
Le coût indicatif du transport maritime de GPL entre le golfe du Mexique et le Maroc connaît une nette hausse, alors que les importations marocaines de butane américain atteignent des niveaux élevés. Pour une cargaison de référence de 44 000 tonnes entre Houston et le Maroc, l’évaluation du fret suivie par S&P Global Platts est passée de 141,50 dollars la tonne le 15 septembre à 155,25 dollars le 18 septembre, après avoir atteint 155,50 dollars la veille.
Cette progression représente près de 10 % en trois jours et environ 12 % depuis le début du mois. Elle intervient dans un contexte où les États-Unis occupent une place importante dans l’approvisionnement marocain en gaz de pétrole liquéfié.
Une référence dédiée au corridor Houston-Maroc
S&P Global Platts suit cette liaison à travers l’indicateur LPHMA00, consacré au fret d’un très grand transporteur de gaz (VLGC) entre Houston et le Maroc pour une cargaison de 44 000 tonnes. La référence prend en compte une cargaison chargée dans une fenêtre comprise entre 15 et 45 jours après la date d’évaluation.
L’indicateur a été créé afin de refléter l’évolution des flux croissants de GPL entre la côte américaine du golfe du Mexique et le marché marocain. La variation enregistrée entre le 15 et le 18 septembre représente, appliquée mécaniquement à la cargaison de référence, environ 605 000 dollars supplémentaires, soit près de 5,5 millions de dirhams.
Ce montant constitue toutefois une illustration de la variation du marché du fret. Il ne signifie pas qu’un importateur marocain a effectivement payé ce tarif pour une cargaison donnée.
Les flux maritimes confirment l’importance de la route
Les données de navigation permettent néanmoins de constater la régularité des liaisons entre les terminaux américains et les infrastructures marocaines. Le transporteur de gaz Astor, long d’environ 230 mètres, a par exemple quitté Houston le 28 juillet avant d’arriver à Jorf Lasfar le 11 août, puis de poursuivre sa route vers Tanger Med.
Un autre navire, Kapellen, apparaît également de manière récurrente sur cet axe. Son historique de navigation fait notamment ressortir plusieurs escales à Houston, Jorf Lasfar et Tanger Med. Le navire a fait escale à Houston entre le 17 et le 19 août avant de rejoindre Tanger Med le 12 septembre.
Ces données AIS ne permettent pas d’identifier à elles seules le contenu ou le propriétaire commercial de chaque cargaison. Elles montrent toutefois la réalité des rotations maritimes entre le golfe du Mexique et les ports marocains.
Les exportations américaines de butane progressent
L’importance de cette liaison apparaît également dans les statistiques américaines. Selon l’Energy Information Administration (EIA), les États-Unis ont exporté vers le Maroc 2,656 millions de barils de butane normal en juin, après 2,552 millions en mai, 2,2 millions en avril et 2,433 millions en mars.
Sur les six premiers mois de 2026, les livraisons américaines de butane au Maroc atteignent ainsi 14,781 millions de barils.
Le rythme est supérieur à celui enregistré un an auparavant. En juin, les exportations américaines vers le Maroc ont atteint 89 000 barils par jour, contre 61 000 barils par jour un an plus tôt. Sur les six premiers mois de 2026, les volumes quotidiens se sont situés entre 73 000 et 90 000 barils.
Le propane complète les approvisionnements
Le Maroc reçoit également des volumes significatifs de propane en provenance des États-Unis. Les exportations américaines vers le royaume ont atteint 431 000 barils en juin, contre 348 000 en mai et 277 000 en avril.
Selon l’EIA, la totalité du propane exporté vers le Maroc en juin provenait de la côte américaine du golfe du Mexique, à raison de 14 000 barils par jour.
En additionnant le butane et le propane, les États-Unis ont ainsi expédié 3,087 millions de barils de liquides de gaz d’hydrocarbures vers le Maroc en juin. Le butane normal représentait à lui seul plus de 86 % de ce volume.
Des rotations régulières entre les ports américains et marocains
D’autres historiques de navigation illustrent également l’existence de ce corridor énergétique. VesselFinder a notamment suivi le Navigator Jorf, un transporteur de GPL affichant une capacité de port en lourd de 28 726 tonnes, entre Texas City et Jorf Lasfar.
De son côté, MyShipTracking fait apparaître les rotations du Gas Justesen, parti de Houston le 30 mai avant de faire escale à Tanger Med puis à Jorf Lasfar en juin. Le navire est ensuite reparti de Jorf Lasfar vers Houston en juillet.
Ces mouvements maritimes ne permettent pas de déterminer avec certitude la composition de chaque cargaison ni son propriétaire commercial. Ils constituent néanmoins un indicateur supplémentaire de la régularité des échanges de GPL entre le golfe du Mexique et les installations portuaires marocaines.
Le fret ajoute une pression à la facture énergétique
La hausse enregistrée en septembre ne correspond donc pas à une augmentation de près de 10 % du prix du butane. Elle concerne le coût indicatif du transport maritime d’une cargaison de référence entre Houston et le Maroc.
Le niveau du fret dépend notamment de la disponibilité des navires, des fenêtres de chargement, des ports concernés, du coût du combustible maritime et des conditions générales du marché. La référence de S&P Global Platts constitue ainsi une évaluation du marché et non le prix d’un contrat marocain spécifique.
Pour le Maroc, l’évolution mérite néanmoins d’être suivie compte tenu de l’importance croissante des approvisionnements américains. Avec près de 14,8 millions de barils de butane importés des États-Unis au cours des six premiers mois de 2026, toute tension durable sur le transport maritime peut se traduire par une pression supplémentaire sur la chaîne d’approvisionnement énergétique.
La combinaison entre des volumes américains élevés et un corridor maritime dont le coût évolue rapidement donne ainsi une nouvelle dimension logistique à la facture du GPL importé par le Maroc.




















