
Banque mondiale : l’économie marocaine enregistre sa plus forte croissance depuis plus d’une décennie
L’économie marocaine a réalisé en 2025 sa meilleure performance depuis plus de dix ans, portée par l’accélération des investissements publics et le rebond du secteur agricole. C’est ce que souligne la Banque mondiale dans son dernier rapport sur la situation économique du Maroc, publié à l’été 2026 sous le titre « Ancrer la croissance : la transformation numérique comme levier de productivité ».
Selon l’institution financière internationale, le produit intérieur brut (PIB) réel du Maroc a progressé de 4,9 % en 2025, soit le taux de croissance le plus élevé enregistré par le Royaume depuis plus d’une décennie. Cette dynamique est principalement attribuée aux investissements dans les infrastructures liés aux préparatifs de la Coupe du Monde 2030, ainsi qu’au redressement de l’activité agricole.
La Banque mondiale prévoit que cette dynamique se poursuivra en 2026, avec une croissance estimée à 4,2 %, soutenue par la poursuite des investissements publics et la vigueur de la demande intérieure.
Le rapport souligne toutefois que, pour maintenir un rythme de croissance élevé à moyen et long terme, le Maroc devra améliorer sa productivité. À cet égard, la Banque mondiale considère que la transformation numérique constitue un levier stratégique, appelant à une adoption plus rapide des technologies digitales par les entreprises marocaines.
L’institution estime que l’économie nationale a fait preuve d’une forte résilience face aux chocs extérieurs, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles afin de créer de nouveaux moteurs de croissance et de renforcer la compétitivité du pays.
Le rapport met néanmoins en garde contre plusieurs risques externes, notamment les répercussions du conflit au Moyen-Orient, qui ont entraîné une hausse des coûts des importations énergétiques et des frais de transport maritime. Selon la Banque mondiale, ces facteurs ont réduit le potentiel de croissance du Maroc d’environ 0,8 point de pourcentage.
Par ailleurs, l’institution rappelle que les perspectives économiques du Royaume demeurent étroitement liées à l’évolution de la conjoncture chez ses principaux partenaires européens, qui représentent les principaux débouchés des exportations marocaines.
Sur le plan macroéconomique, la Banque mondiale relève une baisse de l’inflation à 0,8 % en 2025, contribuant à soutenir le pouvoir d’achat des ménages et à alléger les coûts de production des entreprises. Le déficit budgétaire a également reculé à 3,5 % du PIB, tandis que le Maroc a bénéficié d’un relèvement de sa notation souveraine à la catégorie Investment Grade par l’agence Standard & Poor’s.
Concernant la transformation numérique, le rapport révèle que l’adoption des technologies numériques avancées par les entreprises marocaines reste encore limitée. Moins de 20 % des sociétés utilisent de manière intensive des outils tels que les systèmes de gestion intégrée (ERP), les plateformes de gestion de la relation client (CRM) ou les solutions de commerce électronique.
La Banque mondiale estime que l’accélération de cette transition offrirait un important potentiel de compétitivité. Les entreprises les plus numérisées enregistreraient jusqu’à 70 % de gains de productivité, créeraient 10 % d’emplois supplémentaires et verseraient des salaires supérieurs de 27 % à la moyenne du marché.
En conclusion, le rapport indique que réduire la fracture numérique du Maroc à un niveau comparable à celui de pays présentant des caractéristiques économiques similaires pourrait accroître la productivité globale de l’économie nationale de 10 à 15 %, renforçant ainsi la croissance durable et la compétitivité du Royaume à long terme.




















