
Un consortium international cherche à financer un projet d’hydrogène et d’ammoniac verts de 4,5 milliards de dollars à Laâyoune

Un vaste projet industriel et énergétique prévu à Laâyoune entre dans une phase décisive, avec les démarches engagées par le consortium international qui le porte pour identifier des sources de financement européennes. L’objectif est de mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation d’un investissement estimé à 4,5 milliards de dollars.
Selon des informations rapportées par Africa Intelligence, le consortium ORNX étudie notamment la possibilité de recourir à des financements européens pour soutenir la première phase du projet. Il réunit l’espagnol Acciona, l’allemand Nordex et l’américain Ortus Climate Mitigation.
Cette initiative intervient alors que le Maroc accélère le développement d’un écosystème intégré dédié à l’hydrogène vert et à ses dérivés, en s’appuyant sur son important potentiel solaire et éolien ainsi que sur sa proximité avec les marchés européens.
Une plateforme intégrée d’énergie verte
Le projet prévoit la mise en place d’une plateforme industrielle combinant production d’électricité renouvelable, production d’hydrogène vert et transformation de ce dernier en ammoniac vert, destiné à la fois au marché national et à l’exportation.
La première phase devrait s’appuyer sur plus de 2 gigawatts de capacités solaires et éoliennes, ainsi que sur des installations d’électrolyse d’une capacité avoisinant 900 mégawatts.
Le dispositif devrait également intégrer des systèmes de stockage d’énergie et des unités de dessalement d’eau de mer, afin de répondre à une partie des besoins en eau du complexe industriel tout en limitant la pression sur les ressources hydriques conventionnelles.
Jusqu’à 560 000 tonnes d’ammoniac vert par an
Selon les projections communiquées autour du projet, la première phase pourrait permettre de produire environ 100 000 tonnes d’hydrogène vert par an.
Une grande partie de cette production serait ensuite transformée en ammoniac vert, pour atteindre une capacité d’environ 560 000 tonnes par an.
Cette intégration permettrait ainsi de construire une chaîne de production allant de la génération d’électricité renouvelable jusqu’à la fabrication d’un produit énergétique facilement transportable et destiné notamment aux marchés internationaux.
La recherche de financements européens
La recherche de financements européens constitue une étape importante compte tenu de l’ampleur des investissements nécessaires à la réalisation du complexe.
Le projet associe en effet plusieurs composantes nécessitant des investissements considérables, notamment les capacités solaires et éoliennes, les électrolyseurs, les infrastructures de stockage, les unités de dessalement ainsi que les installations destinées à la transformation de l’hydrogène en ammoniac.
La mobilisation de nouvelles sources de financement doit ainsi permettre de structurer un montage financier capable d’accompagner les différentes étapes du projet.
Un soutien américain pour les études préliminaires
Le projet avait déjà bénéficié d’un soutien américain de 5,7 millions de dollars destiné au financement des études préliminaires.
Ces études couvrent notamment les aspects techniques, économiques, financiers, environnementaux et réglementaires nécessaires à la préparation des prochaines phases de développement.
La société américaine KBR avait également été sélectionnée pour réaliser les premières études d’ingénierie et de conception, afin d’établir les spécifications techniques du projet et d’évaluer sa faisabilité.
Le Maroc mise sur son potentiel renouvelable
Le projet de Laâyoune s’inscrit dans la stratégie marocaine visant à développer une industrie de l’hydrogène vert et de ses dérivés, en exploitant les importantes ressources solaires et éoliennes du Royaume.
La disponibilité des énergies renouvelables, combinée à la position géographique du Maroc et au développement de ses infrastructures destinées à l’exportation, constitue un atout pour attirer des investissements internationaux dans la production d’hydrogène, d’ammoniac et de produits industriels associés.
À terme, ce type de projets pourrait également favoriser l’émergence de nouvelles activités industrielles liées aux énergies propres, stimuler les investissements et créer des emplois, tout en renforçant l’intégration du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales de la transition énergétique.
Avec un investissement potentiel de 4,5 milliards de dollars, le projet de Laâyoune dépasse ainsi le simple cadre de la production d’hydrogène et d’ammoniac verts. Il pourrait contribuer à l’émergence d’un nouveau pôle industriel dans le sud du Maroc, destiné à produire et exporter des carburants et des molécules bas carbone vers les marchés internationaux.






















