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Le CESE appelle à une réforme urgente du système de formation continue dans le secteur privé

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) plaide pour une réforme urgente et en profondeur du système de formation continue dans le secteur privé au Maroc. Il recommande également la création d’une instance nationale indépendante chargée d’en assurer le pilotage et la gouvernance.

Dans un avis rendu public, le Conseil dresse un état des lieux complet du dispositif actuel, mettant en avant ses acquis, mais surtout ses limites structurelles qui freinent son efficacité et son impact sur le marché du travail.

Une faible utilisation des dispositifs existants

Malgré l’existence d’un cadre institutionnel et de mécanismes de financement dédiés, le recours à la formation continue reste très limité. En 2022, seules 1.647 entreprises ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, sur près de 315.000 entreprises cotisantes, soit moins de 0,5%.

Le CESE souligne également l’exclusion de nombreuses catégories de travailleurs, notamment les non-salariés, ainsi que la faible reconnaissance des compétences acquises par l’expérience professionnelle.

Des dysfonctionnements structurels persistants

Le rapport met en évidence plusieurs contraintes majeures, notamment la complexité des procédures administratives, les délais de remboursement jugés trop longs et la concentration géographique de l’offre de formation, principalement dans les grandes villes comme Casablanca.

Ces limites contribuent à accentuer les inégalités territoriales et à pénaliser particulièrement les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME).

Vers une gouvernance indépendante du système

Le CESE recommande l’adoption d’une nouvelle politique publique faisant de la formation continue un droit pour les travailleurs et une responsabilité partagée entre l’État et les employeurs.

Il propose la création d’une instance nationale indépendante de l’OFPPT, dotée d’une gouvernance tripartite associant l’État, les employeurs et les partenaires sociaux, afin d’améliorer la coordination et l’efficacité du dispositif.

Un fonds dédié et une plateforme numérique nationale

Parmi les principales recommandations figure l’affectation de 30% de la taxe de formation professionnelle à un fonds dédié à la formation continue, géré par la future instance.

Le CESE préconise également la mise en place d’une plateforme numérique nationale unifiée, destinée à simplifier les démarches administratives, réduire les délais de traitement et renforcer la transparence du système.

Moderniser l’offre et renforcer l’équité

Le Conseil appelle enfin à moderniser les formats de formation, en intégrant notamment la formation à distance, les dispositifs hybrides et les formations de courte durée, afin de mieux répondre aux contraintes des actifs.

Le CESE estime que cette réforme est essentielle pour renforcer le capital humain, améliorer la compétitivité de l’économie nationale et garantir un accès plus équitable à la formation continue.

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