
Maroc : le gisement de Tarfaya pourrait renfermer jusqu’à 22 milliards de barils de pétrole
De nouvelles estimations relancent les perspectives énergétiques du Maroc. Situé au large de Tarfaya, dans le bassin côtier du sud-ouest du Royaume, un important gisement pétrolier pourrait receler jusqu’à 22 milliards de barils de pétrole de schiste. Une découverte potentielle qui renforce l’intérêt des investisseurs internationaux pour l’exploration des ressources énergétiques marocaines.
Un potentiel pétrolier considérable au large des côtes marocaines
Selon des données relayées par la plateforme spécialisée Energy Platform, basée à Washington, le bassin de Tarfaya disposerait d’importantes réserves de pétrole de schiste estimées à près de 22 milliards de barils.
Le gisement s’étend le long de la façade atlantique marocaine dans une zone maritime peu profonde couvrant près de 23 900 kilomètres carrés. Les profondeurs atteignent environ 1 000 mètres, tandis que les formations géologiques du bassin s’étendent sur plus de 2 500 kilomètres carrés.
Des ressources connues depuis plusieurs décennies
Les études géologiques indiquent que ces formations remontent aux périodes du Cénomanien et du Campanien supérieur. Elles sont composées de couches épaisses de schistes bitumineux alternant avec des niveaux calcaires de différentes natures.
Bien que ces ressources soient identifiées depuis les années 1930, leur exploitation est longtemps restée limitée en raison des contraintes technologiques et économiques qui prévalaient à l’époque.
Jusqu’à 80 milliards de tonnes de roches pétrolifères
Les données disponibles révèlent que le volume total de roches pétrolifères présentes dans la région pourrait atteindre 80 milliards de tonnes. Le rendement d’extraction varie toutefois selon les caractéristiques géologiques des différentes couches.
Les analyses montrent que certaines formations affichent des performances particulièrement prometteuses, avec des rendements pouvant dépasser 100 litres de pétrole par tonne de roche. Les meilleurs résultats ont été observés dans les couches datant de la fin du Cénomanien et du début du Turonien.
Des acteurs internationaux déjà engagés dans l’exploration
L’intérêt croissant pour le potentiel énergétique marocain a conduit plusieurs groupes internationaux à investir dans l’exploration offshore. La compagnie italienne Eni a ainsi renforcé sa présence au Maroc à travers sa filiale locale avant de signer, en 2017, un accord avec l’Office national des hydrocarbures et des mines pour l’exploration au large de Tarfaya.
La structure du partenariat a ensuite évolué avec l’arrivée de QatarEnergy dans le projet. Cette réorganisation a permis de répartir les participations entre les différents partenaires tout en consolidant les programmes d’exploration dans la région.
Des indices encourageants confirmés par les autorités
La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, avait indiqué en mai 2024 que plusieurs opérations d’exploration menées au Maroc avaient révélé des indices jugés encourageants.
Parmi les résultats enregistrés figurent la présence d’accumulations gazières à Boujdour ainsi que des indications de pétrole lourd dans la zone offshore de Tarfaya. Ces observations s’inscrivent dans le cadre de campagnes de forage et d’études géophysiques réalisées avec des partenaires internationaux.
Un cadre attractif pour les investisseurs
La région maritime de Tarfaya comprend actuellement douze blocs dédiés à l’exploration. Les recherches géologiques et les campagnes sismiques se poursuivent afin d’évaluer avec davantage de précision le potentiel réel de ces ressources.
Le Maroc dispose également d’un cadre réglementaire conçu pour encourager les investissements dans les hydrocarbures. Celui-ci prévoit notamment des avantages fiscaux sur les découvertes réalisées ainsi que des exonérations spécifiques pour certaines productions offshore, renforçant ainsi l’attractivité du Royaume auprès des acteurs internationaux du secteur énergétique.
Si les futures campagnes de forage confirment ces estimations, le bassin de Tarfaya pourrait devenir l’un des projets énergétiques les plus stratégiques du Maroc au cours des prochaines décennies.




















