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Ports : le Maroc renforce sa place dans les échanges maritimes mondiaux

Le Maroc confirme en 2026 son rôle de plateforme maritime stratégique entre l’Europe, l’Afrique, l’Asie et les Amériques. Les données publiées par plusieurs grandes autorités portuaires et compagnies maritimes montrent une progression de certains flux avec le Royaume, notamment sur les liaisons européennes, tandis que Tanger Med continue de jouer un rôle central dans les échanges intercontinentaux.

Les statistiques disponibles font toutefois apparaître des évolutions différentes selon les ports et les types de trafic. Barcelone, Valence et Hambourg enregistrent notamment une progression de leurs échanges conteneurisés avec le Maroc, alors que les grands ports de Rotterdam, Anvers-Bruges et Montréal communiquent surtout des résultats globaux, sans détailler les volumes directement liés au marché marocain.

Barcelone enregistre une forte progression avec le Maroc

Le port de Barcelone affiche l’une des évolutions les plus marquées. Entre janvier et juillet 2026, le trafic maritime à courte distance avec le Maroc a atteint 128 727 EVP, en hausse de 66,7 % sur un an.

Le Maroc représente ainsi 16,8 % des 764 975 EVP traités dans cette catégorie par le port espagnol, se classant derrière l’Algérie.

Les statistiques montrent toutefois une réalité plus contrastée lorsqu’on se limite aux conteneurs pleins hors transit. Ce segment a représenté 14 659 EVP avec le Maroc, en baisse de 17,1 %. Les conteneurs chargés à Barcelone à destination du Royaume ont reculé de 18,7 %, à 13 447 EVP.

Cette différence entre les deux indicateurs souligne l’importance de ne pas additionner des données correspondant à des périmètres statistiques différents, notamment en raison du transit, des conteneurs vides et de la composition des flux.

Valence et Hambourg suivent également la dynamique

Le Maroc figure également parmi les relations maritimes les plus dynamiques de Valenciaport. Au premier trimestre 2026, le trafic conteneurisé avec le Royaume a progressé de 19,09 %, même si l’autorité portuaire ne précise pas le nombre d’EVP correspondant.

Sur l’ensemble des trois ports administrés par l’autorité valencienne, le trafic a atteint 18,68 millions de tonnes et 1,31 million d’EVP au premier trimestre. Sur les six premiers mois, les volumes ont atteint près de 39,92 millions de tonnes et 2,82 millions d’EVP.

À Hambourg, les échanges conteneurisés avec le Maroc ont également progressé de 4,7 % au premier semestre. Le port allemand a traité durant cette période 56,1 millions de tonnes et environ 4 millions d’EVP. Là encore, les données disponibles ne permettent pas d’établir précisément le poids du Maroc dans l’activité totale du port.

Tanger Med, un maillon central entre les continents

Au-delà des échanges bilatéraux avec les grands ports européens, le Maroc dispose d’un avantage stratégique majeur : sa position à l’entrée de la Méditerranée et à proximité du détroit de Gibraltar.

Tanger Med est ainsi connecté à de nombreuses lignes maritimes reliant l’Asie, l’Europe, l’Afrique et les Amériques. Les réseaux de grands armateurs comme Maersk et CMA CGM intègrent le port marocain dans plusieurs services intercontinentaux.

Les liaisons Asie-Europe permettent notamment de connecter Tanger Med à des plateformes majeures comme Shanghai, Ningbo, Yantian, Rotterdam, Hambourg, Anvers et Londres.

Cette position transforme progressivement le port marocain en véritable plateforme de redistribution des marchandises entre plusieurs régions du monde.

Le détroit de Gibraltar concentre également les flux de passagers

Le trafic maritime marocain ne se limite pas aux conteneurs et aux marchandises. Les liaisons avec l’Espagne constituent également un axe majeur pour les voyageurs et les véhicules.

Durant le premier mois de l’Opération Paso del Estrecho, du 15 juin au 15 juillet, les liaisons entre l’Espagne et les ports marocains de Tanger Med et Tanger Ville ont transporté 366 384 voyageurs et 92 604 véhicules.

Du côté marocain, l’opération Marhaba avait enregistré au 3 août 2,74 millions de Marocains résidant à l’étranger et 287 518 véhicules. Les arrivées par voie maritime représentaient plus de la moitié du total, avec 1,43 million de personnes.

Tanger Med concentre une part importante de ces flux. Le port a notamment enregistré un pic de 31 917 voyageurs et 8 612 véhicules en une seule journée au début du mois d’août.

De nouvelles capacités sur les lignes maritimes marocaines

Les compagnies maritimes renforcent parallèlement leurs capacités sur les principales liaisons avec le Maroc.

Baleària a programmé jusqu’à douze départs quotidiens entre Tarifa et Tanger Ville pendant l’Opération Paso del Estrecho, ainsi que plusieurs rotations entre Algésiras et Tanger Med et entre Almería et Nador.

DFDS propose également plusieurs départs quotidiens entre Algésiras et Tanger Med, tandis que la liaison Motril–Al Hoceima a repris son activité durant l’été.

Le port français de Sète renforce également sa desserte du Royaume avec plusieurs rotations hebdomadaires vers Tanger Med et Nador.

La compagnie GNV a, pour sa part, intégré deux nouveaux navires au réseau marocain. Les GNV Aurora et GNV Virgo, fonctionnant au gaz naturel liquéfié, desservent notamment la liaison Tanger Med–Barcelone–Gênes.

Ces navires peuvent transporter chacun plus de 1 700 passagers, 426 cabines et près de 2 780 mètres linéaires de fret.

Tanger Med se connecte davantage à l’Afrique et aux Amériques

Le réseau maritime du Maroc s’étend également vers l’Afrique de l’Ouest. Le nouveau service KORA Express relie notamment Southampton, Vlissingen, Anvers, Tanger Med, Algésiras, Tema, Lekki, Cotonou et Dakar.

D’autres services permettent de connecter Tanger Med à Dakar, Abidjan, Nouakchott, Praia, Bissau, Banjul ou encore Nouadhibou.

Vers les Amériques, plusieurs lignes relient également le port marocain au Brésil, aux Caraïbes, au Canada et aux États-Unis. Tanger Med est ainsi intégré à des réseaux desservant notamment Santos, Salvador, Montréal, Savannah, Houston, Norfolk et New York.

Cette diversification des destinations renforce le positionnement du Maroc comme plateforme de connexion entre plusieurs grandes régions commerciales.

Les perturbations de Casablanca ont pesé sur les coûts

La dynamique du transport maritime marocain a toutefois été affectée par les perturbations ayant touché le port de Casablanca au début de l’année.

Les conditions météorologiques difficiles ont provoqué des perturbations importantes et entraîné l’application de surtaxes par plusieurs compagnies maritimes. CMA CGM, Maersk et Hapag-Lloyd ont notamment appliqué différents frais supplémentaires sur certaines liaisons à destination ou au départ du Maroc.

Ces surcoûts ont également concerné certaines liaisons vers l’Amérique du Nord, alors que les armateurs ont dû adapter leurs tarifs et leurs opérations face aux difficultés rencontrées sur le réseau.

Nador West Med prépare une nouvelle étape

Dans ce paysage maritime en pleine évolution, Nador West Med constitue l’un des projets les plus importants pour l’avenir portuaire du Maroc.

Son ouverture commerciale reste prévue au quatrième trimestre 2026. Le projet représente, selon les autorités marocaines, environ 51 milliards de dirhams d’investissements publics et privés et comprend notamment 5,4 kilomètres de digues et 4 kilomètres de quais.

Le complexe doit disposer d’importantes capacités pour les conteneurs et les vracs, ainsi que du premier terminal marocain de gaz naturel liquéfié.

Le terminal conteneurisé Est associe notamment Marsa Maroc et Terminal Investment Limited, filiale de MSC. Il disposera d’un quai de 1 520 mètres et d’une capacité finale annoncée de 3,4 millions d’EVP.

Casablanca poursuit également son développement

Le port de Casablanca conserve parallèlement un rôle majeur dans le dispositif national. La prolongation de vingt ans de la concession du terminal TC3 s’accompagne de 3 milliards de dirhams d’investissements.

Ces investissements doivent permettre de porter la capacité annuelle du terminal de 600 000 à 900 000 EVP à l’horizon 2030, avec l’objectif de dépasser à terme les 2 millions d’EVP pour l’ensemble du complexe portuaire.

Marsa Maroc poursuit également son développement à l’international. L’entreprise a conclu un accord avec l’autorité portuaire du Liberia pour participer à la réhabilitation et à l’exploitation de deux jetées à Monrovia.

Le Maroc consolide son rôle de hub maritime

Les données disponibles dessinent ainsi une carte maritime marocaine en pleine transformation.

Tanger Med s’affirme comme le principal point de connexion entre les réseaux intercontinentaux, Casablanca poursuit la modernisation de ses capacités malgré sa vulnérabilité aux perturbations météorologiques, tandis que Nador West Med prépare l’arrivée d’une nouvelle plateforme portuaire de grande capacité.

Avec la multiplication des liaisons vers l’Europe, l’Afrique, l’Asie et les Amériques, le Maroc renforce progressivement sa position de hub logistique et maritime international, au cœur des principales routes commerciales reliant les trois continents.

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