
La Société financière internationale (IFC) et le Groupe OCP ont officialisé la signature d’un prêt d’environ 95 millions d’euros destiné au financement d’une installation de stockage terrestre de phosphogypse à Jorf Lasfar, d’une capacité de 22 millions de tonnes. Le coût global du projet est estimé à 190 millions d’euros.
Un projet industriel à forte dimension environnementale
Ce projet vise à réduire progressivement le rejet en mer du phosphogypse, un sous-produit issu de la production d’acide phosphorique, et à ouvrir la voie à sa valorisation dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, les infrastructures routières et la lutte contre la désertification.
Le phosphogypse est généré en grandes quantités : environ cinq tonnes pour chaque tonne d’acide phosphorique produite. Sur le site de Jorf Lasfar, la production atteint près de 32 millions de tonnes par an, ce qui en fait un enjeu majeur de gestion environnementale pour le groupe.
Fin du rejet marin progressif et nouvelle logique de stockage
Jusqu’à présent, ce sous-produit était rejeté en mer via des infrastructures dédiées autorisées sur le plan environnemental depuis 2010. Le nouveau dispositif prévoit la mise en place d’une installation terrestre capable de stocker durablement ce matériau sur une superficie de 115 hectares.
L’achèvement des travaux est prévu pour avril 2027. Le site sera situé au sud du complexe industriel de Jorf Lasfar, à proximité d’El Jadida.
Vers une économie circulaire et une valorisation industrielle
Au-delà du stockage, le projet s’inscrit dans une stratégie de valorisation industrielle visant à transformer le phosphogypse en ressource utile.
Des pistes d’utilisation sont déjà à l’étude ou en phase pilote :
Agriculture : amélioration des sols et augmentation des rendements agricoles, notamment dans les zones salines
Construction routière : substitution de matériaux naturels et développement de mélanges techniques intégrant le phosphogypse
Lutte contre la désertification : création de barrières végétales et projets pilotes dans les zones arides du Sud marocain
Certaines expérimentations ont déjà montré des résultats encourageants, notamment dans l’amélioration de la qualité des sols et des performances agricoles.
Un partenariat élargi autour de la transition durable
L’IFC accompagne également ce projet par un appui conseil visant à développer de nouvelles voies de valorisation économique, telles que la récupération du soufre ou la production de matériaux à faible empreinte carbone.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie globale du Groupe OCP, qui mise sur l’innovation, l’économie circulaire et la durabilité pour transformer ses sous-produits industriels en leviers de croissance et de développement.





















