
Les livraisons de ciment au Maroc ont légèrement progressé en juillet 2026, après plusieurs mois marqués par une évolution irrégulière du marché. Les cimentiers marocains ont écoulé 1,42 million de tonnes durant le mois, contre 1,40 million de tonnes en juillet 2025, soit une hausse de 1,89 % sur un an.
Ces chiffres sont issus de la note mensuelle du ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, basée sur les données internes des membres de l’Association professionnelle des cimentiers (APC).
Le marché reste légèrement en retrait sur les sept premiers mois
Malgré la progression enregistrée en juillet, le marché du ciment conserve un léger retard par rapport à l’année précédente.
Entre janvier et juillet 2026, les livraisons cumulées ont atteint 8,22 millions de tonnes, contre 8,28 millions de tonnes durant la même période de 2025. Le marché affiche ainsi un recul de 0,75 % sur un an.
Cette baisse prolonge la tendance observée à la fin du premier semestre, même si l’écart annuel s’est progressivement réduit grâce au redressement des livraisons enregistré au printemps et au début de l’été.
Le béton prêt à l’emploi tire la demande
La répartition des livraisons par débouché révèle des évolutions contrastées selon les segments du marché.
La distribution, qui constitue le premier canal avec 52,6 % des volumes, a enregistré une baisse de 5,39 %, à environ 4,33 millions de tonnes sur les sept premiers mois de l’année.
À l’inverse, le béton prêt à l’emploi (BPE), qui représente près de 27 % des livraisons, affiche une progression de 7,94 %, pour atteindre 2,21 millions de tonnes.
Le béton préfabriqué (PREFA) a, pour sa part, reculé de 7,20 %, à 0,79 million de tonnes, tandis que les livraisons de mortiers ont diminué de 5,44 %, à environ 35 000 tonnes.
Les infrastructures soutiennent le marché
Le segment des infrastructures affiche la plus forte progression parmi les principaux débouchés. Les livraisons destinées à ce secteur ont augmenté de 13,79 %, atteignant 0,61 million de tonnes.
Le bâtiment suit également une trajectoire positive, avec une hausse de 4,53 %, à environ 0,25 million de tonnes.
Ces évolutions traduisent un marché du ciment à plusieurs vitesses. Les grands projets d’infrastructure et la commande publique continuent de soutenir la demande industrielle, tandis que la distribution, davantage liée à l’autoconstruction et aux petits chantiers, reste sous pression.
Un début d’année particulièrement difficile
L’année 2026 avait pourtant démarré sur une note négative pour le marché du ciment marocain. Les livraisons avaient chuté de 18,77 % en janvier, puis de 12,63 % en février.
Cette baisse s’expliquait notamment par une pluviométrie importante ainsi que par la période du Ramadan, qui s’est étendue du 19 février au 19 mars et a pesé sur le rythme des chantiers.
À la fin des deux premiers mois, le déficit cumulé atteignait ainsi 15,81 %.
Le marché a ensuite commencé à se redresser en mars, avec une progression de 2,53 %. Avril a marqué un véritable rebond, avec une hausse de 31,84 %, permettant de ramener le retard annuel à seulement 0,12 %.
La tendance s’est toutefois de nouveau inversée en mai, avec une baisse de 20,64 %, portant le déficit cumulé à 5,30 %. Les performances de juin, en hausse de 27,72 %, puis de juillet, avec 1,89 %, ont ensuite permis de réduire l’écart à 0,75 %.
Les cimentiers misent sur la transition énergétique
Le marché marocain avait atteint 14,82 millions de tonnes de ciment en 2025, après deux années consécutives de redressement. Cette reprise reste toutefois à confirmer et demeure encore éloignée des niveaux records atteints par le secteur en 2011.
L’Association professionnelle des cimentiers regroupe Asment Témara, Ciments de l’Atlas, Ciments du Maroc, Holcim Maroc et Novacim, devenu membre permanent de l’organisation depuis le 1er janvier 2024.
Au-delà de l’évolution des volumes, les cimentiers marocains poursuivent également leurs efforts en matière de réduction de l’empreinte carbone. Selon les données de référence de 2022 utilisées dans leur feuille de route climatique, les membres de l’APC affichaient une moyenne de 550 kilogrammes de CO₂ par tonne de ciment, soit un niveau inférieur de près de 15 % à la moyenne mondiale.
Le secteur indique également que 80 % de son électricité provient de sources renouvelables, renforçant ainsi les efforts engagés pour réduire l’impact environnemental de la production de ciment au Maroc.





















