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Minth Group choisit le Maroc pour renforcer sa production destinée à l’Europe

Le Maroc continue d’attirer les grands équipementiers automobiles internationaux. Dernier groupe à annoncer une nouvelle implantation dans le Royaume, le chinois Minth Group, qui prévoit d’y installer une base de production dédiée aux systèmes complets d’étanchéité destinés principalement au marché européen.

L’annonce, faite mardi 25 août, intervient alors que le groupe accélère son développement dans la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA), devenue l’un des principaux moteurs de sa croissance.

Une implantation privilégiée dans la région de Tanger

Selon plusieurs offres de recrutement publiées parallèlement à l’annonce, le projet sera implanté dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, avec une préférence affichée pour une zone industrielle de Tanger.

Minth présente cette nouvelle base comme un outil destiné à étendre son activité européenne dans les systèmes complets d’étanchéité.

Le groupe dispose déjà d’un important réseau industriel et commercial à travers le monde. La nouvelle implantation marocaine vient donc compléter un dispositif qui s’étend notamment en Chine, en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.

Le choix de Tanger apparaît particulièrement stratégique compte tenu de la proximité du Maroc avec les marchés européens et de l’importance prise par le Royaume dans les chaînes d’approvisionnement automobiles.

Des systèmes d’étanchéité au cœur du nouveau site

La nouvelle base marocaine sera rattachée à l’activité de Minth consacrée aux composants métalliques et aux éléments de finition.

Cette branche comprend notamment les systèmes complets d’étanchéité, les structures mécatroniques ainsi que différentes pièces fonctionnelles destinées aux constructeurs automobiles.

Certaines offres d’emploi font également apparaître des compétences recherchées dans les domaines de l’injection plastique et de la peinture. Ces besoins pourraient laisser entrevoir un périmètre industriel plus large à terme, même si les documents disponibles identifient pour l’instant les systèmes d’étanchéité comme activité principale du futur établissement.

Minth accompagne la montée en puissance des véhicules électriques

Cette implantation intervient dans un contexte particulièrement favorable pour l’équipementier chinois.

Au premier semestre, Minth a notamment démarré la production en série d’un système complet d’étanchéité destiné à un modèle Renault commercialisé en Europe.

Le groupe ne précise toutefois pas si cette commande sera directement produite au Maroc. La proximité temporelle entre les deux annonces ne permet donc pas d’établir un lien direct entre le programme Renault et la future usine de Tanger.

Certaines pièces utilisées dans ce programme font par ailleurs appel à des matériaux recyclables, en remplacement de composants qui ne l’étaient pas. Minth présente cette évolution comme un moyen de réduire l’empreinte carbone de ses produits.

L’Europe représente déjà plus d’un tiers du chiffre d’affaires

Le développement du groupe au Maroc intervient alors que l’Europe occupe une place de plus en plus importante dans ses activités.

Minth Group a réalisé un chiffre d’affaires de 13,408 milliards de yuans au premier semestre, soit environ 18,5 milliards de dirhams, en hausse de 9,1 % sur un an.

La zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) a généré à elle seule 4,937 milliards de yuans, près de 6,8 milliards de dirhams, contre 4,257 milliards de yuans un an auparavant.

Cette activité régionale a ainsi progressé de 16 % et représente désormais 36,8 % du chiffre d’affaires mondial du groupe.

Le marché européen des véhicules électriques soutient la croissance

Minth explique cette progression par plusieurs facteurs, notamment la croissance des véhicules électrifiés en Europe, le développement de la production locale de boîtiers de batteries et la montée en cadence de commandes remportées lors des exercices précédents.

Le marché européen des véhicules électriques connaît effectivement une forte progression. Les données de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) reprises par le groupe font état de 1,608 million de véhicules 100 % électriques vendus au premier semestre, soit une hausse de 35,1 %.

À l’inverse, les ventes de véhicules équipés de moteurs thermiques ont reculé de 16,5 %, à environ 2,21 millions d’unités.

Cette évolution pousse les équipementiers à adapter leurs capacités industrielles aux nouvelles générations de véhicules et de composants.

Le Maroc devient une pièce du dispositif industriel européen de Minth

Avec son implantation marocaine, Minth poursuit une stratégie visant à rapprocher sa production de ses principaux marchés.

Le groupe dispose déjà de centres de recherche, de conception, de production et de commercialisation dans plusieurs pays, notamment en France, Allemagne, Pologne, Serbie, République tchèque, Royaume-Uni et Turquie, mais aussi au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en Thaïlande, au Japon et en Corée du Sud.

Minth indique d’ailleurs que la majorité de ses commandes européennes et nord-américaines sont désormais fabriquées au plus près des marchés de destination.

Dans cette stratégie, le Maroc occupe une position intéressante, à la fois pour sa proximité géographique avec l’Europe et pour son écosystème automobile déjà fortement intégré aux chaînes de production internationales.

Tanger confirme son attractivité pour l’industrie automobile

L’arrivée de Minth Group vient ainsi renforcer l’attractivité de Tanger comme plateforme industrielle tournée vers l’automobile et l’export.

Le développement de cette nouvelle base de production pourrait permettre au groupe chinois de répondre plus rapidement aux besoins de ses clients européens tout en optimisant ses chaînes logistiques.

Pour le Maroc, cette implantation constitue surtout un nouveau signal de confiance envers son industrie automobile et ses infrastructures industrielles. Elle confirme également la volonté des équipementiers internationaux de renforcer leur présence dans le Royaume afin de servir directement le marché européen.

À mesure que la transition vers les véhicules électriques s’accélère, le Maroc pourrait ainsi continuer à attirer de nouveaux investissements liés aux batteries, aux composants automobiles et aux technologies de mobilité électrique.

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