio, ainsi que des représentants des départements de l’Agriculture du Minnesota et du Wisconsin.
Des responsables de la Corporation de développement de la voie maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent (GLS) participeront également à la mission.
Le Maroc constitue la première étape de cette tournée commerciale. Les discussions porteront notamment sur les débouchés pour les céréales fourragères, les légumineuses, le riz, les animaux reproducteurs, la volaille, la viande bovine, les produits laitiers et le soja.
Le Maroc, un marché agricole stratégique pour les États-Unis
L’USIP considère le Maroc comme l’un des marchés agricoles importants du continent africain. L’organisation rappelle que le Royaume est un importateur net de produits agricoles et de produits connexes, ce qui ouvre des perspectives pour les producteurs et exportateurs américains.
Le soja figure parmi les produits occupant une place importante dans ces échanges. Au cours de la campagne commerciale 2024-2025, le Maroc s’est classé au 10e rang des marchés du tourteau de soja américain, avec environ 180 millions de dollars d’achats, soit près de 1,67 milliard de dirhams.
L’agriculture représente par ailleurs une composante importante de l’économie marocaine, tandis que les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de la sylviculture mobilisent une part importante de la main-d’œuvre du pays.
L’accord de libre-échange au cœur des discussions
La mission américaine intervient également dans le contexte de l’accord de libre-échange entre le Maroc et les États-Unis, entré en vigueur en 2006. Il s’agit du seul accord de libre-échange conclu par Washington avec un pays africain.
L’USIP entend notamment examiner les conditions d’accès au marché marocain, les possibilités de transformation à plus forte valeur ajoutée ainsi que les chaînes logistiques permettant d’acheminer les produits agricoles américains vers les marchés africains, européens et moyen-orientaux.
Les visites prévues aux ports de Casablanca et de Tanger Med permettront aux membres de la délégation de mieux comprendre les infrastructures portuaires marocaines et leur rôle dans les échanges agricoles internationaux.
Les phosphates marocains renforcent aussi le partenariat agricole
Cette mission intervient alors que les relations agricoles et industrielles entre le Maroc et les États-Unis connaissent un nouveau développement autour des engrais phosphatés.
Le 17 août, OCP Amérique du Nord, filiale du groupe OCP, avait annoncé l’arrivée au port de La Nouvelle-Orléans d’environ 54 000 tonnes de superphosphate triple en provenance du Maroc.
Cette cargaison intervient après l’allègement temporaire des droits compensateurs américains appliqués aux engrais phosphatés marocains. Selon la filiale, les produits doivent être distribués aux agriculteurs américains avant la campagne d’épandage d’automne.
Quelques jours plus tard, OCP Amérique du Nord et la coopérative agricole américaine CHS ont annoncé un projet encore plus ambitieux : la création d’une société commune chargée de construire une usine d’engrais phosphatés à Waggaman, en Louisiane.
OCP et CHS préparent une usine de 450 millions de dollars
Le projet représente un investissement potentiel de 450 millions de dollars, soit environ 4,16 milliards de dirhams, pour une capacité de production supérieure à un million de tonnes d’engrais par an.
Dans le cadre de ce partenariat, le groupe OCP fournirait l’acide phosphorique nécessaire à la production, tandis que les engrais seraient commercialisés à travers les réseaux de CHS et d’OCP Amérique du Nord.
Le projet reste toutefois soumis aux autorisations réglementaires et aux décisions de financement nécessaires. S’il est validé, il pourrait devenir la première usine américaine de ce type construite depuis 1984.
CHS estime que les États-Unis importent actuellement près de 40 % des engrais phosphatés consommés par leurs agriculteurs. La nouvelle installation pourrait ainsi contribuer à réduire la dépendance américaine aux importations.
Après le Maroc, direction le Portugal
Après son passage au Maroc, la délégation américaine poursuivra sa mission au Portugal. Des rencontres sont prévues avec des compagnies maritimes, des logisticiens, des négociants et des acheteurs.
Le programme portugais comprendra également des visites des ports de Lisbonne et de Leixões. Les producteurs américains présenteront leurs exploitations et leurs méthodes de production, tandis que les représentants de la GLS mettront en avant le potentiel de la voie maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent pour connecter les producteurs du nord des États-Unis aux marchés internationaux.
Les départements de l’Agriculture du Minnesota et du Wisconsin présenteront également leurs dispositifs de soutien aux exportations et les différentes productions disponibles dans le Haut-Midwest.
Selon l’USIP, les exportations agricoles américaines vers le Portugal atteignent environ 330 millions de dollars par an, dont quelque 71 millions de dollars pour les graines de soja entières.
Le Maroc comme plateforme vers l’Afrique
À travers cette mission, les producteurs américains cherchent donc à explorer deux marchés aux profils complémentaires.
Le Maroc est considéré comme une plateforme commerciale stratégique vers l’Afrique et la Méditerranée, grâce notamment à ses infrastructures portuaires et à son positionnement géographique.
Le Portugal constitue, de son côté, un marché européen stable et une porte d’entrée vers les échanges transatlantiques.
La présence simultanée de responsables agricoles et portuaires américains au Maroc souligne ainsi l’importance croissante accordée aux infrastructures logistiques dans le développement des échanges agricoles entre les deux pays.





















